Courrier des lecteurs

Les Jardins Démonstration

Mes expériences m’ont convaincu que les démonstrations faites par des fermiers qui croient en ce qu’ils font et y adhèrent pleinement sur leurs propres terres sont le type de démonstration le plus efficace. Une exception à cela que j’ai vue personnellement était au Centre du Mouvement de Reconstruction Rurale de Mampong au Ghana. Là, la démonstration n’était pas organisée par le personnel même du centre, mais plutôt par les stagiaires. Ces stagiaires avaient ensuite continué à planter et à adapter sur leurs propres fermes ce qu’ils y avaient appris.

Ils y revenaient ensuite comme formateurs - ainsi la démonstration était liée de très près à leur agriculture propre.

Ceci est aussi une possibilité qui s’adapte aux situations de certaines églises. Certaines églises ont en effet des terres où les membres de leur congrégation cultivent des récoltes pour collecter de l’argent au profit de l’église. Elles sont cultivées généralement à la manière de chacun, suivant des techniques traditionnelles. Elles pourraient devenir des zones très positives d’enseignement si les femmes qui les travaillent ensemble se décidaient à essayer de nouvelles idées telles que l’association des arbres et des cultures sur le même terrain. Elles peuvent les utiliser comme démonstration et sites d’enseignement des idées que chacun peut ensuite utiliser et adapter sur ses terres personnelles. En travaillant ainsi ensemble la démonstration est très ouverte et chacun sait exactement ce qu’il en est de la plantation, etc.

Roger Sharland, OAIC, Box 21736, Nairobi, Kenya

La Nourriture Fermentée

J’ai lu avec grand intérêt votre numéro sur les soins à la mère et à l’enfant. Les gens de la Malawi utilisent aussi les nourritures fermentées et les farines germées. Le phala local (flocons de maïs) est aussi bon pour l’ORS. Le phala likoni est fait de farines de maïs, soja et cacahuète qu’on ajoute pour un apport supplémentaire de protéines (80% de maïs, 10% de soja, 10% de cacahuète).

J’ai apprécié les articles sur les croyances traditionnelles et les aides-accoucheuses traditionnelles.

Notre projet débat aussi de la valeur des terrains démonstration. Il semble que les gens soient plus enclins à essayer de nouvelles idées en groupes, là où le risque d’échec est partagé. Une fois que les gens voient que quelque chose ‘marche’ sur le terrain de l’église (nous espérons introduire les haricots de soja et les arbres qui fixent l’azote) ils seront, espérons, plus enclins à les essayer dans leur propre jardin. J’ai lu autre part que toute nouvelle technique doit augmenter les rendements de 25% pour avoir un impact quelconque sur les petits fermiers.

La façon la meilleure pour qu’une idée se répande c’est lorsque les gens commencent à l’enseigner et à en enseigner la nouvelle technique aux autres.

J’apprécie la section Ressources et les critiques de livres. Également les études bibliques. Continuez votre bon travail!

Rowland Van Es, CRWRC, Box 90, Nkhoma, Malawi

Engrais Vert

Dans l’article sur la fertilité du sol dans le numéro 7 de Pas à Pas, il nous semble que votre excellent magazine fait une erreur en assimilant l’engrais vert au seul labourage de ce même engrais dans la terre.

Dans des pays comme le Zimbabwe qui ont une très longue saison sèche, la matière organique qui est labourée dans la terre est rapidement décomposée et disparaît vite par le procédé d’oxydation. Nous recommandons donc de hacher les engrais verts dès qu’ils commencent à fleurir et de les laisser sur la terre comme un paillis qui peut être décomposé par des organismes du sol. A part la nourriture apportée au sol de cette façon, lorsqu’une plante qui fixe l’azote (légumineuse) est coupée, ses racines apportent un complément d’azote au sol si on les laisse en place.

Bridget O’Connor, Fambidzanai Permaculture Training Centre, Box 8515, Causeway, Zimbabwe.

Le Striga

J’ai trouvé l’article sur le striga dans le Numéro 9 de Pas à Pas très intéressant car j’ai passé 13 saisons au Nigéria du Nord pour développer des méthodes de contrôle du striga pour les fermiers. L’article de Pas à Pas comporte à peu près toutes les techniques que nous utilisions mais ne mentionne pas la valeur de l’exclusion de la lumière.

En travaillant avec les fermiers nous avons découvert que l’association des différentes techniques de contrôle était très efficace: le désherbage, les espèces résistantes, l’amélioration de la fertilité du sol, le mélange des cultures, la rotation des cultures etc. Les fermiers savaient aussi que planter du sorgho très serré sur les terres les plus fertiles donnerait généralement un bon rendement. Nous avons constaté que c’était parce que les feuilles poussaient d’une manière très dense, que la surface du sol était totalement ombragée et empêchait ainsi la pousse du striga.

Les fermiers de cette région étaient certainement conscients du danger du striga pour leurs cultures et utilisaient des noms locaux très descriptifs comme Wuta wuta (le mot Hausa qui signifie herbe du feu) pour illustrer cette idée.

Le service local de vulgarisation n’a pas adopté ce mélange efficace de plusieurs techniques de contrôle. Ce qu’il voulait, c’était une méthode unique de contrôle comme un herbicide ou une variété de culture très résistante. Cependant, en revenant au Nigéria cinq ans plus tard et en retrouvant certains fermiers avec lesquels j’avais travaillé auparavant, je me suis rendu compte qu’ils avaient quasiment éliminé le striga de leurs terres.

Des environnements différents nécessiteront des combinaisons de techniques légèrement différentes. Je serais très heureux d’aider n’importe quel lecteur de Pas à Pas à développer des solutions similaires pour contrôler leur problème de striga.

James Ogborn, 16 Grove Avenue, Harpenden, Herts, AL5 1EX, Royaume-Uni