Éducation sanitaire auprès des femmes en Afghanistan 

Mark Larson

Photo: Marcus Perkins
Photo: Marcus Perkins
L’organisation SERVE dirige un programme communautaire d’éducation sanitaire destiné aux femmes, dans la Province de Nangarhar, en Afghanistan. Des agents de santé féminins forment de jeunes femmes et des mères en éducation sanitaire préventive, par le biais de clubs à domicile dans les villages. La plupart de ces femmes ne savent pas lire et ont peu d’accès à l’éducation. Des cours d’alphabétisation sont donc proposés parallèlement à l’éducation sanitaire, afin de permettre aux femmes d’avoir accès aux informations médicales écrites, de savoir se diriger dans un hôpital et de pouvoir lire les instructions fournies avec les médicaments.

Masuda a participé à l’un de ces clubs. Elle relate son expérience :

« Lorsque l’enseignante du club est venue chez moi à la recherche de participants pour le club sanitaire, elle m’a expliqué ce programme. J’ai décidé d’y participer parce que j’ai compris qu’il s’agissait d’une bonne opportunité pour les femmes. Quelques jours plus tard, le cours a démarré et j’y ai assisté. Malheureusement, lorsque mon mari a vu qu’il n’y avait pas de contrepartie financière, comme avec les autres pro grammes d’ONG qui donnent des aliments, de l’argent, etc., il n’a plus été d’accord. Il m’a dit, ‘Ne va pas aux cours d’éducation sanitaire. Quel profit allons-nous en tirer ? Pourquoi perds-tu ton temps, au lieu d’être à la maison et de remplir correctement ton devoir ?’ Il m’a été très difficile de lui expliquer à quel point tout cela est important. Cependant, malgré toutes les difficultés, j’ai continué à assister aux cours.

Un jour, à mon retour des cours, mon petit avait une forte fièvre et était très irritable. Mon mari était très fâché contre moi et il m’a blâmé de ne pas m’être occupée correctement de mon enfant. Heureusement, une semaine auparavant, j’avais suivi un cours sur la fièvre et je savais ce qu’il faut faire dans ce cas. J’ai immédiatement suivi les directives que j’avais apprises en cours, et au bout de quelques heures, l’état de mon enfant s’est amélioré. Lorsque mon mari est venu prendre notre enfant pour l’emmener chez le médecin, il a vu qu’il allait déjà mieux. Il m’a demandé : ‘Qu’est-ce que tu lui as fait ?’ J’ai expliqué à mon mari ce que j’avais fait. Aujourd’hui il est content de moi. »

Mark Larson est coordinateur des relations avec les donateurs pour SERVE.

SERVE, PO Box 4015, Karte Char, Kabul, Afghanistan.

Email : donorrelations@serveafghanistan.org