Le reboisement communautaire

Les plants sont arrosés et protégés dans une pépinière, dans le Sud-Kivu, en République Démocratique du Congo. Sadiki Byombuka/Tearfund
Les plants sont arrosés et protégés dans une pépinière, dans le Sud-Kivu, en République Démocratique du Congo. Sadiki Byombuka/Tearfund

Hamisi Mushamuka.

L’arbre, c’est la vie. Il a de nombreuses fonctions et fait partie de notre quotidien, que nous vivions ou non dans une région où il en a beaucoup. Les arbres jouent un rôle majeur dans notre environnement, notre santé, notre économie, notre culture et notre société.

  • Les arbres fournissent du bois de chauffage et du charbon, qui sont souvent la principale source d’énergie.
  • Ils font partie du cycle local de l’eau. Si on les abat, on perd de l’eau.
  • Ils fournissent des matériaux pour la construction, les meubles, le papier, les instruments de musique et les œuvres d’art.
  • Ils fertilisent le sol et le protègent de l’érosion, des glissements de terrain et des éboulements.
  • Ils donnent de l’ombre et purifient l’atmosphère.
  • Ils absorbent le gaz carbonique qui contribue au changement climatique.
  • Ils sont un élément important de l’environnement urbain. Ils ont un impact sur les conditions météorologiques et le climat.
  • Ils protègent et participent à la biodiversité, qui est essentielle à la vie humaine et animale au niveau de l’écosystème local.
  • Les feuilles et l’écorce de certains arbres peuvent être utilisées dans l’alimentation et la fabrication de médicaments, pour les gens et les animaux.
  • Dans certaines cultures, l’arbre a une valeur sociale et traditionnelle.

Le défrichement

Un défrichement massif et dévastateur sévit dans plusieurs régions du monde. Le plus souvent, ce sont de grandes multinationales qui en sont responsables, mais le défrichement peut avoir plusieurs autres causes.

  • Les sociétés d’exploitation forestière et d’autres industries comme l’exploitation minière et l’agriculture commerciale achètent des terres forestières et les défrichent dans un but lucratif.
  • La croissance démographique fait augmenter la demande en bois.
  • Dans certaines régions, un déplacement massif des populations suite à la guerre et/ou à des catastrophes naturelles sollicite fortement les arbres et les forêts.
  • Le manque ou le coût élevé de production d’autres formes d’énergie : solaire, éolienne, électrique.
  • La pauvreté entraîne un besoin d’argent immédiat, qui peut s’obtenir par la vente du bois.

 

On pourrait remédier à pratiquement toutes ces causes par une meilleure application des politiques dans le domaine de la protection et de la sauvegarde de l’environnement.

Quelques conséquences du défrichement non contrôlé : pénurie de bois de chauffage, érosion du sol, glissements de terrain et éboulements, qui réduisent sensiblement la production agropastorale, principale activité économique de millions de personnes ; et la déforestation qui a des effets négatifs sur le changement climatique et qui, à la longue, conduit à la désertification. 

Pour traiter ces problèmes au niveau local, il est vital d’aider les communautés par une sensibilisation et des actions concrètes. Cette responsabilité incombe à tout le monde : personnes de bonne volonté, ONG, églises, gouvernements.

Voici quelques idées et recommandations d’action, basées sur notre expérience.

Comment démarrer un projet de reboisement communautaire et le gérer


Planification

  • Premièrement, identifiez le problème et les besoins, et proposez des pistes de solutions.

 

La communauté, ainsi que d’autres individus et groupes bénéficiaires du projet, devraient participer à toutes les étapes, car leur appropriation du projet et leur participation active dans les activités du projet en dépendent. L’outil Évaluation environnementale de Tearfund peut être utilisé pour aider les gens à comprendre leur environnement local et à veiller à ce que non seulement le projet bénéficie à l’environnement local, mais aussi qu’il ne lui nuise pas.

Démarrage du projet - formation

  • Organisez une session de formation de deux ou trois jours pour les responsables du projet.

 

Ils doivent pouvoir y apprendre des techniques d’arboriculture : germination, soin des jeunes plants, mise en place et gestion d’une pépinière, questions de quantité et de qualité, plantation et entretien des arbres sur différents sites et tenue de relevés écrits. La formation doit tenir compte des besoins de la communauté et des réalités de son environnement. Un aperçu de la gestion du projet peut également être fourni. 

Choix des arbres à planter

  • Une fois la planification et la formation effectuées, il incombe à la communauté de choisir judicieusement les espèces d’arbres à planter.

 

Tenez compte des espèces d’arbres habituellement plantées et de celles que les habitants estiment bénéfiques pour leur environnement. Le responsable de projet peut néanmoins proposer l’introduction d’autres espèces agroforestières et/ou fruitières, afin de répondre aux besoins identifiés en début de projet et de favoriser la diversité des espèces. Par exemple, certains arbres en protègent d’autres ou leur assurent de bonnes conditions de développement. Le responsable de projet devrait également expliquer pourquoi certains arbres ne conviennent pas. Certains arbres plantés au mauvais endroit peuvent nuire à d’autres espèces. Lorsqu’ils sont plantés à proximité, les conifères tuent les arbres fruitiers car ils rendent le sol acide.

Éducation communautaire  

  • Un bon moyen d’entamer une éducation communautaire est de concevoir un dépliant ou un prospectus.

 

Il doit mentionner les bienfaits des arbres, l’agroforesterie, les méfaits du défrichement sur le plan socio-économique et environnemental, ainsi que les rôles et les devoirs du citoyen dans la protection de l’environnement. Selon la communauté, vous pouvez ajouter ce que dit la Bible au sujet de la protection de l’environnement. Présentez autant que possible ces informations sous la forme d’illustrations et réduisez au maximum les explications écrites. Avant de l’imprimer, testez ce prospectus pour vous assurer que les gens le comprennent. La diffusion de ces informations encouragera tout le monde à poursuivre le projet.

Vulgarisation des foyers améliorés  Les foyers améliorés contribuent à réduire la consommation de bois de chauffage. Ils sont utiles tant pour les citadins que pour les ruraux. Expliquez aux gens leur importance et leurs avantages, ainsi que les façons de les fabriquer à l’aide de matériaux locaux faciles à trouver. Vous pouvez leur montrer des modèles de foyers améliorés et dans la mesure du possible, des adaptations. Il est également conseillé de procéder à quelques séances démonstratives afin de comparer les résultats des foyers traditionnels à ceux des foyers améliorés.

Vous trouverez des exemples de foyers améliorés dans Pas à Pas 82, Pas à Pas 21 et Pas à Pas 5

Amélioration du projet  Dès le début du projet, un bon système de suivi-évaluation est à mettre en place afin de voir s’il y a des améliorations à apporter et de s’assurer de l’efficacité du projet.

Hamisi Mushamuka est le Responsable du Bureau de développement pour la Province de l’Église Anglicane du Congo, basé à Bukavu, province du Sud-Kivu en République Démocratique du Congo.