Prendre soin du sol

Des membres du groupe « Msongwe Gate Home Based Care » qui travaillent dans le jardin. On peut apercevoir les buttes contour sur la gauche et sur la droite de la photo, où ils ont planté du vétiver. John Crossley
Des membres du groupe « Msongwe Gate Home Based Care » qui travaillent dans le jardin. On peut apercevoir les buttes contour sur la gauche et sur la droite de la photo, où ils ont planté du vétiver. John Crossley
John Crossley.

La déforestation entraîne souvent l’érosion. Cet article propose une méthode permettant d’améliorer la fertilité du sol pour l’agriculture.

Si vous vous promenez sur les collines du district de Nkhata Bay au Malawi, vous verrez des coteaux escarpés où les arbres ont été abattus et brûlés. Plus loin, vous verrez des cultures de boutures de manioc plantées sur de petits monticules. Dans un premier temps, la cendre des arbres brûlés stimule la croissance, mais ensuite une érosion se produit. Aucun mode de culture ne peut amener le sol à se faire emporter plus rapidement que cela. Lorsque les fortes pluies tombent, l’eau tourbillonne entre les monticules et emporte la couche arable fertile, ne laissant que du sable grossier et des cailloux.

Un pas dans la bonne direction

Cette méthode a été remplacée dans la majeure partie du Malawi par la culture sur buttes. Mais les conséquences sur le sol sont presque aussi mauvaises, car les buttes ne suivent pas les contours comme elles le devraient et sont généralement ouvertes aux extrémités. Comme les gens qui les binent marchent constamment dessus, la terre est fortement tassée. Cela empêche l’eau de pénétrer le sol lors des fortes pluies ; les racines ne sont donc pas arrosées, l’eau est gaspillée et la fertilité du sol diminue peu à peu.  

Y a-t-il une façon de cultiver le sol qui nécessite moins de travail, tout en améliorant sa qualité et en l’aidant à donner des récoltes plus abondantes et plus saines ?

Un groupe de six volontaires du village de Msongwe, au Malawi, est chargé de fournir des soins à domicile aux personnes malades du village. Ils ont obtenu une parcelle de terre à cultiver, afin d’améliorer l’alimentation de leurs patients. Ils étaient préoccupés par ce problème de perte du sol, car ils savaient quels dégâts cela causait aux terres. Alors, pour pouvoir conserver le sol et en améliorer la fertilité, ils ont appliqué un système basé sur les conseils d’un expert en productivité agricole.

Méthode de culture permanente en terrasses profondes

La première chose à savoir pour prendre soin du sol est que, même suite à de fortes pluies, le maximum d’eau doit pénétrer le sol sans s’écouler à la surface.

Tout d’abord, une corde à niveau a été utilisée pour marquer les courbes de niveau du terrain en pente forte et de larges buttes contour ont été faites (voir illustration et photo). Ensuite, des terrasses profondes permanentes ont été préparées. Ces parterres sont parallèles aux buttes contour et suivent les courbes de niveau. La terre est labourée à une profondeur de 60 cm (environ deux fois la distance entre le coude et le poignet) avec une pioche. Cela permet de casser la couche de terre compacte qui se forme généralement lorsque l’on utilise la méthode traditionnelle de travail de la terre mentionnée plus haut. Les terrasses profondes ne sont jamais piétinées et la terre meuble favorise la pénétration de l’eau de pluie dans le sol, jusqu’aux racines.  

La réalisation des terrasses profondes demande beaucoup de travail, mais une fois en place, elles ne demandent pas la même préparation annuelle que le système traditionnel de buttes. Il n’est pas nécessaire de creuser et de retourner la terre (labour). Les terrasses profondes ont seulement besoin d’être désherbées en surface. Dans la mesure du possible, recouvrez-les d’un paillage fait de résidus de culture, de feuilles et d’herbe. Cela apportera des nutriments aux cultures, conservera l’humidité du sol et le protègera des mauvaises herbes.

Le groupe de soutien à domicile Msongwe dispose désormais d’un jardin où les eaux de pluie pénètrent le sol aux endroits nécessaires. Il n’y aura :

  • pas d’inondation
  • pas d’érosion
  • pas d’envasement
  • pas de perte du sol.

Le groupe Msongwe n’utilise pas d’engrais chimiques. Il maintient la fertilité du sol en fabriquant et en appliquant du compost, en faisant alterner les cultures et en faisant pousser des espèces agroforestières comme le tephrosia, qui apportent des nutriments à la surface depuis les profondeurs du sol.

John Crossley est Responsable de conservation pour la Wildlife and Environmental Society [Société de protection de la faune, de la flore et de l’environnement], Mzuzu, Malawi. 

Vous trouverez d’autres informations à ce sujet dans Pas à Pas 15 « L’érosion du sol » et Pas à Pas 70 « Agriculture et changement climatique ». Les instructions sur la façon de mesurer les contours à l’aide d’un « Cadre A » sont particulièrement pertinentes.

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