La viabilité - La question clé pour l’environnement

par Mike Carter.

Des centaines de livres ont été écrits sur ce thème de «la viabilité» ou du développement durable. La façon la plus simple d’expliquer ce que signifie ce terme est peut-être d’analyser le mot même: durable ou viable veut dire capacité à se maintenir (en action, en vie) ou, exprimé sous forme de question: «peut-on continuer à faire à long-terme ce que nous faisons aujourd’hui?»

La définition la plus courante du développement durable (sustainable development) vient de Our Common Future – rapport écrit par la Commission mondiale des Nations Unies sur l’environnement et le développement: «Le développement durable cherche à répondre aux besoins et aux espoirs du présent sans compromettre les possibilités de satisfaire ceux à venir.»

On pourrait aussi écrire:

Viabilité = Production + Maintien des ressources de base

C’est ainsi que, par exemple, la pêche viable dans un lac, impliquerait qu’on attrape le poisson (production) sans endommager les alevins destinés à la reproduction (ressource de base), produire ce dont on a besoin sans endommager les sources de production. Cela veut dire aussi faire la récolte des fruits de la création sans porter tort à la fécondité de celle-ci.

Ce concept peut être appliqué à un système d’agriculture, à la façon dont on exploite le bois ou dont on cueille les produits de la forêt, à la façon dont on se débarrasse des déchets, dont on conduit un programme sanitaire ou même dont on organise la gestion de sa maison ou l’économie d’une nation. Dans chacun de ces cas, la question à se poser est la même: Pouvons-nous continuer à faire ce que nous sommes en train de faire, de cette même façon, pour toujours?

Un système viable en termes écologiques est celui qui peut absorber tensions et chocs sans perdre pour autant sa capacité initiale de production une fois la tension ou le choc passé. Par exemple, si des rizières côtières sont bien protégées par des mangroves, il se peut que le choc de graves inondations à l’époque de la mousson cause peu de dommages à long terme. Les rizières seront peut-être recouvertes d’eau de mer et on risque de perdre ainsi une récolte de riz, mais la récolte suivante ne sera pas affectée. Si, au contraire, les mangoves étaient supprimées, l’eau de mer pourrait détruire complètement les rizières: le système s’écroulerait.

Le fait qu’un système soit écologiquement viable dans une région, ne veut pas dire qu’il le soit nécessairement, sous cette même forme, dans une autre: chaque communauté, chaque région, chaque industrie, doit considérer attentivement ses façons de faire pour décider si oui ou non elles sont viables à long terme.

De nombreuses activités humaines ne sont pas viables écologiquement: durant le processus de production les ressources qui restent sont endommagées, détruites ou épuisées. Ceci peut être dû à l’ignorance, l’avidité ou, simplement, parce que les gens s’en moquent. C’est pour cela que l’éducation écologique est si importante. En tant que chrétiens, cette éducation doit être fondée sur la Bible et s’appuyer sur les instructions données par Dieu sur la façon d’utiliser et de prendre soin de sa création.

On permet quelquefois à des systèmes écologiquement non-viables de se perpétuer pour une autre raison. On sait par exemple que la terre renferme des réserves limitées de certaines ressources comme le pétrole, l’aluminium et l’étain. Si nous exploitons ces ressources, nous finirons par les épuiser, mais nombreux sont ceux qui pensent que ces ressources ont été données par Dieu pour être utilisées et que, avant qu’elles ne s’épuisent, la science et la technologie auront trouvé des alternatives. Ce principe d’intendance n’est pas bon.

Il y a aussi un autre problème si l’on considère les coûts réels de production. Par exemple, est-il écologiquement viable et acceptable qu’un pays permette la vente des boissons non alcoolisées et de la bière en boîte métallique? Le prix de revient d’une boisson peut-il inclure les coûts réels de production de l’aluminium, le ramassage, la destruction ou le recyclage des boîtes utilisées? Est-ce à la société et à l’environnement qu’incombe la responsabilité de payer les dégâts? N’est-ce pas plutôt au pollueur, à la compagnie de production et à celui qui boit le produit de payer? Si l’on obligeait les pollueurs à payer les coûts réels de leurs produits, ils changeraient peut-être leurs méthodes de production et de consommation pour les rendre écologiquement viables.

Quels sont vos principaux problèmes écologiques?

Récemment, lors d’une activité d’atelier au Nigéria, les participants ont identifié et mis par ordre de priorité les problèmes les plus importants de leurs régions. Les voici:

L’érosion du sol – la perte du sol arable par l’eau, le vent et les activités humaines. La perte de cette couche superficielle du sol réduit aussi sa capacité à absorber l’eau de pluie causant ainsi l’assèchement des puits, des ruisseaux et même des rivières.

La désertification De nombreux déserts du monde étaient autrefois des forêts ou des terres agricoles. Il est vital d’encourager la plantation d’arbres et les méthodes de l’agrosylviculture dans le monde agricole.

L’accroissement de la population Alors que la population mondiale augmente, la terre et ses ressources sont soumises à une pression toujours croissante. Les progrès que peut accomplir un pays dans les domaines de l’éducation ou de la production agricole n’auront qu’un effet limité, voire nul, sur le développement, si le taux d’accroissement de la population continue d’augmenter.

La pollution Les gaz produits par les industries de transformation peuvent provoquer des problèmes respiratoires et oculaires, surtout dans les régions urbaines. Les rivières et les mers servent souvent de décharges immenses et deviennent sources de nombreux problèmes.

Les déchets et l’assainissement Nous produisons tous des déchets, depuis les simples ordures ménagères jusqu’aux déchets des usines et des industries. Les façons dont nous nous débarrassons des déchets sont rarement écologiquement viables. Nous sommes souvent très doués, aussi bien au niveau individuel que collectif (entreprises, communautés ou nations entières), pour mettre les déchets loin des yeux et ne plus y penser. Poutant, les effets d’un mauvais traitement des déchets finissent généralement par nous prendre à la gorge. Le traitement correct des déchets nécessite de l’argent et des efforts. On doit obliger les entreprises à se débarrasser des déchets qu’elles produisent en les traitant sans porter atteinte au milieu ambiant, sans polluer. La pression exercée par l’opinion publique est la plus efficace. Cependant la meilleure façon de réduire la pollution par les déchets est de réduire, par une meilleure utilisation des ressources, la quantité de déchets que nous produisons. De nombreuses nations, en particulier celles qui sont riches, commencent à comprendre cela.

La rareté de l’énergie et des combustibles Les ressources mondiales en combustibles (bois, charbon, pétrole et gaz) disparaissent à un rythme inquiétant. De plus, leur combustion dans les véhicules, les usines et les maisons a augmenté la quantité de gaz carbonique dans l’atmosphère. Ceci agit comme une couverture autour de la terre et en produit le réchauffement; c’est ce qu’on appelle l’effet de serre. Les scientifiques commencent seulement à en découvrir les implications multiples. Le réchauffement de la terre pourrait provoquer la fonte progressive des calottes glaciaires polaires, une montée des niveaux marins, des changements au niveau des productions agricoles, des climats et des pluies et provoquer une prolifération d’insectes nuisibles.

Mike Carter travaille au Département International du Collège Bishop Burton, Beverley, North Humberside, Royaume Uni, et a travaillé au Kenya, en Papouasie Nouvelle Guinée et au Nigéria.

Pistes pour une Discussion

Partez, si vous voulez, de ces questions pour une discussion de groupe. Pensez à votre région et à votre communauté. Cependant, vous trouverez peut-être utile de penser à d’autres régions que les membres du groupe ont visitées. Elles ont peut-être des problèmes plus graves que les vôtres ou elles ont peut-être trouvé des solutions à des problèmes similaires aux vôtres.

  • Quels sont, dans votre région, les principaux problèmes d’environnement? Faites-en une liste par ordre de priorité.
  • Les gens de votre communauté en sont-ils conscients? Avez-vous besoin de les sensibiliser davantage à certains problèmes? Si oui, comment?
  • Quelles solutions voyez-vous aux plus importants problèmes sur votre liste?

Permettez aux différents groupes de votre communauté (hommes, femmes, jeunes et plus vieux), de discuter de ces questions séparément. Leurs réponses sont-elles identiques? Comparez-les. Pouvez-vous organiser un plan d’action qui satisfasse tout le monde?