Valoriser davantage par l’entreposage

Un entreposage efficace des aliments offre une sécurité et une bonne nutrition pour les foyers. Il permet aussi aux aliments d’être vendus à un meilleur prix, une fois le temps des récoltes passé.

Entreposage des céréales

Pour un entreposage sûr des céréales, il est essentiel de bien les faire sécher. Les grains qui n’ont pas bien séché ou qui sont exposés à l’humidité durant l’entreposage, peuvent pourrir. De nombreuses personnes pensent que c’est seulement ennuyeux et que cela rend simplement leurs repas moins appétissants. En fait, les grains abîmés peuvent être dangereux. Ils peuvent contenir un produit chimique appelé aflatoxine qui, une fois absorbé, reste dans le corps. Il empêche les enfants de grandir normalement et les rend moins résistants aux maladies. C’est l’une des principales causes du cancer du foie chez les adultes dans certains pays.

Les principales cultures pouvant être touchées sont le maïs et les arachides. Des recherches effectuées par l’université de Leeds auprès de fermiers en Guinée, ont permis de découvrir des mesures simples qui pourraient améliorer le séchage et l’entreposage des arachides, en réduisant, de plus de la moitié, le niveau d’aflatoxine. Ces mesures comprennent :

Le triage à la main : retirer les arachides moisies et abîmées avant l’entreposage.

Le séchage sur des nattes : l’utilisation des nattes de fibre fabriquées localement plutôt que le sol nu, comme traditionnellement, améliore le séchage.

Le séchage au soleil : on a montré un test simple aux fermiers pour évaluer le degré de séchage : secouer les gousses d’arachides pour écouter comment les graines bougent à l’intérieur.

Sacs en fibre naturelle : les sacs en plastique ou en matière synthétique font « transpirer » les arachides et encouragent la moisissure. Les sacs en fibre naturelle, comme le jute, sont mieux.

Palettes en bois : entreposer les sacs sur le sol ou sur des pierres laisse pénétrer l’humidité. Des palettes en bois réalisées localement évitent ce problème.

Les insecticides : les insectes nuisibles encouragent l’humidité et propagent les spores fongiques. Une petite quantité d’insecticide répandue sur le sol, sous les palettes en bois, réduit l’action des insectes nuisibles (on peut aussi utiliser des feuilles de margousier, Azadirachta indica).

Adapté d’un article du Professeur Wild et al, université de Leeds, the Lancet, Vol. 365. 

Un « label d’authenticité » pour le riz

Il faut des semences de bonne qualité pour la production de notre culture de base : le riz. Cette qualité se répercute sur la production. HEED, une ONG au Bangladesh, aide les fermiers les plus démunis de la région du Nord-Est à obtenir des semences de bonne qualité. Elle est en train de mettre au point un système d’échange durable de semences entre fermiers. Elle offre une formation pour produire des grains de qualité dotés d’un « label d’authenticité » ! Ce réseau de producteurs s’est progressivement développé, passant de 5 à 30% des fermiers de 161 villages dans la région Nord-Est du Bangladesh, en moins de 2 ans.

Pour que leurs grains portent un « label d’authenticité », les fermiers doivent :

  • Sécher les grains au soleil de 4 à 5 jours.
  • Vérifier le degré de séchage avec leurs dents. Si les graines craquent nettement, alors, elles sont bien sèches.
  • Conserver les grains de riz dans des conteneurs en argile vernie, dans des seaux en plastique ou des conteneurs métalliques, tous hermétiques et ajouter des feuilles de margousier (Azadirachta indica) ou des boules de naphtaline.
  • Entreposer les conteneurs pleins dans un endroit sec, à l’abri de toute inondation. Les vérifier régulièrement et si nécessaire, refaire sécher les graines.

Article rédigé par AM Chashi, le coordinateur agricole de HEED Bangladesh.