Améliorer la nutrition en Bolivie

Pasteur Eduardo Barja

Photo: Richard Hanson/Tearfund
Photo: Richard Hanson/Tearfund

Dans la région montagneuse de Chuquisaca, en Bolivie centrale, les communautés découvrent les bénéfices nutritionnels des légumes. Le plat traditionnel des indigènes quechua était un bouillon chaud de blé et de pommes de terre, jusqu’à ce que SETESUR (Seminario Teológico del Sur) démarre le projet Yanapanakuna dans six petites communautés isolées. Le mot yanapanakuna signifie « aidons-nous nous-mêmes » en langue quechua.

La malnutrition est un grave problème en Bolivie, en particulier chez les enfants et les personnes âgées. Elle est causée par le régime à base de pommes de terre et de blé et la pauvreté qui limite la possibilité d’achat d’autres sortes de nourriture. Les maladies fréquentes contribuent également à la malnutrition. Environ 27 pour cent des enfants boliviens de moins de cinq ans souffrent de malnutrition chronique.

Le projet Yanapanakuna se déroule pendant trois ans dans chaque communauté. Après cela, on espère que les communautés soient capables de continuer le travail sans l’aide de SETESUR. Les tâches exactes varient selon la communauté, mais dans toutes les communautés, le travail est axé sur :

L’AGRICULTURE Cela peut inclure : la formation de promoteurs communautaires en agriculture organique et intensive, en protection de la santé animale et de l’environnement ; la construction de serres pour la culture de fruits et de légumes ; la réparation et la construction de systèmes d’irrigation.

LA SANTÉ Cela peut inclure : la formation de promoteurs communautaires en soins de santé communautaires de base, en gestion des médicaments, en nutrition et en malnutrition, en vaccination, en premiers soins et en prévention du VIH ; la construction de toilettes ; l’amélioration de l’approvisionnement en eau ; provision de cours de planification familiale et de santé sexuelle.

LE RENFORCEMENT DU POUVOIR D’ACTION DES FEMMES Cela peut inclure : la formation en soins de santé de base, en santé sexuelle et de reproduction, en nutrition, en production textile pour usage personnel ou pour la vente, en droits et responsabilités des femmes ; provision de cours d’alphabétisation.

LA CROISSANCE SPIRITUELLE Cela peut inclure : l’organisation de réunions d’adoration, d’étude biblique et de prière, avec des rencontres spéciales pour les enfants ; la formation de leaders communautaires dans les domaines de la croissance et de la durabilité de l’église.

Grâce à ces activités, la santé et la nutrition des personnes les plus démunies de Chuquisaca est en train de s’améliorer. Elles ne mangent plus principalement du blé et des pommes de terre, mais elles disposent d’un régime plus varié qui compte des fruits et des légumes. Leur système immunitaire est renforcé, leur capacité de concentration s’est améliorée et les maladies sont moins fréquentes.

Grâce au travail spirituel du projet Yanapanakuna, les gens acquièrent des connaissances sur les relations entre Dieu, les hommes, les femmes et la terre. L’alcoolisme et la maltraitance domestique sont en baisse, car il y a davantage de dignité et de respect au sein des communautés.

En 2009, Yanapanakuna lancera un nouveau cycle de trois ans. Les nouvelles communautés bénéficieront des leçons apprises lors des cycles passés. Certaines questions émergentes telles que les changements climatiques seront également prises en compte lors de la planification.

Le pasteur Eduardo Barja est Directeur de SETESUR

Calle Sargento Tejerina No 101, Esq. Pando, Casilla 201, Sucre, Bolivie.

Email : edbarja@hotmail.com

ÉTUDE DE CAS

Je m’appelle Paulina Vedia. Je suis mariée à Máximo et nous avons cinq enfants. Auparavant, je m’occupais de mes enfants et de nos animaux. Certaines périodes étaient très difficiles car nous n’avions pas suffisamment à manger. Après l’école, mes enfants devaient aller travailler pour gagner de l’argent pour la famille.

Depuis le projet Yanapanakuna, ma vie a changé. Mon mari et mon fils aîné ont assisté aux cours de formation. Aujourd’hui, ils m’aident car leur attitude vis-à-vis de la famille a changé. Ils m’ont construit une cuisine, ce qui rend la préparation des repas plus facile. Ils aident actuellement nos voisins à faire la même chose.

Nous pouvons désormais manger les légumes que mon fils cultive. Nous aimons particulièrement manger de la salade avec un peu de sel et d’huile, mais ce que je préfère, c’est la blette [poirée].