Étude biblique : Une vision radicale de la justice de Dieu

Pas à Pas 105 - Droits fonciers

Pas à Pas 105 traite des droits fonciers : les raisons de leur importance et ce que nous pouvons faire pour les protéger.

Dans l’Ancien Testament, Dieu voulait que les terres soient réparties équitablement, pour que chaque famille puisse vivre décemment. Illustration : Petra Röhr-Rouendaal, Where there is no artist (deuxième édition)
Dans l’Ancien Testament, Dieu voulait que les terres soient réparties équitablement, pour que chaque famille puisse vivre décemment. Illustration : Petra Röhr-Rouendaal, Where there is no artist (deuxième édition)

ÉTUDE BIBLIQUE : Une vision radicale de la justice de Dieu

Nadine Bowers du Toit  

Lisez Lévitique 25:1-54

Israël était une société agricole. La terre était donc considérée comme un capital et était le principal moyen de produire de la richesse. D’après ce passage de la Bible, il est clair qu’au commencement, les terres avaient été réparties plus ou moins équitablement entre les tribus et les familles. Dieu voulait que cela se perpétue, afin que chaque famille puisse gagner décemment sa vie. C’est pourquoi cela a été inscrit dans la loi, sous forme d’année du jubilé. En cette année du jubilé (qui devait avoir lieu tous les 50 ans), plusieurs choses étaient demandées des Israélites :

  • laisser la terre se reposer
  • annuler les dettes
  • vendre et acheter les biens de façon équitable
  • permettre aux personnes pauvres de racheter des terres
  • libérer les travailleurs asservis et les esclaves.

Ce passage nous parle de justice sous un certain angle : il ne s’agit pas uniquement de faire des dons ou l’aumône aux plus défavorisés. On voit Dieu mettre en place une structure qui favorise une vie équitable au sein de la communauté.

TRAITER AUTRUI DE MANIÈRE JUSTE

Ce passage de la Bible remet également en cause notre rapport à l’argent et aux possessions dans une société capitaliste, car Dieu est présenté comme le véritable propriétaire de la terre (versets 2 et 23). Dieu est le rédempteur qui a libéré le peuple de l’injustice de l’esclavage : le peuple doit donc le suivre en agissant avec justice dans ses relations avec ses frères israélites (versets 39 à 43). Les Israélites ne devaient pas pratiquer le jubilé uniquement parce que c’était une instruction ou un commandement, mais plutôt en réponse à un Dieu juste et aimant qui attendait d’eux qu’ils suivent son exemple. De même, si l’on doit traiter autrui de manière équitable, ce n’est pas seulement parce que cela nous est demandé (même si tel est le cas !), mais parce que nous devons le faire en réponse à ce même Dieu juste et aimant.

DES RELATIONS RESTAURÉES

L’année du jubilé devait être déclarée en faisant retentir le son de la trompette, tout comme le jour des expiations (verset 9). Selon certains spécialistes, ce n’est pas une coïncidence. Le jour des expiations marquait la restauration d’une relation saine avec Dieu. Le jubilé était axé sur la restauration des relations avec les autres et avec la nature. Bien entendu, Jésus lui-même fait référence à l’année du jubilé dans Luc 4:17-19, passage qui est lié à Ésaïe 61 et à Lévitique 25.

Si nous ne pouvons pas imposer un texte comme celui-ci à notre société actuelle, ce passage illustre de manière radicalement différente la manière dont le peuple de Dieu était censé vivre et prendre soin les uns des autres. Dans mon contexte, qui est l’Afrique du Sud, ce texte est un véritable défi, car notre pays reste l’un des pays les plus inégalitaires au monde, à cause de l’héritage de l’apartheid, qui a réduit bien des gens de couleur à un quasi-esclavage sur leurs propres terres. Ce passage est un défi pour l’Église sud-africaine, qui ne doit pas se contenter de faire l’aumône, mais rechercher la justice réparatrice pour celles et ceux qui ont été dépouillés de leurs terres et de leur dignité. Il interpelle également les chrétiens fortunés du monde entier, qui se doivent de vivre et de se comporter avec équité à l’égard de leur prochain, puisque vivre avec équité est un impératif de l’Évangile.

  • Dans votre contexte, en quoi les groupes pauvres ou marginalisés sont-ils traités de manière inéquitable à cause de lois ou de structures injustes ?
  • Lisez les versets 14 à 17. Comment traitez-vous les personnes qui possèdent moins que vous sur le plan matériel ?
  • Il y a un lien entre une relation saine avec Dieu et une relation équitable avec les autres et notre environnement. Que nous dit ce lien sur la nature de l’Évangile ? (Voir également Ésaïe 61 et Luc 4:17-19).

Nadine Bowers du Toit est professeure agrégée de théologie et de développement à l’université de Stellenbosch, en Afrique du Sud.

E-mail : nbowers@sun.ac.za 

Cette étude biblique a été adaptée de la publication de Tearfund Jubilé : 50 études bibliques sur la pauvreté et la justice (PDF 8 MB). Pour plus d’informations, voir cette page (en anglais).