Pardon et réconciliation

Sarah Mirembe 

Les personnes qui ont été offensées ou profondément peinées pensent souvent qu’elles ont le droit d’être furieuses, blessées et amères. Elles peuvent même projeter de se venger. Mais, Dieu nous demande de lui confier notre peine, de lui faire confiance pour qu’il y ait une justice et de pardonner ceux qui nous ont blessés (Romains 12:17-20). 

Le pardon

Le pardon est un problème très sérieux car il semble impliquer que les coupables ne sont pas punis. Ceux-ci peuvent avoir agi sciemment et ne pas le regretter. Ils risquent de recommencer et ne pas être punis. Il ne semble pas exister de motivation pour que la personne blessée s’engage dans la voie du pardon. Mais, bien que pardonner ne soit pas facile, c’est nécessaire pour le bien de la personne blessée. Les gens blessés qui ne pardonnent pas, continuent souvent de souffrir de stress et de blessures émotionnelles car ils conservent en eux de la colère et de l’amertume.

On ne comprend pas toujours le pardon. Il s’agit d’un choix, celui de se libérer de la peine et du ressentiment. Cela ne veut pas dire :

  • que nous excusons ou approuvons l’offense
  • que l’offense est oubliée ou qu’elle n’a pas d’importance
  • que l’offense n’a pas de conséquences
  • que la personne blessée ou sa douleur, n’a pas d’importance. 

La réconciliation

La réconciliation est un processus qui vient après et va au-delà du pardon. Les gens y arrivent lorsqu’après avoir été en conflit, ils reprennent mutuellement des relations positives. La réconciliation demande généralement un conseiller ou un médiateur expérimenté, en qui on a confiance et qui peut discuter avec tous les partis impliqués dans le conflit. Ce conseiller doit être sage, émotionnellement mûr, résistant, objectif et ne jamais prendre parti. Il ou elle devrait être bien respecté(e) dans la communauté et rester engagé(e) dans le processus quel que soit le temps nécessaire.

Un médiateur ne peut pas résoudre un conflit tout seul. Tous les partis impliqués doivent décider que la réconciliation est la meilleure option pour chacun d’entre eux, que cela vaut mieux que de poursuivre le conflit. Tout le monde doit s’engager dans ce processus, pour que l’on puisse s’asseoir à la même table et vivre dans la même communauté. Il faudrait discuter et travailler sur les futurs conflits potentiels. Il faut prouver son engagement dans la réconciliation par des actions appropriées. En Ouganda, par exemple, ceci a signifié que les enfants d’anciens rebelles pouvaient être acceptés dans les écoles.

Lorsque quelqu’un a commis une offense, il devrait être désolé et prêt à l’admettre. S’il ne veut pas communiquer ou est sur la défensive, cela veut dire qu’il n’est pas prêt à se réconcilier. Parfois, les gens demandent une compensation financière mais c’est rarement une solution durable. Cela peut répondre à certains besoins physiques de la personne blessée mais cela n’assainit pas la situation. Des idées de revanche peuvent toujours resurgir.

La réconciliation n’est pas seulement un événement. Elle doit devenir une valeur et un style de vie que l’on transmet d’une génération à l’autre, par l’étude de la Bible, lors de discussions, dans la discipline et par la manière dont l’on vit. Le pardon et la réconciliation font partie intégrante d’un chemin que peu de gens empruntent mais qui mène à la liberté, la santé et la paix.

Sarah Mirembe est une conseillère et une consultante travaillant avec les enfants et les jeunes en Ouganda. Voici son adresse : Box 2989, Kampala, Ouganda.

Email : jewelmirembe@yahoo.com


Étude de cas

En Ouganda, nombre d’enfants, de jeunes et d’adultes ont été enlevés et enrôlés de force dans The Lord’s Resistance Army. Même s’ils arrivent à s’échapper et à rejoindre leur communauté, ils doivent faire face au défi à long terme de pardon et de réconciliation. Voici comment une jeune femme décrit son chemin pour pardonner à l’homme qui l’avait enlevée.

« Je t’ai haï pour le mal que tu m’avais causé. Mais partout où j’allais, ton souvenir me poursuivait. J’étais coincée car je te haïssais et pourtant je devais constamment vivre avec ta mémoire à l’esprit. La conseillère m’a aidée à réaliser que je détestais être coincée avec toi. Cela a été le début de ma motivation pour te pardonner. Te haïr me rendait malade et je désirais tant être bien. Alors, j’ai convenu avec la conseillère qu’elle m’aide à me débarrasser de ma haine. »