Prévention et contrôle de la grippe aviaire

La grippe aviaire touche de nombreux types de volatiles. Photo: Layton Thompson/Tearfund
La grippe aviaire touche de nombreux types de volatiles. Photo: Layton Thompson/Tearfund

La grippe aviaire est une maladie virale infectieuse qui se transmet entre oiseaux. Elle peut toucher les poules, les canards, les oies, les dindes, les pintades, les cailles, les faisans, les pigeons, les « oiseaux chanteurs » et de nombreuses autres espèces d’oiseaux sauvages. Les volatiles ne présentent pas toujours des symptômes de la maladie, mais lorsque ces derniers apparaissent, c’est généralement deux à cinq jours après avoir contracté le virus. 

La grippe aviaire est une maladie dangereuse car elle peut : 

  • provoquer la mort de l’ensemble des volailles d’une ferme 
  • se transmettre rapidement à d’autres fermes et à l’ensemble du pays  
  • parfois être transmise aux humains et causer la maladie, voire la mort. 

La grippe aviaire est semblable à la grippe humaine et dans certains cas rares, elle peut être transmise aux êtres humains. Des décès humains provoqués par la grippe aviaire ont été rapportés en Azerbaïdjan, au Bangladesh, au Cambodge, en Chine, en Égypte, en Indonésie, en Irak, au Laos, au Nigéria, au Pakistan, en Thaïlande, en Turquie et au Vietnam. 

Quels en sont les symptômes ? 

Lors de la mort subite de nombreux volatiles, il faut toujours suspecter la grippe aviaire. Ils n’ont pas forcément l’air malade avant de mourir ; toutefois, ils peuvent sembler un peu abattus et / ou avoir moins d’appétit, les plumes ébouriffées et de la fièvre. 

Les signes cliniques varient en fonction de la souche du virus, de l’espèce et de l’âge des volailles, et des autres maladies éventuellement présentes dans l’environnement.

Parmi les symptômes, les poules peuvent pondre des œufs aux coquilles molles, avoir une diarrhée aqueuse, une soif excessive, des difficultés respiratoires, une faiblesse générale, la crête et la caroncule gonflées et de couleur foncée, des saignements sur les zones de peau dépourvues de plumes et une somnolence apparente, la tête pendante.

Comment se transmet la grippe aviaire ? 

La grippe aviaire peut se transmettre de nombreuses manières, notamment par contact direct ou indirect avec des oiseaux infectés : 

Un contact direct peut se produire si des oiseaux infectés sont achetés au marché, reçus en cadeau ou même ramenés à la ferme par des chiens. Le contact direct avec des oiseaux sauvages infectés peut également transmettre la maladie. N’oubliez pas que les oiseaux infectés n’ont pas forcément l’air malade ! Les canards ou les poules qui se promènent librement et qui sont susceptibles d’entrer en contact avec des oiseaux infectés à l’écart de la ferme sont également vulnérables. 

Un contact indirect peut se produire si des personnes vous rendent visite d’une ferme ou d’une exploitation contaminée. Les gens peuvent transmettre la maladie par leurs vêtements, leurs chaussures, leurs bottes, leur véhicule (p. ex. roues d’une moto), leurs sacs de transport, etc. Les personnes qui travaillent sur un marché d’oiseaux vivants, dans un abattoir ou un laboratoire où le virus est présent peuvent également être porteuses de la maladie. Le fumier peut également transmettre la maladie et les étangs peuvent aussi être contaminés. 

Traitement 

Il n’existe actuellement aucun traitement pour la grippe aviaire. La priorité est donc de prendre les précautions nécessaires pour empêcher la maladie d’atteindre les volailles. 

Que faire avec les oiseaux malades ? 

  • Ne mangez jamais d’oiseaux malades. 
  • Les oiseaux malades doivent être cantonnés dans un bâtiment entièrement clos, sans aucun contact avec d’autres animaux. Tous les oiseaux morts et les objets contaminés (p. ex. : fumier, œufs, sang, plumes, boîtes à œufs) doivent être détruits de façon adéquate dès que possible, le jour même :
    • Les brûler Placez tous les oiseaux et les objets dans un contenant adapté, ajoutez un peu d’essence et mettez-y le feu.  Les enterrer Creusez un trou dans le sol (loin des puits, des étangs et des autres animaux) ; répandez de la chaux vive au fond et sur les parois du trou ; placez-y tous les oiseaux et les objets ; recouvrez-les avec la chaux vive, puis recouvrez le tout avec de la terre. ATTENTION : la chaux vive est très caustique et provoquera une brûlure en cas de contact avec la peau. 

Que faire avec les oiseaux sains ? 

  • Les oiseaux qui semblent sains peuvent être gardés en vie à condition d’être cantonnés dans un bâtiment entièrement clos, sans aucun contact avec d’autres animaux. 
  • Les autorités vétérinaires peuvent conseiller l’abattage immédiat de ces oiseaux si le risque est trop élevé ou si les analyses en laboratoire indiquent qu’ils ont la grippe aviaire. 
  • L’éleveur ne doit jamais vendre ni donner ces oiseaux ou leurs œufs, même s’ils ont l’air sains ! S’ils le font, ils mettent leur vie et celle des autres en danger. 


Comment prévenir la grippe aviaire ? 

Quelques principes d’hygiène de base vous aideront à protéger votre volaille de la grippe aviaire. S’il n’y a aucun cas connu dans votre secteur, quelques principes simples vous aideront à protéger vos
volatiles : 

  • Veillez au bon état de vos volailles, car des oiseaux en bonne santé qui disposent d’eau et d’aliments propres et de qualité et d’un bon abri ont moins de chances d’attraper la grippe aviaire. 
  • Veillez à garder vos volailles dans un environnement protégé, par exemple dans un bâtiment fermé, un parc grillagé ou une basse-cour protégée. Les volailles qui se promènent librement sont plus vulnérables. 
  • Contrôlez toutes les entrées à la ferme. 

Adapté de Prevention and Control of Avian flu in small scale poultry: A guide for veterinary paraprofessionals in Cambodia, coproduit par l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (www.fao.org) et Agronomes et Vétérinaires Sans Frontières (www.avsf.org



Foyer infectieux à la ferme de Mme Tha 

Vous trouverez ci-dessous un exemple de la procédure à suivre si vous suspectez un foyer infectieux de grippe aviaire. 

Dimanche 

18h00 Mme Tha nourrit ses 20 poules. Elles semblent toutes normales. 

Lundi 

7h00 Cinq poules sont mortes et les autres sont faibles. 

8h00 Mme Tha nettoie ses sandales, se lave les mains, puis se rend chez l’auxiliaire vétérinaire (travailleur en santé animale). 

9h00 L’auxiliaire vétérinaire se rend à la maison de Mme Tha après s’être muni d’un désinfectant. 

9h30 L’auxiliaire vétérinaire arrive et laisse sa moto à l’entrée de la ferme. 

9h35 L’auxiliaire vétérinaire examine toutes les poules (vivantes et mortes). Il pose quelques questions à Mme Tha. Il apprend qu’un grand nombre de poules sont mortes chez son voisin la semaine précédente. Il pense qu’il pourrait s’agir de la grippe aviaire ou de la maladie de Newcastle. Il explique à Mme Tha ce qu’elle doit faire. 

10h00 Mme Tha place les poules mortes dans des sacs en plastique. Elle referme les sacs et les dépose dans un endroit protégé (loin de la maison, des autres animaux et du puits). Elle enferme les poules vivantes dans un endroit protégé (un parc à volailles ou un parc grillagé). 

11h00 L’auxiliaire vétérinaire prépare une solution à base de désinfectant courant dans un seau. L’auxiliaire vétérinaire se rend à l’entrée de la ferme, lave et brosse ses mains et ses sandales dans le seau, ainsi que les roues de sa moto. Mme Tha met dans le seau les petits outils et le matériel qui pourraient transmettre le virus. Mme Tha s’engage à surveiller les personnes et les animaux qui entrent et sortent de sa ferme. Mme Tha répand de la chaux vive dans le poulailler contaminé et partout où les poules ont pu marcher au cours des jours précédents. Elle vérifie que tous les animaux sont bien dans leurs enclos. 

11h30 L’auxiliaire vétérinaire va immédiatement informer le chef de village et téléphone aux autorités vétérinaires régionales pour les informer de la maladie. Il leur explique en détail ce qu’il a vu et ce qu’il a fait. Ils conviennent d’envoyer quelqu’un pour discuter de la situation et emporter quelques spécimens pour des tests de laboratoire. 

15h00 Le vétérinaire de district (VD) arrive chez Mme Tha avec l’auxiliaire vétérinaire. Le vétérinaire de district et l’auxiliaire vétérinaire appliquent le protocole convenu avant d’entrer dans la ferme pour éviter de répandre le virus. Le VD ouvre les sacs et examine les oiseaux morts pour déterminer de quelle manière ils sont morts (cet examen est connu sous le nom d’autopsie). Il emporte des spécimens d’oiseaux morts et vivants. Pendant ces opérations, le VD et les autres personnes portent des gants et des masques protecteurs.

16h00 Le VD pose à Mme Tha les questions suivantes : « Qui est entré dans votre ferme au cours des trois dernières semaines et où ces personnes sont-elles allées ensuite ? Quels animaux ont été achetés au cours des trois dernières semaines et d’où venaient-ils ? Quels animaux ont quitté votre ferme au cours des trois dernières semaines et où ont-ils été emmenés ? » 

17h00 Le VD conseille à Mme Tha de ne déplacer aucun animal et de ne pas leur faire quitter la ferme, de limiter le déplacement des personnes dans la ferme et leurs allers-retours à l’extérieur, et d’abattre les animaux restants avant d’obtenir les résultats du laboratoire. Mme Tha s’y engage. 

17h30 Le VD se rend chez les voisins pour leur poser les mêmes questions et voir s’ils ont encore des animaux vivants. Il y en a, alors il prélève des échantillons et conseille à l’éleveur de cantonner les animaux vivants dans un endroit protégé. 

19h00 De retour au bureau, le VD appelle le Département provincial de santé animale pour les informer. Les spécimens sont conservés en chambre froide dans les locaux du VD. Le VD prépare un bref rapport pour l’envoyer au laboratoire avec les spécimens. 

Mardi

Le VD appelle Mme Tha pour lui donner les résultats du laboratoire. Il confirme que les oiseaux de Mme Tha sont morts de la grippe aviaire. Le VD la remercie de sa réaction rapide et de son aide. Il lui propose également de l’aider à maîtriser l’éventuelle propagation de la maladie.