Comment penser à prendre mes ARV

Pour ceux d’entre nous qui vivent avec le VIH, une des choses les plus importantes que nous puissions faire pour rester en bonne santé est de prendre sans faute nos antirétroviraux (ARV) quotidiens. Nous devons continuer à prendre nos ARV même lorsque nous nous sentons mieux. Si nous arrêtons de les prendre, nous finirons par tomber à nouveau malades et pire encore, le virus risque de devenir résistant au traitement. Pourtant, c’est parfois un défi de penser à prendre nos médicaments !

Pas à Pas a demandé à des personnes vivant avec le VIH dans différentes régions du monde de faire part de leurs astuces pour ne pas oublier de prendre leurs ARV.

Ade, Nigéria

« Je prends des ARV depuis neuf ans maintenant. Pour ne pas oublier, j’ai réglé l’alarme de mon téléphone à 7h00 et 19h00. C’est l’heure où je prends habituellement mes médicaments. »

Sarita, Inde

« Pour penser à prendre mes ARV, je coche chaque jour la date sur le calendrier qui est accroché sur le mur de ma cuisine, une fois que je les ai pris. »

Lionel, RDC

« Le matin, je prends mes médicaments immédiatement après m’être brossé les dents. Comme je suis en couple, si l’un de nous ne voit pas l’autre prendre ses médicaments, il le lui rappelle. »

Stella, Nigéria

« Pour m’en souvenir, j’utilise un pilulier. »

Nimith, Cambodge

« Pour m’en souvenir, je règle mon alarme. Mes petits-enfants m’y font penser et mes enfants m’apportent mes médicaments au moment où je dois les prendre. »

Anu, Inde

« Rojamma [une soignante de l’Église] me rappelle chaque jour de prendre mes ARV. On est voisines. Même quand elle n’est pas là, elle m’appelle pour me le rappeler. »

Treasure, RDC

« Prendre des ARV est en quelque sorte devenu mon pain quotidien. Je les prends deux fois par jour : chaque matin avant de me brosser les dents et après le repas du soir. Je garde mes médicaments dans le salon, à côté de la télévision, pour qu’ils soient en évidence. »

Dorcas, Nigéria

« Je garde mes médicaments dans la salle de bains. Je les prends quand que je me brosse les dents ; comme ça j’y pense tous les jours. »

Raj, Inde

« Tous les jours avant de me rendre à ma boutique, je bois un verre d’eau et quand je rentre à la maison, je fais la même chose. J’ai pris cette habitude de boire de l’eau potable depuis que j’ai créé cette entreprise. Lorsque j’ai commencé à prendre des ARV, je les ai associés à mon habitude de boire un verre d’eau pour m’en souvenir. »

Alphonse, RDC

« Prendre ces médicaments, c’est un peu comme ma carte d’identité : chaque fois que je sors, j’en ai en réserve dans ma poche. »
(Veuillez noter que cette méthode ne convient que pour les médicaments qui n’ont pas besoin d’être conservés au réfrigérateur.)

Gabriel, Nigéria

« La pensée d’aller faire mes analyses en laboratoire et que les agents de santé me disent que je vais bien m’a fortement encouragé à prendre quotidiennement mes ARV depuis six ans maintenant. »

Les noms ont été changés pour préserver l’anonymat de ces personnes.


Réflexion : Comment « Milady » prenait ses ARV
Virginia Luckett

Je n’oublierai jamais mon séjour chez « Milady », lors de mon premier voyage avec Tearfund au Cambodge. Elle a changé ma vie à jamais. Je l’appelais Milady parce que j’avais du mal à prononcer son nom en khmer. Mais Milady est un titre que l’on utilise pour marquer son respect envers une personne, et il en dit long à son sujet.

Milady vivait avec le VIH. Elle avait été infectée par son mari, qui était décédé quelques années auparavant. Elle m’a montré sa photo, dans un cadre amoureusement décoré de fleurs en papier.

Tous les soirs, Milady avait un rituel. Devant la photo de son époux, à la lumière d’une ampoule nue dans sa hutte en bambou, elle ouvrait sa Bible khmer et lisait un passage à haute voix. Puis, très méticuleusement, elle prenait ses ARV. Une fois ses médicaments pris, elle se tenait là en silence, inclinait la tête et priait.

Il me semblait être témoin d’une rédemption : la vie au cœur de la mort. En intégrant Jésus à sa routine quotidienne d’ARV, Milady se rappelait la vérité suivante : elle n’était pas seule. Sa foi et sa confiance étaient en Jésus-Christ, qui l’avait sauvée et qui la sauve encore, jour après jour.

Virginia Luckett est pasteure et directrice de l’équipe de Tearfund chargée des relations avec les Églises.