Courrier des lecteurs

Questions soulevées par le SIDA

Nous avons discuté de la façon dont les personnels de santé peuvent se protéger du SIDA à un certain nombre de réunions. La conclusion reste toujours la même: pas de grands risques, sauf si vous avez des blessures et même dans ce cas, ce n’est rien si vous faites attention à couvrir la blessure soigneusement et à porter deux paires de gants!

A plusieurs reprises j’ai été copieusement aspergée de sang et il n’est pas toujours possible dans un cas d’urgence de courir et d’aller se laver. Un jour, je me suis blessé la main en cassant une ampoule de valium pour un malade en crise. Le lendemain j’avais dans les mains un bébé à réanimer: c’était une urgence et vraiment la dernière de mes pensées fut de mettre des gants. D’autres collègues ont eu aussi des cas similaires inquiétants.

Aussi méticuleux que soit notre apprentissage médical quant à notre protection contre le SIDA, il y a toujours des urgences qui demandent notre décision immédiate. Je connais le cas de six docteurs qui ont été contaminés par le SIDA lors de leur travail en Afrique. Ce sont les docteurs, les infirmiers et les sages-femmes qui sont exposés au plus haut risque, surtout en Afrique.

Je me surprends à espérer qu’on ne me demandera pas personnellement de donner du sang à un patient si aucun donneur n’est disponible. Tous les donneurs sont testés: comment réagirais-je si le personnel de laboratoire venait m’annoncer que j’étais séro-positive?

Pour moi, une des choses les plus difficiles serait la façon dont les gens présumeraient de la manière dont j’ai été contaminée - conduite immorale. Serais-je capable de rester calme, et de ne pas essayer de me justifier et de dire sur un ton satisfait de moi-même, ‘Oh, mais c’est en m’occupant de malades vous savez’. Que dois-je en déduire de mon attitude envers les malades du SIDA? Troublant...

Assise à l’église un dimanche j’y pensais, encore une fois - en particulier, à ce qu’il m’en coûterait de garder le silence sur les raisons de ma contamination. D’une façon incroyable cela rendait le verset d’Isaïe 53:7 réel. Combien a-t-il dé en coûter à Jésus de prendre sur lui nos péchés sans un mot!

‘Il a été maltraité et opprimé et il n’a pas ouvert la bouche, semblable à un agneau qu’on mène à la boucherie, à une brebis muette devant ceux qui la tondent; il n’a pas ouvert la bouche.’

Était-ce là, la façon de réagir? En étais-je capable? Comment réagirais-je envers le Seigneur s’il permettait que je contracte le SIDA en travaillant pour le servir? Serais-je capable de l’aimer et de lui faire confiance? Que ressentirais-je pour les gens qui m’ont contaminée? Comment l’annoncerais-je à ma famille? Est-ce que je pourrais continuer mon travail de sage-femme en sachant maintenant que je risquais à mon tour de contaminer d’autres gens?

J’espère que ceci aidera ceux d’entre vous qui sont dans une position semblable à la mienne de faire face à vos sentiments. Nous devons tous être réalistes quant aux risques que nous courons et être prêts à faire face en chrétiens.

Catherine Lynch

Je suis inquiet de la désinvolture avec laquelle certaines publications sur les soins aux patients du SIDA traitent de leurs cas. Ces auteurs se sont-ils vraiment occupés des malades incurables du SIDA? Se rendent-ils seulement compte du volume de diarrhée de ces patients? Ils arrivent ici, à notre centre de santé de Karamoja, y baignant complètement - vêtements, couvertures, draps, trempés de part en part. Ils sont trop faibles pour pouvoir aller jusqu’aux latrines, que peu d’entre eux ont, de toute façon... Ils viennent ici parce que leur famille les abandonne. Il fait chaud et sec à Karamoja pendant la journée (ce qui est un avantage car le soleil stérilise assez rapidement la diarrhée tombée par terre). Mais la nuit, si les malades du SIDA dorment dehors enveloppés dans un drap trempé, ils ont dangereusement froid. Nous leur offrons l’accueil et un toit. Les autres malades se refusent à les approcher, malgré l’exemple de notre personnel.

La plupart des patients sont ouverts à l’Évangile et n’ont pas peur de la mort. Qui s’en étonnerait? Les cieux sont sans aucun doute mieux que leur vie ici-bas! Cependant, leurs quelques dernières semaines d’existence sont physiquement misérables. Pour s’occuper correctement d’un cas classique de SIDA il faut beaucoup d’eau, de préférence chaude, de nombreux changes de vêtements, des draps en quantité et de préférence un ‘lit à choléra’. Généralement rien de tout cela n’est à notre disposition.

La vérité c’est que l’amour, la prière et le désir de partager la bonne nouvelle de l’Évangile sont là, mais la quantité de diarrhée qu’ont ces malheureux fait de la tâche un grand sacrifice d’amour.

Dr Dick Stockley, Karamoja, Ouganda

Docteurs et guérisseurs

Une réponse au problème noueux du travail dans une région où l’on fait appel à tour de rôle au médecin et au guérisseur (Pas à Pas No.7).

Je lis régulièrement Pas à Pas et ai lu avec intérêt l’histoire d’Anastausia qui a donné naissance à un bébé mort-né après avoir mastiqué une racine prescrite par un guérisseur.

Ce type de problème est généralement courant là où les soins de santé primaire ne sont pas très efficaces et où l’importance des guérisseurs traditionnels de toutes sortes n’est pas reconnue.

Jusqu’à ce qu’ils soient totalement reconnus et formés, une rivalité malsaine continuera entre eux et les médecins. Les guérisseurs traditionnels devraient être respectés. Nous devrions essayer d’apprendre ce qu’ils savent et d’améliorer leurs connaissances. Puisqu’ils font partie de la communauté ils comprennent souvent mieux que les docteurs qui viennent du dehors les besoins des gens de leurs communautés.

Les personnels de santé doivent comprendre les croyances et la culture de la communauté dans laquelle ils travaillent. Il se peut que les gens n’aient pas du tout confiance en la médecine occidentale, qu’ils considèrent que c’est une perte de temps que d’attendre leur tour au dispensaire ou à l’hôpital, ou bien qu’ils pensent qu’on ne les traite pas avec respect. Rien de cela ne sera vrai avec les guérisseurs traditionnels. Il faut que nous comprenions qu’ils font partie intégrante des ressources locales dont il faut tirer enseignement et utiliser sagement.

Mme Kunle-Alarape O, Ibadan, Nigéria

Pas à Pas: Technique et biblique

Je viens de commencer à recevoir votre magazine Pas à Pas et voudrais vous en remercier. Je trouve que le magazine est intéressant non seulement pour les renseignements techniques sur des sujets variés, mais aussi pour ses riches notes bibliques.

Bulus U Ali, Musi, Nigéria

Les jardins démonstration

J’ai passé sept ans avec les paysans Malinke du Mali du sud ouest; ceux-ci pratiquent une agriculture de subsistance. Je n’ai rien fait qu’ils ne puissent pas faire avec les ressources à leur disposition. J’avais de nombreux petits lopins de terre avec des variétés et des méthodes différentes telles que les cultures en allées avec le leucaena ou le paillage avec l’herbe des toits. J’ai eu de nombreux échecs mais chaque fois que je réussissais, les fermiers le remarquaient. Ils venaient me voir pour me demander de quoi il s’agissait. Qu’avais-je donc fait pour que ce lopin-ci soit tellement mieux que celui-là juste à côté?

Les femmes voyaient que les espèces que je faisais pousser étaient différentes des leurs. Elles me demandaient alors des graines de celles qui poussaient le mieux. Parmi onze variétés nouvelles de Niébé essayées, huit ont abouti à l’échec. Les trois autres ont très bien réussi et ont été distribuées à 129 familles.

J’avais deux avantages essentiels: les gens savaient que je les aimais eux et leurs enfants. Ils savaient aussi que je faisais tout ce que je pouvais pour les aider.

Au service de Jésus,

Don Mansfield, Development Resource Center 1539 E Howard Street, Pasadena CA 91104, États-Unis

J’ai fait des essais à la fois dans les champs des fermiers et sur des terrains de démonstration. Je suis convaincu que les deux ont leur place. Généralement je ne m’aventurerais pas à organiser un essai avec des fermiers sans être sur de réussir dans cette situation nouvelle particulière. Les choses nouvelles peuvent souvent paraître merveilleuses lorsqu’on les essaie pour la première fois. Voici par exemple l’histoire d’un village où j’ai travaillé voilà bien des années.

Un ouvrier du programme de vulgarisation avait essayé une nouvelle variété de sorgho dans le champ d’un fermier et il avait eu de bons résultats: meilleurs que ceux avec du mil traditionnel. Les gens du village furent très impressionnés et l’année suivante plantèrent plus de sorgho. La troisième année on ne faisait presque plus que du sorgho sur les terres. C’est alors que le moucheron du sorgho fit son apparition et attaqua les fleurs de sorgho: il n’y eut presque pas de grains à moissonner. Les rats et les charançons, qui ne s’attaquent pas au mil, attaquèrent ce qu’il restait du sorgho.

En encourageant les gens à planter une grande partie de leurs terres de cette nouvelle variété de sorgho, cet ouvrier avait exposé les villageois à de gros risques.

Résultat - les gens mouraient de faim et pendant très très longtemps refusèrent toute méthode alternative.

Les démonstrations sur les terres des fermiers ne doivent avoir lieu que lorsqu’on est tout à fait sûr qu’elles seront efficaces. Choisissez les fermiers les plus pauvres et qui ont le moins de réussites pour faire de telles démonstrations. Si elles réussissent, faites une journée porte ouverte et laissez le fermier expliquer comment il a fait. Ainsi, tout le monde saura au village que si ce fermier-là a réussi, eux aussi ont une bonne chance de succès.

P J Storey, Cumbria