Interview : Un mouvement inarrêtable

Pas à Pas 109 - Les jeunes

Pas à Pas 109 salue l’énergie et la créativité des jeunes, et offre des conseils pour les soutenir dans leur épanouissement

Bino Makhalanyane admire la beauté de la création en Afrique du Sud. Photo : Melita Lefuthane
Bino Makhalanyane admire la beauté de la création en Afrique du Sud. Photo : Melita Lefuthane

Interview : Un mouvement inarrêtable

Bino Makhalanyane fait partie des jeunes qui sont à l’avant-garde du mouvement des Anglicans verts (Green Anglicans) en Afrique australe. Il nous explique ici ce qui l’a incité à s’impliquer, et comment il s’y prend pour motiver d’autres jeunes à agir.

Parlez-nous de vous et de ce qui vous a amené à rejoindre les Anglicans verts. 

J’ai grandi dans une petite ville minière de la province de l’État libre, en Afrique du Sud. Après mes études universitaires, j’ai travaillé pour le diocèse anglican local, et en 2014, j’ai été élu président provincial de la jeunesse pour l’Église anglicane en Afrique australe. 

En 2016, j’ai eu l’occasion de me rendre à une conférence des jeunes Anglicans verts en Zambie. Cette rencontre a été déterminante pour moi. J’ai entendu mes frères et sœurs africains expliquer la façon dont le changement climatique nous affecte tous, et comment nous devons agir. J’ai pris conscience du fait que nous sommes appelés à prendre soin de la terre de Dieu (Genèse 2:15), et à faire ce que nous pouvons pour guérir les blessures qui lui ont déjà été infligées. En 2018, j’ai rejoint le mouvement des Anglicans verts en tant que coordinateur provincial de la jeunesse.  

Comment incitez-vous d’autres jeunes à agir ? 

Il peut être difficile de travailler avec les jeunes, mais j’essaie de garder à l’esprit que l’important, ce n’est pas moi, ni mes idées. Je les encourage à expérimenter leurs propres idées, à leur façon. 

Les jeunes sont remplis d’énergie et de bonne humeur, alors j’essaie de faire en sorte que le temps que nous passons ensemble soit agréable. Par exemple, si j’organise le nettoyage d’une plage, je prévois toujours assez de temps pour se détendre et s’amuser. Plus j’apprends à les connaître, plus ils sont disposés à s’impliquer.  

Je leur fais toujours clairement comprendre que je ne suis pas là pour leur dire ce qu’ils doivent faire. Je suis un de leurs pairs, et je suis là pour soutenir et encourager d’autres jeunes à apporter un changement. Mon rôle consiste à planter des graines dans la vie des jeunes, qui germeront pour devenir un grand mouvement vert pour Dieu que rien ne pourra plus arrêter.

« Nous pouvons vivre différemment, exercer une influence et faire campagne pour le changement. »

Quelles difficultés rencontrez-vous ? 

En Afrique australe, le taux de chômage est élevé chez les jeunes. Même ceux qui ont un diplôme universitaire ont souvent du mal à trouver du travail. Ou alors ils doivent se contenter d’un travail mal payé juste pour survivre. 

En tant que mouvement, nous mettons en cause certaines industries (minière, par exemple) où beaucoup de gens travaillent. Il est difficile pour les jeunes de réclamer un changement et de dénoncer la pollution lorsque ce sont ces industries qui leur fournissent du travail.  

S’ils ont du mal à gagner leur vie, ils estiment parfois que le changement climatique est une préoccupation secondaire. Cela peut les empêcher d’agir. 

Beaucoup de jeunes choisissent de ne pas voter lors des élections à cause des fausses promesses des politiciens. Nous les encourageons à utiliser leur vote pour induire un changement et pour s’exprimer sur les choses qui sont importantes à leurs yeux. 

Quelles opportunités les jeunes ont-ils, que les générations précédentes n’ont peut-être pas eues ? 

Notre génération a la possibilité de réduire l’impact du changement climatique. Avec les connaissances, la science et la technologie actuelles, nous avons la possibilité de faire les choses différemment. 

Nous avons besoin de personnes qui font pression sur les gouvernements, non seulement pour changer les politiques, mais aussi pour les appliquer. Contrairement à avant, nous jouissons désormais d’une liberté de parole et de contestation, et si nous utilisons bien les réseaux sociaux, nous pourrons élever nos voix à travers les pays, les continents et le monde entier. Et les politiciens n’auront d’autre choix que nous écouter. 

Nous pouvons vivre différemment, exercer une influence et faire campagne pour le changement. Il n’est pas trop tard pour réagir au changement climatique, mais il le sera bientôt si nous n’agissons pas maintenant.


Pour plus d’informations, écrivez à Bino : binomak@gmail.com