Le rôle changeant de la famille

par le Dr Apolos Landa.

Alors que nous nous approchons du troisième millénaire, les gens dans le monde entier montrent des signes de peur. Il se peut qu’ils aient peur pour leur sécurité, qu’ils soient préoccupés par leur famille ou très inquiets de l’avenir.

Nos familles nous donnent une identité. Elles nous fournissent un appui moral, social et économique. Aujourd’hui pourtant, même dans des zones rurales du Pérou, l’idée même de la famille est en train de changer et est parfois remplacée par d’autres groupes dont les liens sont établis grâce à la confiance, au soutien mutuel et au sens d’une destinée commune. Des groupes religieux, des collègues de bureaux et des homosexuels sont maintenant parfois considérés comme des groupes servant de «famille». Cette nouvelle façon de penser en terme de la famille est radicalement différente et n’est pas basée sur un enseignement biblique correct.

De nombreuses forces ébranlent nos foyers et nos familles risquent de s’écrouler. Quelles sont les forces les plus importantes?

Le changement

Le changement en lui-même n’est pas nécessairement mauvais. Souvent même il peut être bénéfique. Quant il est attendu et désiré, la plupart d’entre nous s’en arrangent parfaitement et apprécient les variations qu’il apporte. Par exemple, l’arrivée des enfants, un nouveau travail qui commence, ou la vieillesse. Bien que parfois nous ayons du mal à nous adapter à ces changements, nous finissons bientôt par retrouver notre équilibre et poursuivre notre vie.

Il y a cependant d’autres sortes de changements qui menacent de détruire notre vie familiale. Ceux-ci peuvent venir du monde moderne, des découvertes et de la technologie; télévisions et ordinateurs sans cesse plus perfectionnés. La bonne technologie faite pour nous aider peut détruire la paix de nos familles.

Il y a aussi des changements de valeurs, des changements économiques et de politiques gouvernementales. Ces changements rendent l’infidélité et le divorce plus acceptables, l’homosexualité plus «naturelle», le mariage plus provisoire, l’éducation des enfants plus confuse et les relations stables plus difficiles. Ces changements vont à l’encontre de l’enseignement biblique correct. Nous devons apprendre à contrôler et faire face à ce taux de changements. Tout en refusant de cautionner ces pratiques, nous pouvons prendre soin des personnes impliquées.

Les pressions

La guerre et les désastres peuvent exercer de très grandes pressions ainsi que le manque d’argent et l’instabilité financière. La situation financière précaire dans laquelle se trouvent beaucoup de gens pauvres dans des régions urbaines et rurales des pays en développement devient une pression puissante sur les membres de la famille, où à la fois parents et enfants, se trouvent forcés de travailler à l’extérieur pour survivre. Tout le monde doit travailler sans que l’âge, la maturité émotionnelle ou l’éducation ne soient pris en compte.

Le manque de temps dédié à la précieuse vie familiale affecte à la fois les riches qui ont des emplois sûrs et les pauvres. Ceci pousse à la désintégration de la vie familiale et peut nous affecter tous. Alors que les familles essaient de vivre leur vie et satisfaire leurs désirs, la vie peut devenir plus vide plutôt que plus riche.

Un souci majeur, je crois, est que la famille est en train de perdre sa capacité de résistance aux pressions qui s’exercent sur elle. En tant que médecin, je peux comparer cela à l’épidémie de sida. De la même manière que le virus VIH rend le corps incapable de lutter contre l’infection, le changement continuel et les pressions sur la famille agissent comme une maladie, l’empêchant de lutter et de survivre à ces pressions. La famille devient immuno déficiente!

Le sida et l’avenir

Un des plus grands défis est celui de l’épidémie VIH/sida. Dans de vastes régions du monde, ce virus a totalement déstabilisé la structure de base de la famille. Le sida est devenu la maladie de la famille. Là où un membre de la famille a le sida, la famille entière traverse les mêmes conflits individuels: négation, rejet, colère, résignation.

Le fait qu’un des membres de la famille ait le sida augmente la pression sur la famille. Cette famille a-t-elle les moyens de réagir correctement devant ces problèmes? Les difficultés sont à la fois physiques et émotionnelles et peuvent entraîner des dommages importants. Les femmes seules et les membres les plus âgés de la famille sont écrasés par la douloureuse responsabilité d’élever les orphelins du sida. Même la famille étendue disparaît quand on touche le fond de la pitié. Des femmes puis des enfants deviennent chefs de famille. Le sida détruit ceux qui produisent et se reproduisent.

Avec de telles inquiétudes sur l’avenir, nombreux sont ceux qui mettent leur espoir dans les anges, les nouvelles religions ou des pratiques religieuses accentuant les expériences émotionnelles. Mais il reste un vide intérieur. Il y a un besoin pressant de comprendre ce qui se passe et de prendre le temps de réfléchir à la façon correcte dont nous allons réagir au niveau de l’éducation, de nos valeurs et de nos croyances dans notre vie de famille. Nous devons faire face aux changements et aux pressions exercées sur la famille, aussi bien en Amérique Latine que dans le monde entier d’aujourd’hui. Le prophète Jérémie a écrit (Jérémie 6:16) «Placez-vous sur les chemins, regardez, informez-vous des antiques sentiers: Où est donc le bon chemin? Marchez-y, et vous trouverez le repos de votre âme» et je peux ajouter «et de votre famille.»

Le docteur Apolos Landa est Directeur de l’Association San Lucas, Apdo 2, Moyobamba, San Martin, Pérou.