Comprendre les vues des enfants

par Glenn Miles.

Dans le développement communautaire, écouter les gens est une partie essentielle du processus. Pourtant, même lorsque les méthodes participatives permettent d’entendre les voix des femmes, des agriculteurs, des personnes âgées et des handicapés, en même temps que celles des responsables, les enfants, eux, sont rarement écoutés.

Pourquoi laisse-t-on les enfants à l’écart?

  • Il semble qu’ils n’ont rien à apporter.
  • Ils n’ont aucun pouvoir dans leur communauté et leur voix est donc négligeable.

Pourquoi écouter les enfants?

  • Si un programme concerne les enfants, ils ont le droit de donner leur avis sur ce qui les affecte.
  • Si un programme est censé leur apporter des bénéfices, le point de vue d’un enfant sur un problème le concernant sera plus clair que celui d’un adulte.
  • Les adultes auront leur propre ordre du jour qui peut être très différent de celui des enfants.
  • S’il y a des malentendus, ceux-ci peuvent être clarifiés et discutés.
  • Les enfants sont souvent prêts à prendre part d’une manière enthousiaste.
  • Les enfants qui participent comprendront mieux les problèmes et seront ensuite plus aptes à prendre des décisions en toute connaissance de cause.
  • Les enfants ne sont ni ignorants des problèmes, ni inférieurs.

Comment pouvons-nous écouter?

Un simple sondage ou une liste de questions peut être préparé pour que les voix des enfants soient entendues. Il existe diverses manières de procéder:

Les sondages individuels Ils sont préferables si l’on désire faire une enquête sur la fréquence des différents comportements nuisibles à la santé. Ils prennent beaucoup de temps. Ils peuvent être sous forme de questionnaires écrits ou de questions personnelles.

Les sondages en groupes La découverte des opinions, expériences ou capacités des enfants peut être plus facile en petits groupes. Les enfants s’encouragent les uns les autres à partager des idées nouvelles et on peut donc obtenir plus rapidement de nombreuses réponses.

Le type de questions posées doit prendre en compte:

  • l’âge et le degré de compréhension des enfants.
  • si les enfants savent lire et écrire. Dans la négative, l’utilisation de dessins et jeux de rôle permettront d’éviter les questions directes.
  • s’il est facile on non d’avoir accès à différents groupes d’enfants. Par exemple les enfants à l’école sont plus faciles à interviewer, mais le point de vue des enfants de la rue peut être aussi important.

Les sondages à l’aide d’un questionnaire

Comparés à d’autres méthodes, les questionnaires ont été critiqués pour leur maladresse. Mais ils sont relativement rapides et faciles à utiliser avec des enfants. Ils sont aussi une bonne méthode pour apprendre à faire de la recherche avec des enfants et peuvent se faire en classe.

Qui devrait écouter?

La recherche parmi les enfants peut être faite par le personnel de santé, les professeurs ou les responsables des jeunes qui communiquent facilement avec eux. Cela signifie que tout en écoutant attentivement, ils sont aussi capables de se faire comprendre clairement. Certains adultes sont particulièrement doués pour communiquer avec les enfants. Lorsqu’on évoque des sujets délicats, ou que des enfants ont été traumatisés, la personne chargée de la recherche devrait avoir été spécialement formée par une personne qualifiée dans ce domaine.

Préoccupations et considérations

Quelques questions à considérer avant d’écouter le point de vue des enfants…

  • Une meilleure compréhension sera-t-elle, à long terme, bénéfique pour les enfants?
  • Est-ce que les avantages d’un sondage ou d’un questionnaire sont supérieurs aux inconvénients et aux difficultés qu’ils créent aux enfants?
  • A-t-on au préalable testé les questions sur un petit groupe d’enfants?
  • Quels seront les risques ou les coûts si la recherche a lieu et si elle n’a pas lieu?
  • Les enfants pourront-ils partir ou refuser de répondre, s’ils le décident?
  • Les réponses des enfants resteront-elles confidentielles? Et comment les enfants peuvent-ils en être sûrs?
  • Les parents, au même titre que les enfants, devront-ils donner leur permission pour que leurs enfants participent?
  • Les enfants et les parents seront-ils invités à commenter les résultats?
  • Quelles seront les conséquences si les points de vue des enfants sont ignorés après avoir été sollicités?
  • Comment transmettrons-nous les informations recueillies, à ceux qui ont le pouvoir de faire changer les choses?

Glenn Miles a acquis au Cambodge une expérience de Santé Communautaire Urbaine. Il travaille à présent comme conseiller au développement de l’enfant pour le compte de Tearfund. Il peut être contacté c/o Asia Team, Tearfund, 100 Church Road, Teddington, TW11 8QE, Royaume-Uni.
E-mail: gmmiles@compuserve.com