L’égalité des droits - Justice pour tous au Pérou  

by Ruth Alvarado and Alfonso Wieland.

Paz y Esperanza (Paix et Espoir) est une organisation chrétienne du Pérou. Elle promeut la justice sociale en défendant les droits des communautés et des individus marginalisés ou sans accès à la justice. Paix et Espoir pense que Dieu ayant créé tous les êtres à son image, ils ont donc tous la même valeur. C’est une idée qu’il faut défendre et promouvoir. Tous les gens devraient avoir les mêmes droits mais ce n’est malheureusement pas toujours la réalité pour les personnes démunies. Leur accès à la justice par le système légal officiel peut s’avérer difficile pour différentes raisons :

  • manque de ressources économiques
  • corruption
  • bureaucratie
  • isolement géographique
  • alphabétisation et éducation limitées
  • manque de sensibilisation aux droits de l’homme
  • manque de connaissances sur la manière d’utiliser ces droits au sein du système
  • manque de compréhension de la langue officielle
  • crainte et manque de confiance dans le système judiciaire

La pauvreté n’est pas la seule barrière à l’égalité. Il existe de nombreux exemples d’injustice dans notre société. Le système judiciaire traite souvent les gens différemment suivant leur statut social ou leur genre. La Bible présente une autre manière de voir la vie. Dieu accorde la même valeur et attention à tous : hommes, femmes et enfants, quels que soient leur race ou leur groupe social.

Systèmes et inégalité

Cette égalité et ce respect face aux différences devraient être à la base de toutes les relations sociales. Pourtant, les gens mènent une vie très différente et souvent inégale les uns par rapport aux autres. La situation des autochtones au Pérou est particulièrement difficile car ils souffrent constamment de discrimination raciale et sociale, émanant du système judiciaire et de l’Etat.

Les enfants ont souvent un accès réduit à la justice légale. Il n’y a pas assez de responsables officiels formés pour enquêter sur les abus commis sur les enfants ou pas assez de centres de soins et de ressources pour aider les enfants en danger.

On peut aussi voir la discrimination sexuelle, par exemple, dans le comportement négatif de la police et des personnes impliquées dans le système judiciaire, lorsque des femmes les approchent pour demander de l’aide. Cette inégalité des genres se reflète dans toute la société puisque, généralement, notre culture tolère la violence domestique. Il ne faut pas fermer les yeux devant une telle injustice.

Paix et Espoir offre un soutien légal, pastoral et psychologique aux victimes de violence au sein des familles, tout particulièrement les femmes et les enfants.

Une justice pour tous

Les travaux de Paix et Espoir sont basés sur la conception biblique de la justice. Ceci signifie faire des droits de l’homme une réalité pour tous ainsi que restaurer de bonnes relations entre Dieu, son peuple et sa création. Nous croyons que la justice biblique exige la défense des personnes démunies car elles sont désavantagées et souvent sans défense dans la société. Travailler pour la justice signifie mettre en place une société qui soutient les droits et les responsabilités de tous.

Paix et Espoir travaille pour aider à changer les institutions et les systèmes judiciaires qui vont à l’encontre des droits de l’homme. Par cette approche, elle espère améliorer l’administration de la justice au Pérou.

Il est important de promouvoir et de défendre la justice au niveau national par la création de lois ou leur réforme. Mais il ne faut pas nous arrêter là. Il faut faire respecter les lois ou bien elles n’ont plus aucune signification. Paix et Espoir aide aussi à éduquer les communautés sur leurs droits. Nous renforçons leur pouvoir afin qu’elles puissent agir, s’attaquer aux pratiques comme aux systèmes injustes de l’Etat et faire pression pour défendre leurs droits.

Dans nos travaux de plaidoyer, nous utilisons les recherches, l’éducation et les campagnes publiques. Nous travaillons par réseaux, avec les médias et en faisant pression directement sur les autorités. Nous éduquons les gens au sein des systèmes judiciaires et sociaux sur les problèmes des droits de l’homme.
Paix et Espoir offre aussi une aide judiciaire gratuite pour les gens ou communautés victimes d’abus des droits de l’homme, afin de s’assurer qu’ils disposent d’une bonne représentation légale.

Nos travaux ont pour but d’accroître l’accès à la justice des communautés démunies, en renforçant leur accès aux informations, en leur permettant de s’exprimer devant les autorités locales et en garantissant que le système judiciaire soit responsable et accessible à tous.

Alfonso Wieland est l’Administrateur de Paix et Espoir.
Asociación Paz y Esperanza, Jr. Hermilio Valdizan 681, Jesus Maria, Lima, Pérou
Email :
awieland@pazyesperanza.org

Ruth Alvarado est une avocate qui a travaillé avec Paix et Espoir. C’est la Directrice d’Agape, un partenaire de Tearfund.
Email :
ministerioagape@speedy.com.pe


Étude de cas: L'histoire de Rosa

Dans de nombreuses régions du Pérou, un enfant né hors mariage risque de rester sans nom si son père nie sa paternité. Plus tard, ceci engendre de sérieux problèmes, rendant difficile l’inscription de l’enfant à l’école ou son accès au financement que le père devrait légalement fournir. De plus, à sa majorité, l’enfant ne peut pas obtenir de carte d’identité et se voit donc privé de ses droits et responsabilités en tant que citoyen.

Rosa Ayala fait partie des gens que Paix et Espoir a soutenus. C’est une mère célibataire de 38 ans qui vit dans la région de l’Alto Mayo, au Pérou. Elle a porté plainte contre le père de son plus jeune fils afin que ce dernier puisse porter le nom de son père. Paix et Espoir lui a offert un soutien légal, spirituel et émotionnel. Avec son accord, Paix et Espoir a utilisé son cas pour sensibiliser l’opinion publique sur ce problème par les médias locaux. 

Rosa a finalement gagné son procès. Son fils Pedro porte maintenant le nom de son père et a un statut légal. Ce cas a fait jurisprudence (a établi un nouvel exemple légal) dans la région de l’Alto Mayo car c’était le premier à être remporté sans avoir recours à un test ADN. Lors d’une interview, Rosa a déclaré : « Les avocats que j’avais engagés dans le passé n’ont absolument rien fait. Mon ex-mari a discuté avec eux et leur a versé de l’argent. Après cela, ils se sont rangés de son côté. Lorsque j’ai approché Paix et Espoir, je savais que les gens avaient des droits mais je ne savais pas comment les réclamer pour moi-même. Cela a été très dur de m’exposer ainsi aux médias, de discuter de ma situation et de parler de ma vie privée devant tout le monde. Maintenant, j’en remercie Dieu. »