Travailler lorsque l’on est handicapé

Cet article a été adapté, avec sa permission, d’un article d’Alexandra Frean, © The Times, Londres, 26 juillet 2005. Le détenteur des droits de cet article se réserve tous les droits de reproduction, copie, photocopie et droits électroniques sur cet article. Ils ne peuvent être donnés qu’avec sa permission express. www.timesonline.co.uk

Dans les pays à faibles revenus, il y a environ 20 millions de personnes handicapées qui ont besoin d’un fauteuil roulant. La plupart de ceux disponibles localement sont offerts par des oeuvres de charité occidentales et ne sont pas toujours appropriés pour les chemins et sentiers accidentés. Ce sont généralement de vieux modèles passés d’un utilisateur à l’autre. Parce que ces fauteuils ont été conçus pour convenir aux occidentaux bien nourris, ils n’ont souvent pas la bonne forme ou taille, ce qui peut mener à de sérieux accidents.

Au Royaume-Uni, l’espérance de vie d’une personne dans un fauteuil roulant est la même que pour quelqu’un de mobile. Cependant, l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) estime que dans les pays à faibles revenus, la durée de vie moyenne d’une personne qui a perdu l’usage de ses jambes est seulement de deux ou trois ans. Les fauteuils roulants mal ajustés et le manque de mobilité peuvent causer des escarres pouvant s’infecter. Si les gens n’ont pas accès à des antibiotiques, ils peuvent en mourir.

Chaque année, des milliers de gens ont un accident touchant la colonne vertébrale, sont blessés dans des conflits ou par des mines anti-personnel. Une personne sur 400 dans le monde souffre de paralysie cérébrale. Nombre de ces personnes auront besoin d’un fauteuil roulant.

Une conception appropriée

Motivation est une organisation basée au Royaume-Uni qui aide à fournir des fauteuils roulants adéquats et abordables pour les personnes handicapées du monde entier. Au départ, elle travaillait avec des organisations locales, créant des ateliers où les gens pouvaient construire et réparer des équipements. Leur nouvelle conception est maintenant produite en série en Chine et assemblée localement partout dans le monde. Ceci permet aux fauteuils d’être moins chers à produire. Ils peuvent être ajustés localement pour correspondre à la taille et aux besoins de chaque utilisateur. Le fauteuil est d’une conception simple, utilise des pièces et matériels courants. Il est donc peu cher et facile à entretenir et à réparer localement. Sa conception lui permet de circuler sur la plupart des terrains et chemins remplis de trous. Motivation a conçu une formation de courte durée pour assembler les fauteuils afin de les ajuster pour les utilisateurs locaux. Il faut généralement quatre heures pour monter et ajuster chaque fauteuil.

Retrouver son indépendance

Jusqu’à présent, Motivation a permis la distribution de 22 000 fauteuils roulants. David Constantine, co-fondateur de Motivation explique : « Nous redonnons aux gens une certaine indépendance et le contrôle de leur propre vie. »

Motivation, Brockley Academy, Brockley Lane, Backwell, Bristol, BS48 4AQ, Royaume-Uni
Email :
info@motivation.org.uk
Site internet :
www.motivation.org.uk


Étude de cas: Une meilleure vie

Kithsiri Perera a 37 ans et vit à Pokunuwita, au Sri Lanka, avec sa mère et ses deux sœurs. Il tenait un étal de poissons qui marchait très bien jusqu’à ce qu’un accident, il y a trois ans, le laisse dans l’impossibilité de marcher. Après un séjour de 18 mois à l’hôpital, il est revenu chez lui mais parce qu’il n’avait pas de fauteuil roulant, il ne pouvait pas quitter sa maison. Certains de ses collègues du marché ont réuni leurs économies pour lui acheter un fauteuil roulant mais il était vieux, n’avait pas de siège, juste des cordes attachées au cadre. Bien qu’il lui permettait de se déplacer d’une pièce à une autre, il ne pouvait se risquer sur les chemins boueux.

Kithsiri explique : «La plupart des jours, je ne faisais rien, je restais assis ou couché. Je ne suis pas sorti de la maison pendant 18 mois. A certains moments, je pensais que ma vie n’avait aucun sens. Cependant, je voulais trouver une manière de travailler de nouveau. Avant l’accident, je vendais des poissons sur un étal qui avait appartenu à mon grand-père puis à mon père. Cela marchait très bien. J’avais une bonne vie. J’avais tout ce que je voulais. Maintenant, je veux de nouveau avoir une vie.»

Le rêve de Kithsiri Perera semble maintenant à sa portée. Motivation lui a fourni un nouveau fauteuil roulant, à trois roues, conçu pour être utilisé sur les terrains accidentés des zones rurales. Il fait d’immenses progrès, regagne de l’assurance et sa mobilité. Il nous a déclaré : «Je vois des gens actifs et cela me fait penser que j’aimerais être comme eux et avoir de nouveau mon travail. C’est mon but.»