Adaptation : protéger les ressources naturelles

Compilé par Bob Hansford.

Les ressources naturelles sont essentielles pour chacun d’entre nous. Chaque fois que nous préparons un repas, nous utilisons des ressources naturelles. Pour beaucoup d’entre nous, les arbres, le bambou et les herbes fournissent les matières premières pour les habitations. La végétation naturelle nourrit notre bétail, les fibres naturelles nous habillent, le bois et le charbon fournissent une bonne partie de l’énergie pour l’éclairage et le chauffage, et les plantes sauvages sont la source des médicaments à base de plantes. L’eau est probablement la ressource la plus précieuse de toutes : pour la consommation, l’hygiène, la cuisine et l’agriculture.

Les ressources naturelles comprennent toutes les plantes, les animaux et les insectes, ainsi que l’environnement non vivant. Les interactions complexes entre ces éléments sont essentielles au maintien de la vie. Dieu a créé un réseau complexe de relations entre toutes ces parties de la création, chacune dépendant de beaucoup d’autres. Les êtres humains sont les gardiens du monde de Dieu. Si nous abusons de notre position et que nous faisons mauvais usage d’une ressource ou que nous la détruisons (par ex. l’eau ou des espèces animales), nous compromettons l’équilibre fragile de tous ces systèmes.

Pourtant, toutes ces ressources sont menacées. Certains scientifiques disent que plus d’un tiers de toutes les plantes, des animaux et des insectes est menacé d’extinction, plus de 70 pour cent de toutes les espèces végétales étant menacées. D’ici 2025, près de six milliards de personnes vivront dans des pays souffrant de pénuries d’eau. Chaque année, une zone de forêt de la taille du Bangladesh est détruite. Des régions auparavant recouvertes de champs productifs, de forêts denses ou de zones de pacage pour le bétail se transformeront en désert improductif. De nombreux autres pays souffriront de pénuries alimentaires et ce sont les populations pauvres qui en subiront le plus l’impact.

Pourquoi les ressources naturelles sont-elles menacées ?

  • changement climatique
  • dégradation de l’environnement
  • aléas naturels

LE CHANGEMENT CLIMATIQUE est en train de provoquer des événements climatiques de plus en plus sévères et fréquents, comme les tempêtes de vent. Il entraîne également d’importants changements des cycles de précipitations, qui causent des inondations et des sécheresses. Les conditions de culture des plantes et des cultures vivrières sont en train de changer : certaines s’adapteront et survivront, d’autres disparaîtront. Tout cela porte préjudice aux moyens de subsistance (par ex. agriculture), forçant les gens à partir pour des zones vulnérables ou à exploiter les ressources naturelles pour survivre (par ex. abattage d’arbres).

LA DÉGRADATION DE L’ENVIRONNEMENT est essentiellement d’origine humaine et due à la surexploitation ou la pollution des ressources naturelles. Par exemple, l’extraction excessive d’eau souterraine par les exploitations et les usines, celle des minerais ainsi que la pollution des cours d’eau, tout cela a un impact sur l’environnement. L’abattage des arbres réduit la capacité du sol à absorber les fortes pluies et la capacité des terres à soutenir la végétation naturelle.

LES ALÉAS NATURELS liés au climat (par ex. inondations, cyclones et sécheresses) et géophysiques (par ex. séismes et volcans) ont toujours existé. Lorsque ces aléas touchent une population vulnérable, cela provoque une catastrophe naturelle. Environ neuf catastrophes sur dix sont liées au climat. Certains de ces aléas ont un impact dévastateur sur les ressources naturelles : les cyclones déracinent les arbres, les ondes de marée polluent les champs et les étangs avec de l’eau salée, et la sécheresse fait disparaître les trous d’eau et les pâturages pour le bétail. (Voir illustration 1.)

Que pouvons-nous faire ? Les ressources naturelles peuvent être protégées et conservées de diverses façons :

RESPONSABILITÉ PERSONNELLE

Le sort de nos ressources naturelles dépend en partie de chacun d’entre nous et des choix quotidiens que nous faisons. Nous pouvons vivre en gardiens responsables, en réduisant notre utilisation des ressources et en évitant leur détérioration ainsi que leur exploitation. C’est chose possible, que nous vivions dans une région rurale, une petite ville ou une grande. Pour protéger notre environnement local, nous pouvons :

  • utiliser un foyer économe
  • utiliser un combustible autre que le bois
  • utiliser un vélo au lieu d’une voiture pour les petits trajets
  • planter des arbres et des légumes
  • faire du compost
  • récupérer l’eau de pluie.

ÉVALUATION DE L’IMPACT DU PROJET

Plusieurs guides ont été publiés pour permettre aux agents de développement de mesurer l’impact probable des activités d’un projet sur l’environnement, y compris sur les ressources naturelles (voir la page des ressources pour plus d’informations). Grâce à une élaboration minutieuse du projet, nous pouvons nous assurer que notre travail protège les ressources naturelles, non seulement aujourd’hui, mais aussi dans l’avenir, malgré des conditions changeantes. 

INTERVENTIONS SPÉCIFIQUES DU PROJET 

Dans chacun des trois cercles du diagramme (illustration 2) figurent des activités spécifiques au projet qui peuvent réduire ou inverser l’impact des aléas naturels, de la dégradation de l’environnement et du changement climatique. Parfois, le fait de renforcer une ressource naturelle peut permettre de réduire l’impact des aléas naturels, y compris ceux qui sont amplifiés par le changement climatique. Par exemple, si les forêts de mangrove côtière abîmées sont restaurées, elles pourront offrir une protection contre les ondes de marée. Les activités de la zone centrale de chevauchement contreront les effets des trois autres : aléas naturels, changement climatique et dégradation de l’environnement. 

Plaidoyer pour le changement

Nous pouvons agir à l’échelle locale, nationale et internationale pour contribuer à la protection des ressources naturelles. Plusieurs groupes communautaires ou ONG peuvent travailler ensemble pour présenter un point de vue commun aux décideurs locaux ou nationaux. Par exemple, lorsque des politiques relatives à l’eau sont en train d’être élaborées, nous pouvons encourager les autorités de planification à prendre en compte les effets prédits du changement climatique, pour éviter que l’augmentation du nombre d’inondations ou de sécheresses ne rende ces politiques inefficaces. Les communautés peuvent travailler ensemble pour empêcher les industries locales d’utiliser des quantités excessives d’eau souterraine, afin d’éviter l’assèchement de leurs puits et de leurs sources d’eau.

Bob Hansford est le Conseiller en Réduction des risques de catastrophes de Tearfund.


Étude de cas

Les archéologues ont étudié l’ancienne civilisation Nazca au Pérou, qui a brusquement disparu il y a environ 1 500 ans. Les recherches ont indiqué que cette société dépendait fortement des forêts huarango. Ces énormes arbres avaient des racines très profondes et étaient une source de nourriture, de fourrage, de bois et de combustible pour les Nazcas. Ils maintenaient également le niveau de l’eau souterraine et fertilisaient le sol pour les autres plantes. Lorsque ces forêts ont été surexploitées et abattues, et que du maïs a été planté à la place, les grandes étendues de plaine sont devenues bien plus vulnérables aux inondations causées par El Niño (élévation de la température de l’Océan Pacifique, un phénomène qui se produit régulièrement). Avec la disparition des arbres, un « point de bascule » a été atteint et en très peu de temps, l’imposante civilisation Nazca a elle aussi disparu. Si nous ne sommes pas en mesure d’apprendre à prendre soin de nos ressources naturelles, connaîtrons-nous le même sort ?