Gestion des ressources naturelles

Pépinière du collège local servant à la reforestation des mangroves sur les rives du lagon. Photo : Steve Collins
Pépinière du collège local servant à la reforestation des mangroves sur les rives du lagon. Photo : Steve Collins

Judith Collins.

Dans le passé, la façon dont les habitants de la région Mosquitia, au Honduras, utilisaient leurs ressources naturelles avait peu d’impact durable sur les vastes étendues de forêt et de zones humides de la région. Toutefois, la croissance démographique rapide, l’afflux de nouveaux résidents étrangers et le passage progressif d’une économie de subsistance à une économie de marché exercent une pression sur les écosystèmes fragiles de la région. Parmi les problèmes actuels, on trouve la déforestation, la surpêche, la surchasse, l’érosion et la pollution du sol et de l’eau.

Identification du problème par la communauté

Les leaders locaux avaient reconnu depuis longtemps que la surexploitation des ressources naturelles menaçait la santé, le bien-être et même la survie de leurs communautés. Toutefois, une série d’ateliers facilités par le partenaire de Tearfund, MOPAWI, a aidé les communautés à découvrir par elles-mêmes la nature et l’ampleur de la menace.

Des hommes, des femmes et des enfants de 15 communautés différentes (ainsi que des représentants d’organisations et des autorités locales) ont travaillé ensemble au développement d’un plan d’action pour l’utilisation rationnelle et la conservation de leurs ressources naturelles partagées. Ils ont suivi les six étapes indiquées pages 8–9.

Action communautaire

Depuis les ateliers, divers groupes communautaires ont mis en oeuvre différents aspects du plan. Par exemple :

  • L’érosion des rives des lagons est en train d’être combattue grâce à la replantation de mangroves et d’autres espèces d’arbres.
  • Dans la mesure du possible, les déchets (qui auparavant étaient jetés au sol, brûlés ou enterrés) sont réutilisés, recyclés ou transformés en compost. Le compost est utilisé pour cultiver des légumes, une nouvelle activité pour de nombreux habitants locaux.
  • Pour protéger la qualité de l’eau et améliorer la santé communautaire, les questions d’assainissement de base sont en train d’être abordées par le biais d’une éducation à la santé dans les écoles et la construction de latrines.
  • Les agriculteurs ont été formés à l’utilisation de techniques d’agroforesterie durable.
  • Des groupes locaux ont fait du lobbying auprès des représentants du gouvernement aux niveaux local et national pour une meilleure application de la loi, en particulier au sujet de l’extraction du bois, la pêche, la chasse et l’arrivée de nouveaux résidents étrangers dans la région.

Leçons apprises

Il est important d’avoir :

  • des facilitateurs sensibles et expérimentés qui pourront guider efficacement le processus sans imposer leurs idées
  • une forte participation communautaire, qui entraîne un renforcement du pouvoir d’action et un sentiment d’appropriation
  • la participation des organisations et des autorités locales comme les écoles, les centres de santé, la police, le gouvernement local et les agences responsables de la protection et/ou de la gestion des ressources naturelles de la région
  • suffisamment de temps pour que les participants puissent discuter et analyser les questions historiques, culturelles, spirituelles, sociales et économiques qui sont toutes liées et ont des répercussions sur l’utilisation de leurs ressources naturelles
  • un groupe de personnes chargé de l’ensemble de la coordination, du suivi et de l’évaluation du plan d’action. Ce groupe pourrait aussi participer aux activités comme la collecte de fonds et le lobbying.

Voir pages 8–9 (Élaboration d’un plan d’action communautaire pour les ressources naturelles partagées) pour le processus, que vous pouvez adapter et utiliser avec votre communauté.