Apporter de l’espoir dans les bidonvilles

Un bidonville de Mumbai. Photo: Tim Clarke/Tearfund
Un bidonville de Mumbai. Photo: Tim Clarke/Tearfund

Objectif 7  Préserver l’environnement - Apporter de l’espoir dans les bidonvilles

Dr Kiran Martin

Selon les estimations, plus d’un milliard de personnes dans le monde vivent dans des bidonvilles. D’ici 2030, cinq milliards de personnes pourraient vivre dans des villes. Quatre milliards d’entre elles vivront dans des villes du monde en développement. Un habitant de bidonville sur cinq dans le monde vit en Inde. Bien que l’Inde, en tant que pays, se soit enrichie au cours de ces dernières années, la situation des personnes qui vivent dans les bidonvilles n’a pas changé.

À Delhi, environ quatre millions de personnes vivent dans des bidonvilles. Les cabanons font environ 5 m2 et sont construits avec tout ce qui peut se trouver sous la main : carton, plaques plastiques, métal, déchets ou morceaux de tissus. Six à huit personnes vivent dans cet espace. Vivre dans un bidonville surpeuplé et insalubre est plus dangereux que de vivre dans un village rural pauvre.

Asha a été créé en 1988 et travaille aujourd’hui auprès de plus de 350 000 personnes de la ville de Delhi qui vivent dans des bidonvilles. L’aspect le plus important du travail d’Asha est de renforcer le pouvoir d’action des communautés et des ménages afin de les faire participer au développement des bidonvilles.

Santé

On constate un fort taux de mortalité maternelle et infantile dans les quartiers de bidonvilles. On y trouve généralement de nombreuses accoucheuses non qualifiées qui ont une mauvaise hygiène et ne savent pas comment gérer un accouchement sûr et propre.

Les cinq causes principales de décès chez les enfants des bidonvilles sont la pneumonie, la diarrhée, le paludisme, la rougeole et le VIH. Les enfants des bidonvilles présentent des taux de diarrhée plus élevés que ceux des familles rurales les plus pauvres car ils sont exposés à une eau et à des aliments contaminés.

Asha fournit des soins de santé primaire de trois manières différentes :

  • des agents de santé communautaire bénévoles, des bénévoles de ruelles et des sages-femmes choisies par la communauté et formées par Asha l
  • les centres de santé Asha
  • un système de référence établi par Asha.

Asha encourage son personnel, ses agents de santé communautaire bénévoles, ses accoucheurs qualifiés et le personnel des infrastructures de santé de référence les plus fréquemment utilisées à travailler ensemble.

Éducation

L’enseignement supérieur est un rêve lointain pour les enfants des bidonvilles. Au vu de leurs besoins immédiats et plus fondamentaux, la plupart des familles ne saisissent pas l’importance de consacrer des ressources à l’éducation. Cette dernière est perçue comme un processus qui retarde la capacité de leurs enfants à contribuer au revenu familial.

Le programme d’enseignement supérieur d’Asha est un effort pionnier. En juillet 2009, pour la toute première fois, l’Inde a été témoin de l’acceptation de près de 200 enfants des bidonvilles Asha à l’Université de Delhi. L’action d’Asha vise essentiellement à fournir du soutien et une orientation aux étudiants au cours des dernières années de l’enseignement secondaire, en les aidant à accéder à l’université et à trouver un travail qui leur permettra d’atteindre leur plein potentiel.

Services financiers

Les gens qui vivent dans un bidonville n’ont généralement aucun contact avec les institutions financières officielles, pas de compte bancaire et pas d’accès aux crédits.

Au mois de juin 2008, le Ministre des Finances de l’Inde a lancé le programme de prêt innovant d’Asha en collaboration avec le Ministère des Finances du gouvernement indien et neuf banques du secteur public indien. Pour la première fois dans l’histoire de l’Inde, les populations des bidonvilles ont pu bénéficier de services bancaires officiels.

Ce programme permet à des milliers de personnes vivant dans les bidonvilles d’ouvrir un compte bancaire sans obligation d’y déposer de l’argent. Elles peuvent aussi obtenir des prêts sans garantie à faible taux d’intérêt. Les revenus familiaux et le niveau de vie ont considérablement augmenté. Le taux de remboursement de 99 pour cent a montré à tous que les gens vivant dans les bidonvilles sont de bons clients pour les banques. Ils peuvent désormais accepter un travail où l’employé doit disposer d’un compte bancaire et d’une identité financière personnelle. Ils ne sont désormais plus limités à des emplois qui échappent au système fiscal et au contrôle du gouvernement, généralement associés à une insécurité de l’emploi, un faible salaire et un travail dangereux.

L’accès à l’eau propre améliore la qualité de vie. Photo: Tim Clarke/Tearfund
L’accès à l’eau propre améliore la qualité de vie. Photo: Tim Clarke/Tearfund

Leadership communautaire 

Asha a créé plusieurs groupes d’action communautaire qui lui permettent d’établir un lien avec la communauté. Asha a formé des milliers de femmes des bidonvilles à devenir des agents de transformation. Les femmes des associations d’Asha ont aidé les gens à accéder à des services civiques de base comme l’eau potable, les toilettes, les routes pavées et l’électricité, leur apportant de la dignité, une meilleure santé et améliorant considérablement leur qualité de vie. 

Le travail d’Asha est fondé sur les valeurs chrétiennes de la foi, de l’espérance et de l’amour. Asha se considère comme une force chrétienne de libération et de transformation. Nous croyons que tous les êtres humains méritent d’être traités avec une dignité égale, et que nous devons lutter contre les systèmes qui provoquent et entretiennent la pauvreté des populations. Nous croyons que nous devons avant tout donner l’exemple de la recherche de l’amour et de la justice, et assumer notre part au niveau du façonnement du paysage spirituel et social de notre monde. 

L’OMD 7, Cible 11, sur l’amélioration de la vie d’au moins 100 millions d’habitants des bidonvilles d’ici 2020, montre que la communauté internationale a reconnu le fait que les bidonvilles ne peuvent plus être ignorés.

Selon les estimations, 400 millions de personnes supplémentaires seront plongées dans la misère de la vie des bidonvilles lorsque la population mondiale des bidonvilles atteindra 1,4 milliard en 2020. Ce chiffre pourrait encore augmenter, de nombreuses personnes risquant de migrer vers les villes car les changements climatiques auront anéanti leurs moyens de subsistance. 

Les évictions et la discrimination ne sont pas une solution. En revanche, aider les gens qui vivent dans les bidonvilles à s’intégrer à la société urbaine est la seule solution durable à long terme. 

Alors que le monde en développement s’urbanise et que la pauvreté se concentre davantage dans les villes que dans les régions rurales, le combat pour accomplir les OMD devra être mené dans les bidonvilles du monde. 

Le Dr Kiran Martin est la fondatrice et la Directrice d’Asha. 

Asha
Ekta Vihar, RK Puram Sector 6
New Delhi 110 022
Inde 

Site internet : www.asha-india.org
Email : info@asha-india.org