Faire campagne pour le droit à l’alimentation au Brésil

Préparation du repas du soir dans le Nord-est du Brésil. Photo: Marcus Perkins/Tearfund
Préparation du repas du soir dans le Nord-est du Brésil. Photo: Marcus Perkins/Tearfund
Objectif 1  Réduire l’extrême pauvreté et la faim - Faire campagne pour le droit à l’alimentation au Brésil
 

Daniela Sanches Frozi.

Le Brésil est un des plus grands producteurs alimentaires au monde, pourtant, des millions de personnes dans le Nord et le Nord-est du Brésil subissent des pénuries alimentaires.

Le Conseil National de Sécurité Alimentaire et Nutritionnelle (CONSEA) conseille le Président au sujet des actions à entreprendre au plan national pour garantir le droit à l’alimentation. Au CONSEA, les membres de la société civile et du gouvernement travaillent ensemble à l’élaboration de politiques publiques qui protègeront les personnes les plus vulnérables.

En 2009, le CONSEA a lancé une campagne nationale au nom des personnes qui souffrent de la faim au Brésil. La campagne réclamait un amendement constitutionnel visant à inclure le droit à une alimentation adéquate dans la constitution Brésilienne. Si la campagne aboutissait, la population brésilienne bénéficierait d’une plus grande protection du gouvernement lors des périodes de pénurie. Différents groupes ont soutenu cette initiative et adopté la campagne, dont le Réseau Évangélique National d’Action Sociale (RENAS) et le réseau de plaidoyer FALE.

En décembre 2009, la Chambre des députés n’avait toujours pas approuvé l’amendement de la constitution et la campagne nationale du CONSEA n’était désormais plus un sujet politique brûlant. Tearfund et ses partenaires au Brésil ont donc décidé de faire pression sur la Chambre des députés, pour que ces derniers agissent. L’opportunité de s’unir autour d’un but commun a encouragé de nombreux réseaux, organisations et églises membres du RENAS et du réseau FALE à participer à la campagne nationale du CONSEA.

Ils ont fait valoir deux arguments :

  • Presque 14 millions de Brésiliens vivent dans un foyer en proie à une grande insécurité alimentaire, d’après les données fournies par le premier sondage sur la sécurité alimentaire entrepris en 2004 par l’IBGE, un institut de statistiques national reconnu. 
  • La Constitution Fédérale du Brésil (Article 6) garantit le droit à l’éducation, à la santé, au travail, au logement et à d’autres choses - mais qu’en est-il du droit à l’alimentation ?

Menée par les réseaux RENAS et FALE, la campagne pour le droit humain à une alimentation adéquate a été lancée le 22 décembre 2009 et s’est poursuivie jusqu’à ce que l’amendement de la constitution soit soumis au vote de la Chambre des députés, le 4 février 2010. Par le biais de sites Internet et de courriels, les personnes impliquées ont diffusé l’information au sein de leurs réseaux, aux niveaux régional et local, en donnant des instructions claires au sujet de ce que les gens devaient faire pour soutenir la campagne. Il leur a été demandé :

  • d’écrire aux membres du Congrès brésilien 
  • d’évoquer les problèmes de sécurité alimentaire avec les politiciens locaux 
  • de prier.

Cela a entraîné l’adoption de l’amendement constitutionnel, qui a immédiatement garanti le droit humain à une alimentation adéquate à tous les citoyens brésiliens : une victoire décisive.

M. Nazareno Fonteles, représentant du Front parlementaire pour la sécurité alimentaire, a expliqué au représentant du RENAS pour le CONSEA que la pression exercée par les évangéliques a été très importante car :

  • de très nombreux messages ont été diffusés
  • des messages sont arrivés tous les jours
  • cela a montré que les évangéliques se souciaient du droit à une alimentation adéquate pour la population brésilienne.

Le succès de la campagne démontre l’influence que les chrétiens peuvent avoir sur la politique. Le défi est maintenant de continuer à promouvoir d’autres campagnes de plaidoyer, afin que nous puissions avancer dans le sens d’une société libérée de l’extrême pauvreté.

Daniela Sanches Frozi est consultante en politiques publiques au Brésil.