Mécanismes de prêt d’animaux

Au cours de la dernière décennie, des mécanismes de prêt ou de « transmission » d’animaux ont démarré partout dans le monde. Habituellement, un animal est donné à un bénéficiaire choisi par un organisme, un service gouvernemental ou une église, assorti d’un accord selon lequel un certain nombre de ses petits seront transmis à d’autres personnes de la communauté ou rendus aux organisateurs du mécanisme pour commencer un nouveau projet. Dans certains cas, surtout avec les bêtes de somme mâles (utilisées pour le trait ou le transport), les prêts seront remboursés en espèces plutôt que par transmission de petits. De tels mécanismes ont apporté de nombreux bienfaits aux familles et aux communautés.

Pourtant, démarrer un mécanisme de prêt d’animaux est un projet sérieux qui ne devrait pas être entrepris sans une réflexion et une préparation approfondies. Pour aider les lecteurs à réfléchir à ce processus, Pas à Pas a rassemblé certaines questions auxquelles répondre, soit individuellement, soit en groupe. À la page 10, vous pouvez aussi lire des avis venant d’organismes du monde entier qui ont monté leurs propres mécanismes .

 Accords de prêt

  • Combien de petits les bénéficiaires devront-ils transmettre ? Comment cela sera-t-il vérifié ?
  • Quel type d’accord y aura-t-il ?
  • Quelles pénalités y aura-t-il si les gens ne remboursent pas le prêt ou ne transmettent pas les petits comme prévu ?
  • Comment seront traités une mauvaise gestion des animaux du mécanisme ou le manque des soins qui leur sont dus ?

 Sélection des bénéficiaires

  • Y a-t-il une pénurie de bétail dans la région ?
  • Est-ce que d’autres méthodes d’amélioration de la gestion du bétail existant ont déjà été introduites ?
  • Ont-elles réussi ?
  • Y a-t-il un désir au sein de la communauté de bénéficier d’un mécanisme de prêt ?
  • Qui est le plus vulnérable dans la communauté ?
  • Est-ce que les bénéficiaires éventuels ont assez de ressources (terre, main-d’œuvre, etc.) pour soutenir les bêtes quelconques qu’ils pourraient recevoir ?

 Santé des animaux

  • À quel point est-ce facile pour la communauté d’avoir accès à des services de soins vétérinaires ?
  • Où peut-on se procurer des médicaments pour les animaux ?
  • Qui pourvoira aux médicaments et traitements préventifs ordinaires ?
  • S’il n’y a aucun agent communautaire de santé vétérinaire ni auxiliaire vétérinaire au niveau local, est-ce que la communauté (ou un organisme travaillant avec la communauté) pourrait faire pression pour que des services viennent dans la région ?
  • Quelles sont les maladies courantes dans la région ? Que peut-on faire pour empêcher les maladies de se transmettre des animaux à l’homme ?

 Sélection des animaux

  • Quel type d’animal est communément élevé au niveau local ? Que produit cet animal ? Cet animal pourra-t-il contribuer de façon significative à l’amélioration du bien-être des familles bénéficiaires ?
  • Est-ce que les races locales sont le meilleur choix ou devrait-on envisager d’autres races ? Certains animaux sont-ils inappropriés dans la communauté pour des raisons religieuses ?

 Stabulation

  • De quel type d’étable ce genre d’animal aura-t-il besoin ?
  • Les matériaux nécessaires à la construction d’étables sont-ils disponibles localement ?

 Produits

  • Où les gens vendront-ils tout excédent de produit animal quelconque (par exemple : laine  lait  peaux ) ?
  • Quelle sorte de formation pourrait être offerte aux personnes pour améliorer leurs aptitudes en commercialisation ?

 Connaissance de la gestion du bétail

  • Que savent déjà les gens, au niveau local, sur l’élevage et la reproduction des animaux ?
  • Quelle sorte de formation pourrait être nécessaire avant que les gens ne reçoivent des animaux ? Qui fournira cette formation ?
  • Quelle formation pourrait améliorer le rendement (lait, viande, laine, etc.) ?
  • Comment sera utilisé le fumier produit par les animaux ? 

Alimentation animale et eau

  • De quel type de nourriture les animaux ont-ils besoin ? Est-elle disponible localement ? Dans la négative, d’où viendra-t-elle ? Pourrait-elle être introduite auprès des agriculteurs locaux et cultivée sur place ?
  • Quelle est la disponibilité de l’eau au cours de l’année ? Les animaux et l’homme seront-ils en concurrence pour utiliser les mêmes sources d’alimentation en eau ?

Avec nos remerciements à Send a Cow [envoyez une vache] pour son avis sur cet article. Pour plus d’informations sur son travail, veuillez consulter 

www.sendacow.org



Mécanismes de prêt venant du monde entier

Expérience en Afghanistan

« Le projet de développement communautaire de la région est [Eastern Region Community Development Project – ERCDP] a formé les anciens de la communauté et les membres de la Shura (comité villageois) sur l’importance de la durabilité et de l’autosuffisance. En conséquence, à la fois les membres de la Shura et les anciens de la communauté prennent la responsabilité du mécanisme et sont disposés à aider les familles démunies et vulnérables en agissant en tant que garants des prêts. Ils aident aussi à sélectionner les membres vulnérables de la communauté et ils contribuent financièrement à tous les aspects du programme. »

SERVE – Afghanistan

Expérience au Malawi 

« Le plus grand impact du mécanisme parmi les membres de la communauté est qu’il a touché beaucoup de bénéficiaires vulnérables après avoir commencé avec seulement quelques-uns. Ils ont pu améliorer leur sécurité alimentaire en se faisant de l’argent par la vente de bétail. Certains utilisent l’argent pour payer les frais de scolarité et pour acheter des uniformes et du matériel scolaire pour leurs enfants. »

EAGLES – Malawi

Expérience en Zambie

« Nos parents avaient beaucoup de bovins et de chèvres. Aux environs de 1990, les animaux ont commencé à mourir de maladie jusqu’à ce que nous n’ayons plus un seul animal. Brutalement, notre vie a changé : nous n’avions pas de lait, pas d’argent pour payer nos frais de scolarité. Nous avons commencé à utiliser des binettes à main pour cultiver et la demande en engrais non biologiques a augmenté parce que nous n’avions pas de bouse de vache. En 2008, l’église de la fraternité chrétienne [Brethren in Christ Church – BICC] nous a choisis pour recevoir une vache et un bœuf à titre de prêt pour les utiliser comme animaux de trait. Après avoir exploité la terre pendant deux ans, nous avons réussi à rembourser le prêt et à acheter un bœuf de plus. Maintenant, nous avons trois nouveaux animaux en plus de ceux que nous avions reçus à l’origine.

BICC nous a formés sur la façon de gérer nos animaux. Ils nous ont aussi aidés avec des matériaux pour construire une cuve d’immersion où toutes les personnes de la région trempent leurs animaux. Au début, c’était difficile de gérer ces animaux selon les normes nécessaires, mais, maintenant, nous nous débrouillons bien et nous sommes heureux. Le prix des animaux est abordable et les paiements sont souples. »

Ather Mudenda, Zambie (un bénéficiaire de BICC)