« Penser comme une poule »

Les plus belles poules ne pondent pas toujours les meilleurs œufs ou ne donnent pas toujours la meilleure viande. Photo: Will Boase/Tearfund
Les plus belles poules ne pondent pas toujours les meilleurs œufs ou ne donnent pas toujours la meilleure viande. Photo: Will Boase/Tearfund

Conseils d’un spécialiste de l’élevage de volailles

Keiron Forbes a gagné le titre de « pouletologue » suite à ses déplacements à travers le monde dans le but d’aider les gens à démarrer des projets d’aviculture, de résoudre les problèmes qu’ils rencontrent avec leurs volailles et de leur prodiguer des conseils pour mieux comprendre le comportement des poules. Selon lui, la clé d’un bon élevage de volailles est de comprendre comment Dieu les a faites et de tenir compte de leurs instincts et comportements naturels pour en tirer le meilleur. 

Reproduction 

La reproduction des oiseaux est très complexe ; mieux vaut la laisser aux spécialistes. Pour faire se reproduire des poules, il faut prendre en compte les caractéristiques d’une famille entière de volatiles sur la totalité de leur cycle de vie, et ne pas uniquement les choisir par rapport à un individu spécifique. Par exemple, si un coq a de bons yeux et que vous le choisissez pour féconder vos poules, les poussins qui en seront issus pourraient tout de même avoir une mauvaise vue. L’éleveur examinera une famille entière de poulets et saura par exemple que la sœur de ce coq a une mauvaise vue. Le coq élu peut être porteur de mauvais gènes même si cela ne se voit pas chez lui. 

Autre exemple : vous pouvez choisir une très bonne pondeuse en présumant qu’elle sera une bonne candidate pour un programme de reproduction. Plus tard au cours de sa vie elle pourrait se mettre à faire des œufs aux coquilles fragiles, mais vous n’aurez peut-être pas attendu suffisamment longtemps pour le découvrir ! 

Ce n’est pas toujours la meilleure idée de chercher le jeune coq au plus beau plumage. Il se pourrait que ce coq passe une bonne partie de son temps à se lisser les plumes mais qu’il se préoccupe très peu de s’accoupler. Mieux vaut rechercher un bon comportement reproductif, même si ce coq n’a pas les plus belles plumes. 

« Je croyais avoir laissé des œufs ici... Pas grave, je vais devoir en pondre un autre. » Illustration: Amy Levene
« Je croyais avoir laissé des œufs ici... Pas grave, je vais devoir en pondre un autre. » Illustration: Amy Levene

Retirer les œufs 

Avec les races traditionnelles qui se promènent en liberté et qui ne vivent pas dans un poulailler, vous pouvez prévoir environ 150 œufs sur la durée de vie d’une poule. Les poules logées peuvent pondre jusqu’à 250 ou 300 œufs. Cela s’explique par le fait qu’en ramassant les œufs, vous leurrez la poule : elle pense alors qu’elle n’a pas pondu et se remet à pondre. Si vous n’enlevez pas les œufs, la poule se mettra simplement à les couver, en s’attendant à ce qu’ils éclosent. Cela diminuera votre production d’œufs. 

Note de la Rédactrice : Pour plus d’informations sur la construction d’un poulailler et l’aménagement de nids pour vos poules, voir pages 8 et 9. 

De poussins à poules pondeuses 

Les poules qui ne sont pas originaires des tropiques se mettent à pondre au printemps, car elles savent qu’il y aura de quoi nourrir leurs poussins. Mais les gens aiment manger des œufs toute l’année. Pour inciter les poules à pondre le reste de l’année, les éleveurs professionnels ont recours à une astuce avec les jeunes poules. En occultant la lumière ou en ayant recours à un éclairage supplémentaire (selon la saison), les éleveurs font croire aux jeunes poules que c’est l’hiver en les exposant à la lumière dix heures par jour. Puis, au bout de 16 semaines, ils ajoutent trois heures de lumière supplémentaires et les poules pensent alors que le printemps est arrivé. Vingt-et-un jours plus tard, elles se mettent à pondre. 

Une poule en cadeau 

Lors d’une visite, les gens apportent souvent une poule en cadeau. Mais ce geste généreux présente de nombreux risques. Bien souvent, les gens ne donnent pas leur meilleure poule, mais ils en choisissent une qui est âgée ou en mauvaise santé. Se déplacer avec des oiseaux malades fait courir au donateur et au bénéficiaire le risque de tomber malade. Si vous recevez une poule en cadeau et si vous êtes sûr qu’elle vient d’un troupeau en bonne santé, la meilleure chose à faire est de la consommer sans attendre et de la partager avec vos invités. Si vous prévoyez de la garder, ne la mettez pas avec vos autres oiseaux ou animaux. Isolez-la dans un enclos pendant trois semaines pour voir si elle est en bonne santé. Vous pourrez ensuite la mettre au contact des autres volatiles. 

Keiron Forbes est nutritionniste spécialisé en volailles, basé en Irlande du Nord. Il a derrière lui 35 années d’expérience en aviculture à travers le monde.