De: Reactions des lecteurs – Pas à Pas 31

Qu’y a-t-il au cœur du développement participatif et de l’autonomisation des personnes ?

Un vieil homme parlait du sida aux vieilles gens du village et leur racontait cette histoire:

Un jour, une jeune mère nommée Philomène parlait avec d’autres femmes du village qui étaient en train de tresser leurs paniers. Elle leur racontait que son nouveau-né était vraiment fasciné par le feu qui brûlait jour et nuit chez elle au milieu de la pièce. Il adorait regarder les étincelles s’envoler dans l’air et essayait sans cesse de ramper jusqu’aux flammes qui dansaient. Ce matin même, il avait essayé d’atteindre de la main la braise brûlante et s’était mis à pleurer quand elle l’en avait empêché.

«Le feu est absolument nécessaire dans nos maisons,» disait-elle. «Comment avez-vous fait pour enseigner à vos enfants à ne pas se brûler et à se servir du feu correctement?»

Une des femmes répondit: «C’est l’expérience personnelle qui enseigne aux enfants; moi, j’ai laissé mon fils se débrouiller tout seul et il a bien vite compris que le feu brûle, et jamais il ne s’est approché du feu une seconde fois.»

«Je vois…» pensa Philomène, «les mains de ton fils sont si déformées qu’il ne peut s’en servir ni pour tenir un outil, ni pour écrire. Je ne souhaite pas que mon fils finisse comme ça.»

Une autre femme dit, «Non, c’est la peur du feu qui enseigne aux enfants à ne pas s’en approcher. Moi, j’ai dessiné un cercle par terre tout autour du feu et j’ai dit à mes filles que je les battrais si elles passaient la main au delà de cette ligne.»

«Mais tes filles sont déjà grandes et elles ne savent pas faire la soupe…» pensa Philomène. «Je ne souhaite pas que mes enfants soient comme ça!»

Une troisième femme prit la parole. «Non, les enfants doivent apprendre à utiliser le feu comme il se doit, et profiter de ses avantages. Moi aussi j’ai établi des règles et quand ils ne les respectaient pas je les punissais sévèrement.»

«Ah oui,» pensa Philomène, «c’est ton fils qui un jour a commis une petite erreur, et a été brûlé vif dans la maison parce qu’il avait peur d’être puni s’il demandait de l’aide, je ne souhaite pas que mes enfants soient comme ça non plus!»

Puis, c’est la femme du chef de village qui a pris la parole, et elle dit: «Oui, le feu est un don merveilleux et nous ne pouvons pas nous en passer. Il nous sert à faire cuire notre nourriture, à éloigner les animaux sauvages et à nous chauffer. Mais il dévore le combustible et tout ce qui se présente. Si nous ne l’utilisons pas correctement, il devient notre ennemi. Il peut être notre ami mais aussi détruire sans limite si nous en perdons le contrôle. C’est pourquoi j’ai enseigné à mes enfants à faire du feu, à l’utiliser correctement et je leur ai expliqué ce qu’il fallait faire si par malheur quelque chose s’enflammait. Ils savent aussi que je suis là pour les aider s’ils font des bêtises et que, même si je me mets en colère, je ne les battrai pas car je ne veux pas qu’il leur arrive malheur.»

«Ah oui!» dit Philomène, «ce sont vos enfants qui l’autre jour ont sauvé un bébé du feu. Moi, j’élèverai mes enfants comme vous le faites. Je leur apprendrai que le feu est à la fois merveilleux et dangereux, je les aiderai à comprendre tout cela et, petit à petit, je leur enseignerai comment on peut, sans danger, se servir du feu.»

«Ah,» dit le chef du village qui avait écouté l’histoire très attentivement, «ça c’est intelligent! Je sais par expérience que tous les jeunes expérimentent et s’amusent, mais si nous enseignons nos enfants correctement, la communauté entière en bénéficiera et courra moins de risques.»

Quand l’histoire fut terminée, les gens en discutèrent un moment puis demandèrent au vieil homme ce que cette histoire voulait dire et voici ce qu’il leur expliqua:

Le désir sexuel est semblable au feu: donné par Dieu pour notre plaisir et pour qu’on s’en serve. C’est ce désir qui fait que les hommes et les femmes s’attirent mutuellement et s’assemblent pour faire des enfants. Ce désir (ou pulsion sexuelle) est très fort et, comme le feu, peut être un réconfort merveilleux ou une force destructrice qui peut déchirer une famille et faire que hommes et femmes s’entretuent par jalousie. Il peut maintenir hommes et femmes ensemble ou, au contraire, apporter la discorde et la mort. C’est pourquoi toutes les sociétés ont établi des règles de conduite sexuelle: les sociétés tribales, musulmanes, hindoues, bouddhistes et chrétiennes. Toutes, sans exception, ont établi des règles pour nous aider à bien utiliser ce don de Dieu qu’est le désir sexuel.

Presque toutes ces règles établissent que les rapports sexuels ne devraient avoir lieu qu’après un accord légal (quel qu’il soit) entre les familles concernées. Une déclaration publique devrait se faire pour que la communauté entière sache que tel homme et telle femme s’appartiennent. La plupart des sociétés tiennent à ce que la femme soit vierge et condamnent beaucoup plus rapidement la femme qui commet une faute plutôt que l’homme qui «fait une expérience».

Nous ne pouvons pas tout simplement laisser nos jeunes gens apprendre par expérience personnelle: ils paieront de leur vie.

Notre morale chrétienne est très claire. Nous croyons que Dieu nous enseigne que la relation sexuelle est un plaisir réservé à un couple marié et ne devrait être experimentée ni avant le mariage ni avec d’autres partenaires en dehors de ce lien. C’est la situation idéale car, de cette façon, la maladie ne peut pas entrer dans une telle union. Pourtant, nous savons bien que des fautes sont commises et que le pardon est toujours possible.

Mais le sida est entré en scène et il est semblable au vent qui attise le feu: une petite faute commise devient un feu meurtrier. Nous transmettons la maladie à quelqu’un d’autre en utilisant mal un don de Dieu. Nous commettons la faute avec une seule personne et découvrons que nous nous sommes condamnés à mort.

Nous ne pouvons pas être comme la première femme de l’histoire et tout simplement laisser nos jeunes gens apprendre par expérience car ils paieront de leur vie. Si nous agissons comme la deuxième femme de l’histoire et n’expliquons pas les faits, ou n’abordons pas le problème, les jeunes ne comprendront pas et prendront des risques inutiles. Et même la troisième femme de l’histoire qui essayait d’expliquer un peu, comptait sur les menaces et la peur.

Comme le chef et sa femme, nous devons expliquer les dangers et permettre à nos jeunes gens de prendre eux-mêmes leurs décisions et d’utiliser ce don de Dieu avec sagesse. N’importe qui peut allumer un feu et l’incendie une fois déclaré peut détruire bien des vies innocentes.

«La nuit est avancée, le jour approche. Dépouillons-nous donc des œuvres des ténèbres et revêtons les armes de la lumière.» LETTRE AUX ROMAINS 13:12

C’est pourquoi nous, chrétiens, avons la responsabilité, même si nous ne sommes pas d’accord, d’enseigner les façons de se protéger de la maladie pour aider ceux qui ne suivent pas ces conseils chrétiens.

Jésus était souvent parmi les prostituées, les pécheurs et les malades et ne cessait jamais d’agir par amour et par pitié envers eux. Que nous reste-t-il donc à faire sinon la même chose?

Questions pour une discussion

(Avec mes remerciements au Dr Alexandre Saúl d’AEA en Angola pour ces questions.)

Matériel d’information sur le sida

PARCOURS

Il s’agit d’un nouveau kit de formation passionnant comprenant quatre exemplaires d’un manuel de 240 pages et une vidéo préparés par Action Aid. Cet ouvrage est très utile pour encourager les gens de tout âge à s’informer et s’exprimer sur le thème du sida, à travers des discussions ou des jeux de rôles (bien que sans perspective chrétienne). La vidéo existe en anglais, français, luganda et kiswahili et le manuel existe en anglais et en français seulement. Le kit complet coûte environ 150 dollars américains mais différentes églises et organisations peuvent en partager les frais. (Un manuel coûte 30 dollars américains.) Pour plus de renseignements contactez une des adresses suivantes:

TALC, PO Box 49, St Albans, AL1 4AX, Royaume-Uni

Stepping Stones, PO Box 676, Kampala, Ouganda

STRATEGIES POUR L’ESPOIR

La série Stratégies pour l’Espoir possède maintenant 11 fascicules qui sont presque tous disponibles en français et en anglais. Ces fascicules sont gratuits pour les groupes qui n’ont pas les moyens de payer en devises. TALC pourra vous renseigner (adresse ci-dessus). Autres contacts utiles concernant le matériel de formation et les fascicules Stratégies pour l‘Espoir à:

AMREF, PO Box 30125, Nairobi, Kenya

AMREF Uganda, PO Box 51, Entebbe, Ouganda

AMREF Tanzania, PO Box 2773, Dar es Salaam, Tanzanie

Contenus avec balises similaires

Partager cette ressource

Équiper ceux qui œuvrent à l’éradication de la pauvreté et de l’injustice