Courrier des lecteurs

Le SIDA

Les récentes lettres à propos du SIDA m’ont rappelé deux problèmes très sérieux au Mali du sud-ouest. Nous avons travaillé avec les fermiers Malinke pendant sept ans au Mali. Autant que nous puissions en juger à l’époque, nous n’avions que deux cas de SIDA. Dans les deux cas, les hommes étaient partis travailler dans les grandes villes de la côte. Ils devinrent tellement malades qu’ils rentrèrent chez eux pour mourir, très rapidement. Puis un grand barrage fut construit à une dizaine de kilomètres de chez nous. 2.000 ouvriers furent employés et avec eux arrivèrent les prostituées de la ville. La société Malinke observe un degré de moralité élevé, donc la contamination par le virus du SIDA n’aurait dû s’étendre qu’à quelques individus d’un village. Mais la tragédie commence là.

Les dispensaires du gouvernement reçurent des vaccins anti-tétaniques de l’OMS et demandèrent à toutes les femmes enceintes de venir se faire vacciner. Le problème c’est qu’ils ne possédaient que cinq seringues et aiguilles. L’organisation fut la suivante: toutes les femmes (celles du village comme les prostituées) durent se présenter le même jour de la semaine. Si 20 femmes arrivaient, 15 donc recevraient le vaccin par une aiguille déjà utilisée. Dans les années qui viennent, je pense que beaucoup plus de femmes et d’enfants mourront du SIDA alors qu’ils ne seraient pas morts du tétanos.

Comment faire comprendre cela au Ministère de la Santé?

L’autre gros problème, c’est que les hommes instruits, venus de Bamako comme bureaucrates, sont convaincus que le SIDA est un énorme mensonge inventé de toute pièce par les pays de l’Ouest pour changer leur vie sexuelle.

Don Mansfield, William Carey International University, États-Unis

On lit et on met en pratique!

Pas à Pas est concerné et le montre. Je suis heureux de vous faire savoir que le Groupe des Fermiers Karughe reçoit votre magazine. Nous lisons vos articles sur les arbres et leurs utilisations et partageons notre savoir. J’ai formé un groupe pour la protection de l’environnement et de la nature, avec les gens d’ici, et nous nous efforçons d’être reconnus.

Notre groupe a appris comment la réhydratation orale peut se faire en utilisant des céréales et maintenant nous la pratiquons, et ça marche. Soyez bénis pour le travail que vous faites.

Joshua Bwambale, Karughe Farmers Group, PO Box 507, Bwera-Kasese, Ouganda

Les petits animaux

Il nous est agréable de recevoir Pas à Pas et d’y trouver chaque fois quelque chose d’intéressant - et de le passer après à d’autres qui travaillent dans ce domaine. Les dessins sont bien pour attirer l’attention de ceux qui ne connaissent pas l’anglais mais qui, intrigués par les dessins, posent des questions.

Les livres sont un moyen rapide d’acquérir des connaissances et des informations, mais la sagesse vient souvent en écoutant les autres parler de leurs expériences - et cette expérience vient souvent des personnes plus âgées. Voici donc quelques trucs qui nous viennent de nos sages à cheveux blancs!

Les chèvres sont un peu comme les enfants polissons: il faut les surveiller. Dans beaucoup de villages, il est courant de voir du bon travail détruit par les chèvres ou les animaux errants. Il est donc évident qu’avec de moins en moins de prés communs et d’endroits où faire paître les animaux, avec en plus le besoin pressant de terre en général, la nécessité d’avoir de petits enclos pour nourrir les animaux devient de plus en plus importante.

Ce type d’élevage ‘parqué’ doit aussi permettre à ces animaux de pouvoir sortir régulièrement et de se promener - sous surveillance bien sûr. Une manière simple de faire cela est de laisser sortir les animaux le soir avant le coucher du soleil. Ils seront alors disposés à rentrer. Observez-les bien lorsqu’ils sont ainsi ‘en sortie libre’ et vous comprendrez vite pourquoi il est important de ne pas les garder parqués tout le temps: ils se frottent contre les murs de briques pour se gratter; souvent ils cherchent des herbes sauvages pour améliorer leur nutrition; ils aiment se coucher par terre, dans la poussière souvent pour s’y rouler. Ils se débarrassent ainsi de beaucoup de poux.

En préparant votre concentré pour les chèvres, vous pouvez y ajouter un certain nombre de choses. Une des plus importantes peut-être est de leur donner du sel: les blocs de sel tout simples sont les mieux. Gardez un récipient à part pour faire le mélange, et chaque fois que les animaux ont mangé, lavez le récipient et remplissez-le d’eau. Laissez un morceau de fer trempé dans le récipient - n’importe quel morceau de fer. Et en plus, si vous en avez, un morceau de fil de cuivre. Une quantité infime de fer et de cuivre sera ainsi ajoutée à l’eau que boiront les chèvres. (Peut-être est-il mieux de ne pas inclure le cuivre pour les animaux destinés à la reproduction).

Le traitement des parasites des chèvres peut être un problème pour les gens pauvres qui ont rarement l’argent pour acheter les médicaments commercialisés, même si ceux-ci sont disponibles. Demandez aux personnes du village comment elles se débarrassent des poux dans les cheveux de leurs enfants - il se peut que la même recette soit utile. Les retirer à la main est parfois la seule solution.

Pour les parasites internes, nous encourageons à nourrir les chèvres de feuilles de nim au moins une fois par semaine. Les gousses de l’arbre Leucaena sont aussi efficaces contre certains parasites internes.

Un petit livre intéressant est Goat Health Handbook, qu’on peut obtenir à...

Winrock International Institution for Agricultural Development, Petit Jean Mountain, Morrilton, Arkansas 72110, États-Unis.

Eliazar T Rose, New Hope Rural Leprosy Trust, Orissa, Inde

Merci

Je souhaite vous écrire pour vous dire combien j’apprécie l’aide que m’apporte Pas à Pas. Vos magazines ont une grande valeur pratique de par leur simplicité et leur possibilité d’utilisation. Je vous suis très reconnaissant.

Nyaudoh Ndaeyo, Calabar, Nigéria

Projet de fourneaux

J’ai pensé que vous seriez intéressé de connaître l’effet d’un de vos articles paru dans le numéro 5 de Pas à Pas à propos du projet GTZ/SEP de fourneaux Maendeleo. Je n’avais pas connaissance de ce projet, mais j’ai écrit et nous avons maintenant une excellente relation de travail. Ces fourneaux sont une des parties les plus populaires de notre travail de vulgarisation dans les Églises indépendantes de l’ouest du Kenya. Nous avons appris à pas mal de femmes de l’Église à installer ces fourneaux.  L’enseignement du fonctionnement de ces fourneaux suit naturellement l’enseignement sur la plantation d’arbres et l’étude de principes bibliques. Nous encourageons les femmes à se faire payer 20 shillings pour chaque installation de fourneau. Ainsi, l’entreprise s’autofinance.

Ce travail a contribué à montrer à de nombreuses personnes travaillant pour le gouvernement le rôle positif que joue l’Église dans le travail de vulgarisation et la formation.

D’autres pays se sont intéressés à ces fourneaux et nous pourrons peut-être former d’autres Églises ailleurs à cette technologie et ces idées afin que leurs communautés en bénéficient aussi.

Roger Sharland, OAIC, Box 21736, Nairobi, Kenya

Protégez votre arbre local

Lors de visites récentes au Sénégal et dans le Nigéria du nord, j’ai été attristé par la dramatique ampleur de la sécheresse qui empire toujours et par l’assèchement des réserves d’eau. Nous ne dirons jamais assez combien il est urgent d’organiser des programmes de plantations d’arbres et nous continuons à encourager dans les Églises ceux qui ont des projets de pépinières.

Dans de telles conditions de sécheresse, les jeunes plants d’arbres ont besoin d’un maximum d’aide pour survivre. Nous avons découvert qu’une petite quantité de nim en préparation liquide (voir numéro 6 de Pas à Pas, page 12) sert à les protéger des termites.
 
Bob Mann, Methodist Relief and Development Fund, 25 Marylebone Road, London, NW1 5JR, Royaume-Uni

Un plan retraite pour les fermiers!

J’aimerais vous parler d’un fermier que je connais, car son histoire peut en encourager d’autres.

Il a travaillé la terre à Chitawan pendant 30 ans en utilisant des systèmes traditionnels. Toute sa famille dépendait de la ferme familiale et travaillait du matin au soir pour gagner chichement sa vie. Mais les rendements baissèrent progressivement. Le problème s’aggrava avec la constante érosion du sol et le manque de combustible et de fourrage. La vie de famille était une suite de disputes et pleine de crainte pour l’avenir.

Le fermier devait faire quelque chose devant la situation désespérée de sa famille. Fallait-il qu’il cherche du travail en ville? Il discuta de ses problèmes avec d’autres. Avec leur aide il prépara, dans sa tête, un plan de gestion approprié à sa ferme. Il mit l’accent sur l’amélioration de la fertilité du sol et la plantation d’arbres pour l’avenir en vue d’une retraite pour lui et d’un investissement pour ses enfants. Maintenant il utilise la méthode des allées pour ses plantations de céréales, pratique la rotation des cultures et enterre leurs résidus en labourant après les récoltes. Il garde ses animaux parqués afin d’avoir davantage de fumier et il fait un tas de compost. Sur la moitié de sa terre il plante des arbres, en particulier le Dalbhergia sisoo (Sisoo).

La famille, certes, travaille toujours très dur, mais le fermier a maintenant confiance en l’avenir et attend sa retraite plus tranquillement!

Padam Bhandari, Community Health Project, United Mission to Nepal, Tansen, Palpa, Nepal