Prendre soin de l’environnement et des gens

Stanley Baya.

Petit-duc d’Irène Otus ireneae : une des espèces d’oiseau les plus menacées que l’on trouve à Arabuko-Sokoke et le hibou le plus petit d’Afrique. Photo: Steffen Forster
Petit-duc d’Irène Otus ireneae : une des espèces d’oiseau les plus menacées que l’on trouve à Arabuko-Sokoke et le hibou le plus petit d’Afrique. Photo: Steffen Forster

La forêt d’Arabuko-Sokoke, au Kenya, est la dernière section restante d’une forêt côtière de l’Afrique de l’Est qui s’étendait jadis de la Somalie jusqu’au Mozambique. Aujourd’hui elle ne fait plus que 40 km de long et doit bénéficier d’une urgente protection internationale. Elle abrite de nombreuses plantes, animaux et oiseaux, comme par exemple le rat à trompe à croupe dorée, au nom tellement unique, et qui sont en voie d’extinction. C’est un très bel endroit. Derrière ses frontières qui rétrécissent, on trouve une diversité de vie presque inimaginable. Si cette forêt disparaît, un véritable trésor d’espèces disparaîtra avec elle. Ce fragment de forêt côtière qui subsiste est véritablement important.

Depuis la création de la branche kenyane de l’organisation de conservation A Rocha en 1998, l’équipe a intégré des autochtones qui travaillent aux côtés de bénévoles et de visiteurs venant de régions plus riches. Ensemble, ils ont commencé à chercher des solutions pour empêcher la destruction de la forêt par les autochtones pour leurs moyens de subsistance. Ils ont constaté que les experts disaient des choses différentes. Certains disaient qu’il était plus important de protéger l’environnement, et d’autres qu’il était plus important d’aider les autochtones à sortir de la pauvreté. Cela présageait un conflit entre l’environnement et la population. Toutefois, les études d’A Rocha indiquaient que la forêt était étroitement liée au bien-être de la crique qui permettait la pêche locale, au climat local essentiel pour les cultures et aux sols sur lesquels se trouvaient les plantations.

Après un long processus de consultation, l’équipe a enfin commencé à comprendre pourquoi la forêt était en train d’être détruite. Grâce à la confiance durement gagnée de leurs amis locaux, les membres de l’équipe ont appris que la majorité du bois était coupé pour payer les frais de scolarité de l’école secondaire. Tout le monde savait que l’éducation était le seul moyen pour les familles de sortir de la pauvreté. Seulement un enfant sur dix qui obtenait des notes suffisantes pouvait passer au cycle secondaire après l’école primaire gratuite, à cause des frais de scolarité de l’éducation secondaire.

Pour satisfaire les besoins urgents de la population et de la forêt, en 2001 l’équipe A Rocha a lancé un programme nommé ASSETS : Arabuko-Sokoke Schools and Eco-Tourism Scheme [Plan pour les écoles et l’éco-tourisme d’Arabuko-Sokoke]. L’idée était simple. Le programme formait des guides locaux à travailler avec les hôtels voisins de Watamu, afin que les touristes puissent visiter la forêt pour une somme modique. Le Programme des Nations Unies pour le développement et d’autres agences ont fourni des fonds de départ pour la construction d’un observatoire dans les arbres et l’aménagement d’un chemin panoramique spectaculaire à travers les mangroves de Mida Creek. Grâce à ce projet, la forêt et la crique offrent désormais une activité source de revenu durable. Les touristes aiment voir des endroits aussi magnifiques que celui-là et l’argent qu’ils dépensent est reversé pour les frais de scolarité secondaire des enfants locaux.

Aujourd’hui, deux cents enfants vont à l’école secondaire et un important programme de reforestation et d’éducation a été adopté dans de nombreux villages autour de la forêt. Les gens ont compris que Mida Creek a besoin de l’approvisionnement sûr en eau de pluie de la forêt pour survivre. La mangrove du littoral de la crique, auparavant coupée pour son bois, est aujourd’hui préservée et sert d’alevinière pour les espèces de poissons dont les habitants locaux dépendent pour leur apport en protéines.

Dans leur esprit et désormais dans le nôtre, tout fonctionne à l’unisson comme Dieu l’avait prévu. Au début, il est difficile de voir le lien entre les frais de scolarité et la survie du petit-duc d’Irène (petit-duc de Sokoke), mais nous comprenons désormais que la prospérité humaine va de pair avec le bien-être du reste de la création.

Stanley Baya, Coordinator
Arabuko-Sokoke Schools and Ecotourism Scheme
PO Box 383
Watamu, 80202
Kenya

Cette histoire est également relatée dans Kingfisher’s Fire: A story of hope for God’s world, de Peter Harris.

A Rocha est une organisation internationale de conservation qui oeuvre pour manifester l’amour de Dieu pour l’ensemble de la création. A Rocha mène actuellement des projets de conservation dans 19 pays du monde.

Website: www.arocha.org

Site Internet : www.arocha.org