Mécanismes de prêt d’animaux : avis venant du monde entier

Ather Mudenda a reçu un boeuf de la part de BICC et il a pu en acheter un deuxième après deux ans d’exploitation agricole et d’épargne. Photo: BICC
Ather Mudenda a reçu un boeuf de la part de BICC et il a pu en acheter un deuxième après deux ans d’exploitation agricole et d’épargne. Photo: BICC

Comme vous pouvez le voir dans notre article présenté aux pages 8 et 9, faire fonctionner un mécanisme de prêt d’animaux peut être une expérience enrichissante, mais aussi exigeante. Donc, pour vous aider, Pas à Pas a demandé à cinq organismes à travers le monde de partager leur expérience avec nos lecteurs. Tous nos remerciements aux partenaires de Tearfund suivants :

  • Église de la fraternité chrétienne (BICC) (Zambie)
  • SERVE Afghanistan
  • Convention baptiste de Myanmar 
  • EAGLES (Malawi)
  • Service de développement de Livingstonia (Malawi)

Pourquoi avez-vous lancé un mécanisme de prêt d’animaux ?

« Beaucoup d’agriculteurs de la province sud de la Zambie (où l’église de la fraternité chrétienne travaille) se servent des bovins pour le trait, et aussi pour la viande et les produits laitiers. Malheureusement, au cours des années 1990, les troupeaux ont été fortement appauvris par la « maladie de couloir » (une forme de la fièvre de la côte est qui est transmise par les tiques). Cette grande perte de bétail signifiait qu’il faisait l’objet d’une forte demande ce qui, à son tour, menait à des prix du bétail inhabituellement élevés. Cela a rendu très difficile, voire impossible, pour les personnes démunies en milieu rural d’avoir du bétail, ce qui a déclenché notre aide dans cette zone de grand besoin. »

Église de la fraternité chrétienne, Zambie

 Qui avez-vous sélectionné pour recevoir des animaux et pourquoi ?

« Normalement, les bénéficiaires sont des familles démunies avec des enfants d’âge scolaire, des veuves et des foyers dirigés par des femmes. Nous avons aussi recherché ceux qui avaient de l’expérience et des ressources disponibles pour élever du bétail (temps, espace, etc.). Un Comité villageois pour le bétail, formé dès le début du programme, a choisi les bénéficiaires. »

Convention baptiste de Myanmar

« La communauté a choisi des personnes démunies qui sont infectées ou directement affectées par le VIH et le sida pour qu’elles reçoivent deux vaches à titre de prêt. »

Église de la fraternité chrétienne, Zambie

« Les bénéficiaires sont identifiés lors d’une réunion communautaire où chacun est bienvenu. Ils sont sélectionnés selon des critères qui identifient les foyers vulnérables (par exemple, ceux qui vivent avec le VIH/sida, les personnes âgées, les foyers dirigés par un enfant, etc.). »

EAGLES, Malawi

Quelle sorte de formation les gens ont-ils reçue ?

« Le projet ERCDP organise diverses sortes de formation pour les familles vulnérables et d’autres personnes de la communauté. Ces formations couvrent différents sujets concernant le bétail, comme la zootechnie générale, la façon de nourrir l’animal au cours de sa vie (par exemple, pendant la grossesse, la lactation, etc.), la santé vétérinaire (y compris l’importance des vaccinations saisonnières et des campagnes de vermifugation, etc.), le traitement du lait, ainsi que l’hygiène et l’assainissement. »

SERVE Afghanistan

« Les bénéficiaires sont formés sur la gestion des bovins avant de recevoir les animaux. Une formation élémentaire sur la gestion commerciale est dispensée pour aider les bénéficiaires à mener leurs activités agricoles de façon rentable. »

Église de la fraternité chrétienne, Zambie

« Une fois que les bénéficiaires sont sélectionnés, des personnes expérimentées leur fournissent une formation sur la stabulation, la façon de choisir un animal approprié, la prévention et le traitement des maladies, l’alimentation des animaux, la documentation et la commercialisation. »

Convention baptiste de Myanmar

Comment le mécanisme est-il administré ? Quels conseils pouvez-vous donner aux lecteurs ?

« Les remboursements peuvent être effectués en espèces ou sous toute autre forme de paiement qui peut être facilement échangée contre de l’argent et acceptée par la communauté. Cet argent est utilisé pour acheter plus de bœufs qui sont donnés à un nouveau groupe de bénéficiaires. Le remboursement est effectué avec un taux d’intérêt faible, fixé par le comité de gestion communautaire en concertation avec la communauté. Avec les vaches laitières, le remboursement est effectué en transmettant un veau par vache reçue. »

Église de la fraternité chrétienne, Zambie

SERVE Afghanistan a distribué 362 vaches à Shewa, en Afghanistan. Ensuite, les bénéficiaires ont transmis 516 veaux à de nouvelles familles. Photo: ERCDP
SERVE Afghanistan a distribué 362 vaches à Shewa, en Afghanistan. Ensuite, les bénéficiaires ont transmis 516 veaux à de nouvelles familles. Photo: ERCDP

« La Shura (comité villageois) nous aide à sélectionner les bénéficiaires. Ensuite, nous préparons des accords spécifiques avec les familles choisies, qui énoncent les responsabilités des trois parties impliquées dans le prêt, c’est-à-dire le projet, les familles recevables et les membres de la Shura qui agissent en qualité de garants. Quand la famille rend le petit demandé aux fins de redistribution, nous lui donnons un certificat de propriété qui montre que l’animal d’origine et ses futurs petits appartiennent à la famille. » SERVE Afghanistan

« Le comité villageois pour le bétail est la clé du succès du projet parce qu’il supervise et surveille le mécanisme afin d’éviter une mauvaise gestion et la survenance de maladies. » Convention baptiste de Myanmar

« Pour rendre le processus transparent, il est piloté par un comité spécial et par les chefs traditionnels. Tous les animaux sont donnés dans un espace ouvert où tout le monde est invité à être témoin de la remise des animaux. Tous les agriculteurs signent un accord en présence des chefs traditionnels et du comité pour le bétail. Parvenir à un accord sur une constitution qui sauvegarde le mécanisme a été d’une importance vitale. » Service du développement de Livingstonia, Malawi