Carte du conflit

Carte du conflit (PDF 138 KB)

Également appelée carte des relations ou cartographie des acteurs. Des cercles sont utilisés pour indiquer les principaux groupes impliqués dans le conflit, et les relations entre ces groupes sont représentées par des lignes. Comme pour la plupart des outils d’analyse des conflits, l’idéal est de réaliser cette carte en groupe, par exemple avec l’ensemble du personnel d’une organisation ou au sein d’un groupe communautaire.

Si vous travaillez au cœur d’un conflit, vous pouvez utiliser la carte pour répondre à des questions telles que :

  • Compte tenu de nos relations avec certains groupes, comment les autres groupes risquent-ils de nous percevoir ?
  • Devons-nous établir ou restaurer une relation avec certains des groupes sur cette carte ?
  • Sur cette carte, qui tire profit de notre travail ? Quelle en sera l’incidence sur le conflit et sur la façon dont les autres groupes nous perçoivent ?

Si vous travaillez sur un conflit, vous pouvez également utiliser la carte pour répondre aux questions suivantes :

  • Quelles sont les relations sur cette carte que nous pourrions restaurer, renforcer ou créer afin de réduire les
    conflits ?
  • Pouvons-nous traiter avec tous les groupes qui ont le plus d’influence sur le conflit ? 
  • Notre travail s’attaque-t-il aux causes profondes des ruptures de relations entre certains groupes sur cette carte ?

Étude de cas – Afghanistan

Pourquoi analyser les conflits ?

Tearfund travaille depuis de nombreuses années à Kandahar en Afghanistan. Nous œuvrons dans une zone d’installation informelle, sur un terrain du gouvernement, où des personnes déplacées originaires de l’ensemble du pays vivent sans autorisation officielle.

Un de nos projets visait à aider les communautés à réduire les risques de catastrophes qu’elles encourent. Nous avons commencé par leur demander d’identifier le risque principal. Au lieu de répondre « les inondations » ou « les sécheresses », la réponse fut « la police ». Les insurgés qui vivaient dans le voisinage combattaient les forces de l’ordre, mettant les autres habitants en danger.

Notre projet n’ayant pas pour objet de traiter les questions liées au conflit, nous leur avons demandé de choisir un risque naturel. Nous avons donc travaillé sur le projet d’approvisionnement en eau qu’ils souhaitaient, mais nous avons été surpris de voir certains représentants du gouvernement s’y opposer. Installer l’eau courante ne ferait que favoriser le caractère permanent du quartier informel. En réalité, la communauté cherchait encore à réduire les risques liés au conflit par le biais de notre projet d’approvisionnement en eau. Ce différend a retardé le projet de plusieurs années et mis en péril notre personnel et notre réputation. Nous avons appris que dans une zone de conflit, nous devions toujours poser la question suivante : « Comment les gens vont-ils essayer d’utiliser notre projet pour renforcer leur position dans le conflit ? ». Les gens peuvent utiliser notre travail de façon imprévisible ou inimaginable. Il est indispensable de comprendre la dynamique du conflit pour éviter ce genre d’erreur.