Photo : Marcus Perkins/Tearfund

De: La migration – Pas à Pas 78

Présente certains des aspects positifs et négatifs de la migration

 La population de Bolivie est constituée de nombreux groupes et cultures ethniques. Les inégalités sont courantes ; elles se traduisent par la pauvreté et très peu d’opportunités. Dans les régions rurales montagneuses, les activités agricoles souffrent de la météo imprévisible et des longues périodes de sécheresse. De nombreuses personnes migrent donc vers des villes comme Oruro et Potosí. Malheureusement, ces migrants trouvent rarement de bons emplois en raison de leur faible niveau d’éducation et de formation, qui les empêche de satisfaire aux critères exigés pour les travailleurs citadins.

Migration des régions rurales vers les régions urbaines

Des familles entières migrent des régions rurales vers la ville, pensant trouver une meilleure vie.

Les hommes cherchent un travail qui rapportera suffisamment pour que leur famille puisse survivre en ville, et acceptent n’importe quel travail qui corresponde à leurs capacités. Il peut s’agir de construction, de manutention des marchandises sur les marchés, de la vente et du nettoyage de voitures ou de travail minier.

Les femmes travaillent dans le commerce informel, vendant par exemple des produits de faible valeur dans la rue. Elles cherchent également à faire des ménages ou à laver des voitures. Bien souvent, lorsqu’elles n’arrivent pas à trouver du travail, elles se mettent à mendier dans les rues de la ville avec leurs enfants.

Ces derniers jouent également un rôle majeur dans l’économie de la famille, et leur contribution économique est estimée à 30 pour cent des revenus du foyer. Ils commencent à travailler assez jeunes, dans le même genre d’activités que leurs parents, ce qui signifie qu’ils arrêtent d’aller à l’école.

Les mines sont la principale source d’emploi dans les villes d’Oruro et de Potosí. De nombreuses compagnies minières ne se préoccupent pas de la sécurité des ouvriers. Le travail minier présente également un risque élevé pour la santé des familles de la ville.

Les familles qui ont migré des régions rurales vers la ville voient souvent leurs droits humains bafoués et subissent de mauvais traitements. Elles souffrent également lorsqu’elles réalisent qu’il leur est difficile de conserver leurs coutumes et leurs habitudes traditionnelles.

Ce sont les zones périurbaines qui comptent le plus grand nombre de migrants ruraux. Bien souvent, ces derniers ne bénéficient pas de couverture sociale ou d’aides pour élever leurs enfants et n’ont pas d’assainissement de base. Toutes ces déceptions peuvent engendrer certains problèmes comme la violence domestique et l’alcoolisme.

Travailler avec des enfants migrants

Viva Juntos por la Niñez (Réseau Viva pour les enfants) est un programme de réponse à la pauvreté à Oruro et à Potosí. Avec le soutien de Tearfund à Potosí, et de Toybox à Oruro, deux projets ont été développés, axés sur la prise en charge des enfants et des adolescents en situation de risque et la protection des enfants des risques potentiels. Il peut s’agir des :

À Oruro, l’objectif de Proyecto Encuentro Temprano (Projet de rencontre précoce) est de réduire le nombre d’enfants qui vivent dans la rue, y compris ceux qui ont migré des régions rurales. Dans le cadre de ce projet, des centres de prévention sont créés dans les églises locales situées dans les zones les plus nécessiteuses. Ils identifient les enfants nécessiteux et travaillent auprès d’eux avant qu’ils soient considérés à risque.

L’objectif du projet de Red de Desarrollo Integral Familiar (Réseau de développement holistique des familles) à Potosí est de travailler avec les enfants qui vivent en périphérie de la ville. Le projet leur fournit des moyens de développer pleinement leurs savoir-faire, et offre une formation et une éducation aux familles à travers les centres de soutien.

Les deux projets travaillent par le biais des églises locales. Ces églises ouvrent leurs portes pour servir ces personnes de manière holistique. Des centres de soutien et des centres de prévention ont été créés et sont gérés par les églises locales dans les zones stratégiques de ces villes. Il s’agit des quartiers où les enfants sont le plus vulnérables. Dans les deux villes, près de 1 000 enfants bénéficient de ce programme.

Les enfants se rendent dans les églises trois fois par semaine. Ils reçoivent une formation, une éducation et du soutien dans différents domaines :

Un travail est également entrepris auprès des familles des enfants. Par exemple, des écoles sont en train d’être créées pour les parents. Dans chaque église, des pasteurs spécialement formés travaillent auprès des familles. Ce travail renforce la structure de la famille afin que celle-ci reste unie.

Travailler ensemble

Le programme Viva Juntos por la Niñez œuvre avec les églises et les autorités locales. Nous croyons qu’en travaillant ensemble, les familles, les organisations, les églises et les autorités peuvent réduire le nombre d’enfants livrés à la rue et les risques auxquels les enfants migrants sont exposés.

Nous encourageons le travail en réseau entre les églises afin qu’elles puissent se parler à propos des activités qu’elles entreprennent pour s’attaquer aux problèmes des enfants et de leurs familles.

Viva Juntos por la Niñez considère la famille et l’église comme des piliers fondamentaux qui permettent aux enfants et aux adolescents d’accomplir le plan parfait de Dieu pour leur vie. Les églises peuvent atteindre les enfants et les familles, dont les rêves d’une vie meilleure ont été brisés, avec un message de transformation et d’espoir, et être une voix efficace de promotion de la justice pour les enfants en danger.

Inés Caballero est la consultante du Réseau Viva pour la région des Andes – Amérique latine.

Email : icaballero@redviva.org

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