De: Hygiène et assainissement – Pas à Pas 97

Comment susciter un changement de comportement, l’importance du lavage des mains et la confection du savon

Lorsqu’Anita Narre a quitté la maison de sa belle-famille parce qu’il n’y avait pas de toilettes, les habitants du village de Zitudhana ont été choqués. La défécation à l’air libre était une pratique courante, même chez les rares diplômés du village et ceux qui possédaient de grandes maisons et des tracteurs. La décision de la jeune mariée a donc fait du bruit dans la communauté.

Mais Anita n’avait nullement l’intention de changer d’avis. Si son mari Shivram voulait qu’elle revienne, il allait devoir lui construire des toilettes. « Je n’ai pas fait cela pour me faire remarquer. J’ai uniquement fait ce qui me tenait à cœur », explique-t-elle. La jeune femme de 24 ans est revenue huit jours plus tard, après que Shivram lui a construit des toilettes dans leur maison, avec l’aide du gram panchayat (autorités autonomes du village).

La détermination peu commune d’Anita a entraîné de grands changements en matière d’assainissement dans la région, accomplissant ce que des années de campagnes gouvernementales n’avaient pas réussi à faire, car d’autres femmes ont suivi son exemple et exigé des toilettes dans leur maison. Si quelqu’un d’autre n’avait pas donné l’exemple, les femmes disent qu’elles n’auraient jamais osé taper du poing sur la table, malgré l’inconfort de ne pas avoir d’autre choix que de devoir se soulager dans la semi-obscurité, juste avant l’aube ou en début de soirée.

Les signes de changement sont évidents dans le village. Aujourd’hui, la plupart des habitations de Zitudhana ont des toilettes ou sont en train d’en construire. Les gens ont appris à plaisanter au sujet de leurs habitudes aux toilettes et de la claustrophobie des aînés dans ces nouvelles cabines, car ils avaient l’habitude de faire leurs besoins en plein air. « Auparavant, nous avions essayé de persuader les villageois, mais ils s’y intéressaient rarement. Aujourd’hui, tout le monde veut des toilettes », dit Lalita Narre, la sarpanch du village (en tant que sarpanch, elle est le chef élu du gram panchayat du village).

Anita a vécu la majeure partie de sa jeune vie dans une ville située à 15 kilomètres du village de son mari. Les deux endroits ne sont pas très différents, mais il y avait des toilettes dans la maison de son père. Celui-ci a soutenu sa fille lorsqu’elle est rentrée deux jours après son mariage. « Ma fille n’a rien fait de mal », dit-il. Il n’avait pas peur des critiques des gens, car il était au courant du projet de construction de latrines du gouvernement et il était convaincu que son gendre répondrait à cette demande. « Je savais que Shivram était honnête et travailleur », explique-t-il.

Shivram a demandé une aide financière au gram panchayat. « Nous étions plus inquiets que Shivram se sente anéanti lorsque les gens apprendraient que son épouse l’avait quitté, parce qu’il n’avait pas d’argent pour répondre à sa demande », explique Manohar, le mari de la sarpanch.

Le panchayat est intervenu car ils avaient de la compassion pour Shivram, qui avait été élevé par sa mère veuve, une journalière. Puis, quelques mois plus tard, tous les adultes votant pour le panchayat ont décidé d’octroyer à Anita un petit prix en espèces pour avoir mobilisé les consciences sur cette question importante. Elle avait porté la question de l’assainissement à l’attention de tous pour la première fois, de manière plutôt théâtrale. Depuis lors, elle est devenue ambassadrice des campagnes d’assainissement au niveau du district.

Article adapté de « Cleaning Agent » par Milind Ghatwai, publié le 26 février 2012 dans le magazine Endeavour © The Indian Express Ltd. Tous droits réservés. Remarque : il ne s’agit pas d’Anita Narre sur la photographie.


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