Loger les poules de village

Loger les poules de village (PDF 289 KB)

Mwaka Chibinga 

Rentrer les poules de village la nuit les protégera de la pluie et du froid, des prédateurs et du vol. En outre, il est plus facile d’attraper des poules logées pour les examiner afin de déceler des signes de maladie ou des blessures, ou pour les vacciner contre les maladies. 

Types de poulaillers 

Les oiseaux adultes sont souvent logés dans des poulaillers surélevés pour la nuit. Les poulaillers au sol conviennent aux poules avec de jeunes poussins qui ne peuvent accéder à un poulailler surélevé. Il peut être nécessaire de creuser un petit fossé autour de ce genre de poulailler ou de surélever le sol, de sorte qu’il reste au sec pendant la saison des pluies. Un poulailler d’environ 4 m de long, 1 m de large et 1,5 m de haut peut contenir 8 à 10 oiseaux adultes s’ils restent à l’intérieur toute la journée, ou environ 20 oiseaux s’ils n’y vont que la nuit. Le poulailler peut être complètement recouvert de lattes en bois ou partiellement ouvert avec une partie grillagée ou en bambou tressé. 

Construction d’un poulailler 

Un poulailler peut être construit à moindre frais avec des matériaux locaux comme des branches d’arbre et d’arbuste ou des roseaux et du chaume. La taille du poulailler dépendra du nombre d’oiseaux que possède l’éleveur (ou qu’il prévoit d’avoir) et s’ils n’y passeront que la nuit ou de plus longues périodes. Si le nombre de poules est trop important, elles risquent de commencer à se picorer, ce qui peut causer des blessures et des maladies. 

Quelques règles simples pour la construction d’un poulailler : 

  • Dégagez l’herbe et les buissons sur environ 3 m de tous les côtés de l’emplacement choisi pour maintenir les prédateurs comme les serpents et les rats éloignés des poules. 
  • Retirez toujours l’écorce du bois de construction utilisé pour construire le poulailler afin que les nuisibles et les parasites comme les tiques et les acariens ne puissent pas s’y cacher. 
  • Le poulailler doit protéger les poules de la pluie et du vent, tout en étant suffisamment ventilé pour que les poules aient de l’air frais et propre. 
  • L’ouverture doit être suffisamment large pour que l’intérieur puisse être facilement nettoyé. 
  • Étant donné que chez les poules bon nombre de maladies infectieuses sont transmises par les fientes, des ouvertures doivent être aménagées dans le sol du poulailler pour évacuer les fientes. L’espacement entre les lattes de bois doit tenir compte de l’âge et de la taille des poules, de sorte qu’elles aient suffisamment d’appui au sol et que les fientes puissent passer à travers. Un grillage métallique peut également être utilisé, avec des perchoirs attachés. 
  • Si le poulailler est surélevé sur des poteaux pour le protéger des prédateurs, il doit être placé à au moins 1 m au-dessus du sol, mais à une hauteur permettant à l’éleveur d’accéder à l’intérieur. 
  • Des boîtes de conserve ou des cônes en métal enfilés à l’envers sur les poteaux du poulailler permettront d’empêcher les rats et les serpents d’y pénétrer. 

Un poulailler surélevé réalisé à partir de matériaux locaux. Illustration: Agromisa Foundation and CTA

Un poulailler surélevé réalisé à partir de matériaux locaux

Un simple poulailler mobile. Illustration: Agromisa Foundation and CTA

Un simple poulailler mobile

Le déplacement systématique et régulier des poulaillers et des parcours aide à prévenir les infections parasitaires et permet à la végétation de repousser après le picotage et le grattage. Le poulailler que l’on voit ci-contre est doté d’un plancher en grillage et convient aux poules avec de jeunes poussins. Illustration: Agromisa Foundation and CTA

Le déplacement systématique et régulier des poulaillers et des parcours aide à prévenir les infections parasitaires et permet à la végétation de repousser après le picotage et le grattage. Le poulailler que l’on voit ci-dessus est doté d’un plancher en grillage et convient aux poules avec de jeunes poussins.

Construction d’un poulailler. Illustration : Fondation Agromisa et CTA

Tenez les rongeurs et les serpents à distance en plaçant des cônes métalliques ou des boîtes de conserve à l’envers. Veillez à ce que les cônes soient fermement fixés pour tenir à distance les tout petits rongeurs.

Perchoirs 

L’installation de perchoirs permettra de réduire le contact entre les oiseaux et leurs fientes, contribuant ainsi à prévenir les maladies. Les perchoirs peuvent être faits de bambou ou de branches d’arbre droites (retirez au préalable les écorces, voir « Construction d’un poulailler » ci-dessous). Leur diamètre doit être d’environ 3 cm. Une poule adulte a besoin d’environ 20 cm de perchoir. S’il faut plus d’un perchoir, ils devront être séparés d’environ 50 cm et être fixés au même niveau. S’ils sont placés à des niveaux différents, les poules se battront pour atteindre le perchoir le plus haut lorsqu’elles rentreront se percher le soir, ce qui provoquera un stress inutile. 

Espacement des perchoirs. Illustration: Amy Levene


Nids 

Le fait de placer des nids propres dans des endroits sûrs vous permettra de récupérer davantage d’œufs. En outre, une poule couvera plus de poussins si son nid est propre, sec et placé en lieu sûr. 

Conseils pour les nids : 

  • Prévoyez suffisamment de nids : dans l’idéal, un nid par poule, mais pas moins d’un nid pour cinq poules. 
  • Garnissez les nids avec des matériaux de nidification propres et secs, comme des feuilles, de la paille, des morceaux de vieux tissu ou même du sable pour garder les œufs au chaud et réduire le risque de casse ou de contamination. 
  • Les œufs destinés à être couvés ne doivent pas tous être retirés de l’endroit où la poule les a pondus, sinon elle risque de les abandonner. Laissez au moins deux œufs dans le nid. 
  • Les nids doivent être placés dans des endroits sûrs, à l’abri de la pluie et du vent, et hors de portée des prédateurs. Les poules préfèrent les nids surélevés.
  • Les nids doivent être installés de manière à empêcher les œufs de se refroidir par en-dessous ou de tomber. 
  • Les nids doivent être régulièrement nettoyés. 
  • Les nids qui sont utilisés longtemps doivent être fumigés tous les six mois (avec de la fumée).
  • En cas d’épidémie grave ou d’infestation importante par des parasites externes comme des poux, les nids doivent être brûlés et remplacés par de nouveaux matériaux. 

Nests. Illustration: Amy Levene

Hygiène du poulailler  

Nettoyer le poulailler permet d’éviter les maladies ou de les maîtriser, notamment les parasites externes comme les puces et les acariens. Les procédures suivantes doivent être adoptées : 

  • Répandez de la cendre de bois ou de la chaux au sol et sur les murs pour repousser les parasites externes et faciliter l’enlèvement du fumier lors du nettoyage. 
  • Retirez les fientes et la litière à l’intérieur et en dessous du poulailler au moins une fois par semaine et, si le poulailler est mobile, déplacez-le vers un endroit propre. 
  • Étalez le fumier de poule pour qu’il sèche rapidement ; cela favorisera la destruction des agents infectieux et des œufs de vers parasites présents dans le fumier. Les mouches ne poseront pas problème si le fumier est conservé au sec. Compostez-le pendant au moins trois semaines puis épandez-le sur les jardins, en le mélangeant à la terre pour réduire les risques de maladie et de concentration des parasites, et pour empêcher les mouches de s’y reproduire. Le fumier fertilisera le sol, ce qui favorisera la croissance des plantes. 
  • Fumigez le poulailler tous les six mois avec de la fumée (par exemple en allumant un feu sous les poulaillers surélevés ou en plaçant les tout petits poulaillers, paniers ou cages au-dessus d’un feu de cuisine) pour neutraliser les parasites externes. 
  • Videz tout poulailler ayant logé des oiseaux malades. Nettoyez-le ou mieux, brûlez-le et construisez-en un neuf. 

Mwaka Chibinga est Responsable de projet pour le projet avicole de la Brethren in Christ Church, Zambie. Cet article a été compilé par Helen Gaw d’après le manuel qu’il a produit, Practical Village Chicken Production [Guide pratique de la production de poules de village]. Si vous souhaitez un exemplaire de ce manuel (en anglais), veuillez écrire à publications@tearfund.org. Les illustrations ont été reproduites ou inspirées de la revue Agrodok L’élevage des poules à petite échelle (voir Ressources, page 13). 

Ressources utilisées dans Practical Village Chicken Production : Improving village chicken production [Améliorer la production de poules de village], ACIAR, 2009 (téléchargement gratuit sur aciar.gov.au/publication/mn139) ; L’élevage des poules à petite échelle et Élevage de la Volaille Villageoise (voir Ressources, page 13) ; Improving the Performance of Local Chickens, National Agricultural Extension and Research Liaison Services [Améliorer la performance des poules de village, Service national de liaison pour la recherche et la vulgarisation agricoles], Université Ahmadu Bello,
Zaria : Extension Bulletin No.92 Poultry series No 6 ;
Commercial Production of Village Chicken [Production commerciale de poules de village] (2004) de Martha Musukwa, Université de Zambie.