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Le problème du plastique

Le problème des déchets plastiques est aujourd’hui l’un des plus gros défis environnementaux

2019 Disponible en Français, Anglais, Portugais et Espagnol

Les déchets plastiques peuvent provoquer des maladies chez les animaux, comme ce buffle. Photo : Liaqat Gill/Pak Mission Society

Les déchets plastiques peuvent provoquer des maladies chez les animaux, comme ce buffle. Photo : Liaqat Gill/Pak Mission Society

Un homme se tient dans une rue poussiéreuse du Pakistan ; il porte un turban et un gilet jaune.

De : Les déchets – Pas à Pas 107

Conseils pratiques et histoires inspirantes sur la gestion des déchets dans nos communautés

Le plastique est un matériau épatant. Il est bon marché, hygiénique, durable et pratique. Il contribue à créer la vie moderne que nous connaissons. Par exemple, il a transformé les soins de santé, en nous fournissant toutes sortes de choses, des seringues aux prothèses auditives.

Pourtant, le plastique est également devenu l’un des plus grands défis environnementaux que nous ayons aujourd’hui à relever. Les emballages plastiques représentent près de la moitié de la totalité des déchets produits dans le monde. L’essentiel de ces déchets sont des emballages à usage unique, comme les sacs plastiques et les emballages en polystyrène. Ils sont conçus pour être utilisés une seule fois avant d’être jetés.

les déchets plastiques 

Les déchets plastiques ne font pas que détériorer la beauté de notre environnement : lorsqu’ils ne sont pas éliminés convenablement, ils obstruent les canalisations et encombrent les fleuves, provoquant des inondations et favorisant les maladies. Ils sont souvent avalés par les animaux, causant des maladies graves ou mortelles. Quand on les brûle, les plastiques libèrent des produits chimiques toxiques dans l’air et les sols. 

Une grande partie de nos déchets plastiques sont entraînés dans l’océan, où ils étouffent ou empoisonnent les animaux marins. D’après une estimation, d’ici à 2050 il y aura (en poids) plus de plastique dans les océans que de poissons. 

Contrairement aux matériaux naturels, le plastique ne se décompose pas. Au bout de nombreuses années, il se fragmente en minuscules micro-plastiques, des particules de plastiques de moins de 5 mm. Lorsque les animaux marins et les autres animaux les ingèrent, les micro-plastiques peuvent finir dans la chaîne alimentaire humaine. Bien que nous n’ayons pas encore suffisamment de données à ce sujet, il se pourrait que cela soit nocif pour la santé des êtres humains.

que peut-on faire ?

Bien que le recyclage soit un pas dans la bonne direction, cela ne suffit pas à résoudre le problème du plastique. Lorsque le plastique est recyclé, sa qualité diminue. Il ne peut être recyclé qu’un certain nombre de fois avant de ne plus pouvoir être utilisé. Il est donc préférable d’utiliser le moins de plastique possible et de réutiliser les objets en plastique dont nous disposons déjà. 

Jusqu’ici, plus de 60 pays ont adopté une réglementation restreignant l’usage du plastique à usage unique. Certains pays ont prévu une interdiction ou une redevance (taxe ou surtaxe) sur les plastiques à usage unique. Parfois ces produits sont facturés aux fournisseurs, aux détaillants ou aux clients. 

Dans la moitié des pays qui ont adopté une réglementation, il n’y a pas encore suffisamment de données probantes pour connaître l’impact de ces mesures. Dans 20 pour cent des pays, ces politiques ont eu peu d’effet, voire aucun. Mais 30 pour cent des pays ont enregistré une baisse considérable de la pollution plastique et de l’utilisation des sacs plastiques. 

Dans les pays où les interdictions et les prélèvements n’ont pas eu beaucoup d’impact, les deux problèmes majeurs étaient :

  • l’absence de mécanismes de mise en œuvre adaptés 
  • l’absence d’alternatives appropriées.

Cela a parfois incité les gens à importer illégalement des sacs plastiques dans le pays. 

Le programme des Nations Unies pour l’environnement donne les conseils suivants aux décideurs politiques qui souhaitent réduire l’utilisation des plastiques à usage unique. Pourriez-vous vous en inspirer pour plaider auprès de votre gouvernement afin qu’il prenne des mesures concernant l’utilisation du plastique ?

  • Évaluez les pratiques et les tendances, p. ex. les plastiques à usage unique les plus courants dans votre pays. 
  • Examinez les solutions envisageables. 
  • Organisez des discussions avec les groupes qui seraient les plus concernés par une nouvelle politique sur les plastiques. 
  • Sensibilisez la population à la nouvelle politique. 
  • Aidez les gens à trouver des solutions alternatives et écologiques peu coûteuses. 
  • Mettez en place des mesures incitatives pour ceux qui résistent à la nouvelle politique. 
  • Utilisez de manière avisée les fonds générés par les redevances, p. ex. pour améliorer les installations de recyclage. 
  • Veillez à ce que la nouvelle politique soit appliquée. 
  • Surveillez la mise en œuvre de la politique et si nécessaire, adaptez-la.

Pour plus d’informations sur les plastiques à usage unique, consultez le livret du Programme des Nations Unies pour l’environnement intitulé Single-use plastics: a roadmap for sustainability (en anglais). En ligne sur www.unenvironment.org/resources/report/single-use-plastics-roadmap-sustainability


le rwanda renonce aux sacs plastiques

Emmanuel Murangira

En 2008, le Rwanda a interdit l’utilisation des sacs plastiques non biodégradables. Sur le moment, cela a fait réagir de nombreuses personnes : « Est-ce vraiment nécessaire ? Le Rwanda a sûrement des sujets de préoccupation plus importants ? »

La route qui relie Kigali à la Province de l’est du Rwanda. Kigali est aujourd’hui considérée par beaucoup comme étant la ville la plus propre d’Afrique. Photo : Eleanor Bentall/Tearfund

La route qui relie Kigali à la Province de l’est du Rwanda. Kigali est aujourd’hui considérée par beaucoup comme étant la ville la plus propre d’Afrique. Photo : Eleanor Bentall/Tearfund

Pourtant, depuis plusieurs années déjà, les agriculteurs perdaient leur bétail à un rythme alarmant à cause de l’ingestion de sacs plastiques. Les fleuves, les ruisseaux et les canalisations étaient remplis de sacs plastiques. Même les champs des agriculteurs étaient asphyxiés par ces sacs.

J’ai personnellement été confronté aux dangers que représentent les sacs plastiques en 2006. À cette époque-là, ma mère possédait six vaches laitières. Une des vaches a commencé à perdre du poids et elle est tombée malade. Ma mère a appelé le vétérinaire, mais l’état de la vache a empiré. En quatre semaines, quatre vaches sont mortes. Lorsque le vétérinaire a effectué une autopsie, il s’est avéré qu’elles avaient toutes ingéré des sacs plastiques. 

Malheureusement, ce n’était pas un incident isolé. Les sacs plastiques étaient en train d’affecter l’économie locale de l’ensemble du Rwanda. Les gens ont demandé au gouvernement d’intervenir. Des discussions ont eu lieu à tous les niveaux, qu’il s’agisse de réunions communautaires ou de débats parlementaires. Suite à cela, une loi a été votée, interdisant les sacs plastiques. 

Mais le pays devait d’abord se débarrasser à tout prix des sacs qui jonchaient déjà les sols. Des journées spéciales de nettoyage ont été organisées, et les résultats ont été choquants. Dans pratiquement tous les villages, des montagnes de sacs plastiques sont apparues. Les brûler aurait provoqué une énorme pollution atmosphérique, mais il n’y avait pas de moyens en place pour les éliminer. Il fallait trouver une solution au niveau gouvernemental. 

Le gouvernement a investi dans une usine de recyclage du plastique grâce à des mesures incitatives auprès du secteur privé. Les montagnes de sacs plastiques ont commencé à disparaître des villages, transportées vers la nouvelle usine. Rapidement, d’autres types de déchets plastiques ont suivi. 

Aujourd’hui, on ne trouve quasiment plus aucun sac plastique dans le pays. Après la campagne de nettoyage, le gouvernement a commencé à faire respecter leur interdiction dans tout le Rwanda, y compris aux frontières. Les sacs en plastique ont été confisqués, et les utilisateurs et les vendeurs ont été contraints à payer de lourdes amendes. L’État a mis en place des mesures pour inciter les entreprises à trouver des solutions alternatives. 

L’interdiction a eu des retombées bien plus importantes que la simple élimination des sacs plastiques : elle a suscité chez les Rwandais un sens des responsabilités à l’égard de l’environnement.

Emmanuel Murangira est le représentant de Tearfund au Rwanda.

E-mail: [email protected]  


étude de cas : s’opposer à l’utilisation du plastique

En mars 2015, le gouvernement du Malawi a interdit la production, la vente et l’utilisation des sacs plastiques à usage unique. L’application de l’interdiction n’a toutefois pas été facile. Les fabricants de sacs plastiques ont fait appel de cette décision et obtenu une injonction du tribunal suspendant l’interdiction. Dans l’attente que leur appel soit entendu, ils ont continué à produire et à vendre des sacs. Cela a duré plus de trois ans. 

En 2018, Tearfund au Malawi et plusieurs organisations partenaires ont créé un nouveau réseau de protection de l’environnement. Le Malawi Creation Care Network a fait pression sur la cour suprême pour qu’elle se prononce sur l’appel des fabricants de sacs plastiques. 

Le réseau a mobilisé des responsables d’Églises et d’ONG, et s’est associé à d’autres réseaux d’activistes locaux. Cette mobilisation a donné lieu à une marche dans toute la ville de Blantyre le 5 juin 2018, lors de la Journée mondiale de l’environnement. Toutes sortes de groupes et de personnes ont participé à la marche : des ONG, des politiciens, des responsables d’Église, des étudiants universitaires, des clubs scolaires de protection de la faune, et la population générale. Dix jours plus tard, une autre marche de bien plus grande envergure a été planifiée pour se rendre au tribunal. 

Heureusement, avant que la deuxième marche n’ait lieu, la cour a statué, en maintenant l’interdiction. Bien que depuis, les fabricants de matières plastiques aient obtenu une autre injonction à l’encontre de l’interdiction, la question est en train d’être examinée par le Parlement, et notamment par son président, lui-même défenseur de la cause. Le Creation Care Network et d’autres activistes continuent à plaider avec insistance pour que l’interdiction soit maintenue.

Hannington Muyenje, membre de l’équipe mondiale chargée du plaidoyer de Tearfund. 

E-mail: [email protected] 

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