De : Quand frappe la catastrophe – Pas à Pas 18

Comment les Églises et les communautés peuvent se préparer aux catastrophes, incluant une section sur les bases du secourisme

par Jun Vencer.

Chaque catastrophe cause de grandes tragédies personnelles et d’énormes souffrances humaines. Comment l’Eglise peut-elle répondre à ces besoins? Toute église devrait porter secours à ceux qui souffrent – par n’importe quel moyen. Dans les Actes des Apôtres, l’église d’Antioche à ses débuts fournit un bon modèle à suivre: quand la famine sévissait en Judée chaque croyant à Antioche …chacun selon sa capacité, décida d’offrir son aide à ses frères de Judée.

Dans certains pays, les Eglises sont les mieux placées pour apporter un secours efficace en cas de catastrophe: il se peut qu’elles soient sur place et capables ainsi d’agir immédiatement dans les zones affectées. Leurs dirigeants sont généralement dignes de confiance et capables d’identifier les plus nécessiteux de leur communauté. Après les opérations de secours, les églises fournissent un appui permanent pour le suivi: les organisations d’aide humanitaire agissent puis disparaissent mais les églises locales restent.

Ce que font les églises dans une situation d’urgence peut être un témoignage puissant pour les populations environnantes. Quand l’évangile est mis en pratique dans l’organisation des secours, nombreux sont ceux qui se tourneront vers la foi chrétienne. Cependant les groupes de chrétiens doivent faire preuve d’une grande sensibilité dans cette situation car il est très facile d’encourager ainsi ceux que l’on pourrait appeler «les chrétiens de riz», ceux qui pensent que, s’ils s’affirment chrétiens, ils recevront plus d’aide et plus de nourriture. On ne devrait pas prêcher l’Evangile à un auditoire captif lorsqu’il fait, par exemple, la queue pour obtenir de l’aide dans un hôpital de mission ou attend une aide alimentaire. Dieu désire des disciples qui viennent à lui volontairement.

L’église est socialement responsable de l’aide aux gens nécessiteux au nom de Jésus Christ. Dans des situations d’urgence, les actions des chrétiens crient souvent plus fort que tout ce qu’ils peuvent dire.

Trois études de cas…

En Arménie, des paquets de secours furent distribués à des populations déplacées et regroupées dans des foyers, sans évangélisation apparente, ni distribution de littérature. Cette approche aida les gens à préserver leur dignité, d’autant plus que tous ne partageaient pas les mêmes croyances.

En Bosnie, on fournit de la nourriture et autre aide humanitaire à la communauté qui en organise ensuite la distribution. Ces communautés peuvent être laïques, catholiques ou musulmanes. Cependant, littérature chrétienne et notes bibliques quotidiennes sont imprimées par cette organisation et sont disponibles chez les responsables des groupes communautaires. Bien que les distributions d’aide humanitaire et de littérature soit tout à fait distinctes, elles vont ensemble et représentent deux aspects de l’aide apportée à la personne: aussi bien physique (aide pratique) que morale (aide spirituelle).

Au Zimbabwe un groupe prêcha et chanta des chansons chrétiennes aux gens avant de leur distribuer de la nourriture, créant ainsi une sorte d’atmosphère de fête parmi les gens sympathisants des croyances chrétiennes.

Reconstruire à partir de rien

La guerre en Sierra Leone en 1992 a détruit beaucoup de vies humaines et de biens matériels. Mais au cours de ces événements, Dieu nous enseigne beaucoup de choses par les défis que nous devons relever. J’avais des machines pour travailler la terre: toutes ont été détruites et Jésus me défie: «Dépendais tu de ces machines, de cet équipement et les vénérais-tu, eux, plutôt que moi?»

A la suite de ces événements traumatisants, je me suis profondément attaché aux gens – et ils se rendent compte que mon intérêt pour eux est réel, puisque je suis resté à leurs cotés pendant les temps difficiles. C’est pourquoi, ils désirent ardemment travailler avec moi et c’est un stimulant constant pour moi: je veux continuer à vivre et à travailler avec eux, que mon employeur me paie ou non.

Les gens relèvent le défi pour travailler plus dur maintenant qu’ils dépendent uniquement de leurs propres efforts pour se nourrir. Ils sont aussi stimulés à accepter des idées nouvelles: la guerre a détruit tellement de choses qu’ils sont prêts à repartir à zéro. Je crois sincèrement que Dieu me met au défi de lui obéir et de recommencer à cultiver la terre, mais cette fois comme le font les agriculteurs locaux. Peut-être serons-nous remodelés tous ensemble à partir de rien.

Rev Musa Jambawai, Conseiller, RURCON, Sierra Leone

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