De: Phare sur les soins de sante – Pas à Pas 42

Aider les gens à prendre les bonnes décisions concernant leurs propres besoins de santé

de Neil McDonald

DENTAIRE signifie «relatif aux dents»

BUCCAL signifie «relatif à la bouche»

Le Népal est un des dix pays les plus pauvres du monde, avec un budget public annuel de santé s’élevant à seulement 6 $ par personne. Ce budget est englouti par le traitement des maladies infectieuses des voies respiratoires et des intestins. Les dents sont totalement oubliées…

Nos recherches montrent que l’urbanisation rapide dans la plupart des pays du tiers-monde aboutit à une prolifération de caries dentaires dues aux vivres telles que les biscuits et les boissons gazeuses que l’on trouve facilement.

Dans les pays industrialisés, on va traditionnellement «chez le dentiste» quand quelque chose ne va pas. Au Népal, il y a 100 dentistes pour 24 millions d’habitants et 92 d’entre eux vivent à Katmandou, la capitale du pays comptant un million d’habitants. Ce qui laisse huit dentistes pour les autres 23 millions de népalais… Si l’on a vraiment mal aux dents, quelle chance a-t-on donc de trouver un dentiste en dehors de la capitale?

Le programme «OHP» (de santé buccale) de United Mission to Nepal a mis au point une approche unique pour s’attaquer aux besoins de santé buccale du Népal. Il s’organise en trois phases: recherche, prévention et soins.

Recherche
(Recherche, réseau d’informations et publications pour encourager les changements de politique)

Prévention
(Soins dentaires préventifs)

Les soins dentaires
(Soins curatifs)

A mesure que les efforts de recherche et de prévention commencent à porter fruit, les soins devraient idéalement n’être qu’un filet de sécurité et non pas le secteur essentiel. En réalité, il s’agit d’une stratégie à long terme ayant pour but d’aider les gens à prendre en charge leur santé buccale. Nous insistons surtout sur la prévention de toutes les maladies buccales.

Depuis trois ans, Neil McDonald est le Directeur du Programme «Oral Health» (OHP) de United Mission to Nepal. Ce programme a l’appui du Tearfund. Neil a aussi travaillé comme dentiste pendant plusieurs années au Kenya et au Royaume-Uni. Son adresse est: c/o UMN, PO Box 126, Katmandou, Népal.

Fax: +977 1 225559 E-mail: OHP@umn.mos.com.np

Commentaires reçus durant les cours de formation

«Je veux soigner mes patients et leur donner le meilleur de ce que je possède. Cette formation m’a montré que quelqu’un se préoccupe aussi de moi. Merci!»

«Les gens dont je m’occupe exigent quotidiennement beaucoup de moi. Je ne suis pas médecin, je suis seulement paramédical rural. Je me sens mieux car je peux les aider en ayant maintenant de nouvelles connaissances et savoir-faire dentaires».

«Est-ce que je peux revenir dans six mois pour un recyclage?»

«J’ai maintenant l’intention d’organiser tous les mardis matins des séances dentaires à mon poste de santé rural.»

Tek et Leena

Plumes ou forceps?

Tek Chhetri est un jeune homme de 23 ans du Népal occidental. Il gagne sa vie comme instituteur mais son poste est à deux heures de marche de son village près de Tansen. Ses parents sont âgés, et dépendent de lui financièrement; son salaire mensuel de 45 $ n’est par conséquent pas suffisant. Tek aimerait épouser une fille du village, mais il n’en a pas les moyens. Il essaie donc d’améliorer sa situation en étudiant au collège local pour obtenir une licence; il s’y rend chaque matin avant d’aller au travail. Cette dure situation financière et sa vie laborieuse le rendent souvent malade.

Depuis plusieurs semaines il a très mal à une molaire et, un matin, il se réveille le visage tellement enflé que son oeil droit et sa bouche ne peuvent s’entrouvrir que difficilement. Dans sa douleur, il cherche l’avis d’un guérisseur local qui lui demande de lui apporter douze poulets bien gras. Tek emprunte donc l’argent équivalent à un demi-mois de salaire (plus l’intérêt élevé…) et achète les poulets. Après que les poulets soient sacrifiés, le guérisseur place un trombone (servant normalement à attacher plusieurs feuilles de papier) sur le lobe de son oreille et lui dit que tout ira bien maintenant…

Le lendemain, Tek est dans un état pitoyable et a une fièvre terrible. Il peut à peine marcher. Une personne du village lui suggère une visite au poste de santé public situé à une heure de là, dans la vallée voisine. La nouvelle était arrivée qu’un paramédical qui avait reçu une formation dentaire grâce au programme OHP de l’UMN y dispensait des soins. Un ami aide Tek à s’y rendre et le paramédical arrache rapidement et gratuitement la dent abîmée. Une semaine après, à sa deuxième visite de contrôle, Tek retrouve le sourire. «La prochaine fois que vous aurez un problème, apportez-moi vos poulets!» lui dit le paramédical.

Bons conseils au bon moment

Leena Khadka est une jolie fille de 19 ans. Sa mère est morte quand elle avait 10 ans et son père a quitté la maison. Leena a été élevée par d’autres membres de la famille mais pour se réconforter elle a commencé à mastiquer du pan qui est un stimulant. Plusieurs années ont passé et elle a commencé à avoir mal chaque fois qu’elle ouvrait la bouche et à ne plus pouvoir l’ouvrir autant qu’avant. Elle ne pouvait plus manger les plats épicés qu’elle aimait et elle fuyait ses amis car elle ne pouvait plus sourire sans souffrir.

Leena pensait qu’elle avait le cancer de la bouche et avait tellement peur qu’elle n’a pas cherché d’aide avant ses 17 ans. Le paramédical travaillant au poste de santé public avait récemment reçu une formation dentaire grâce au programme OHP de l’UMN. Il a remarqué de petites grosseurs dans les joues de Leena. Celles-ci étaient le résultat de l’absorption de pan. Il a conseillé à Leena d’arrêter de mastiquer cette substance et elle l’a fait avec grande difficulté. Il lui a expliqué aussi qu’un cancer de la bouche pouvait se développer à partir de sa condition présente, mais si elle s’arrêtait maintenant le risque serait bien moindre.

Leena a voulu être aidée davantage et le paramédical l’a envoyée à l’hôpital UMN où un dentiste lui a parlé longuement et lui a fait faire divers exercices buccaux. Elle est arrivée ainsi à ouvrir la bouche plus largement et à retrouver confiance en elle-même: c’est tellement vrai qu’elle s’est même inscrite depuis au concours de Miss Népal 99!

Confiance retrouvée grâce à une formation adequate

Durga Adhikari travaille à un poste de santé rural depuis trois ans. Ses deux années de formation paramédicale l’ont préparé pour faire face à la plupart des besoins primaires de santé se présentant à lui quotidiennement, à l’exception des soins dentaires. Ce problème le tourmentait chaque fois qu’un patient arrivait avec un mal de dents: il ne savait pas où injecter l’anesthésie locale. Son kit dentaire contenait une vieille paire de forceps rouillés servant uniquement à l’extraction des molaires et il ne pouvait pas envoyer ses patients se soigner ailleurs…

Durga a suivi un mois de formation intensive grâce au programme OHP de l’UMN et il est maintenant capable de traiter des cas simples avec confiance grâce à son kit dentaire neuf. Les cas plus complexes sont envoyés à l’hôpital (situé assez loin). Auparavant, la situation était très stressante vu qu’il ne pouvait ni identifier les causes des maladies buccales de ses patients ni leur offrir ses conseils. Ces frustrations l’avaient rendu amer et totalement désabusé devant ce manque total de soutien et d’opportunité de formation; il se sentait abandonné dans son milieu rural.

Les gens comme Durga (photographié ci-dessous) constituent la base des soins de santé au Népal. UMN le reconnaît et cherche à les soutenir et les former. Les villageois qui reçoivent ces soins localement sont ravis de ne pas avoir à se rendre à des kilomètres. Cela est vraiment un témoignage chrétien pratique: l’espoir pour ceux qui l’ont perdu et la guérison pour les malades.

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