De: Du theatre pour le developpement – Pas à Pas 58

Utiliser le théâtre pour sensibiliser à de nombreux thèmes communautaires

En népalais aarohan signifie escalader/grimper, soit une montagne (dans un pays qui en a parmi les plus hautes du monde) soit une scène. Le théâtre d’Aarohan existe depuis de nombreuses années. Il a commencé sur scène dans un théâtre puis s’est déplacé dans la rue et est devenu ambulant. Il existe au Népal, une tradition de théâtre en plein air. Les danses folkloriques et les performances ont lieu en extérieur avec la participation de la communauté. Le théâtre ambulant est facilement accepté par les gens.

Sujets

Aarohan a joué de nombreuses pièces traitant de questions différentes comme : les problèmes des mal-entendants, le droit de vote et la démocratie, le comportement des gens envers leur environnement, l’importance de bonnes installations sanitaires, la lèpre, le planning familial et la préservation des forêts. Dans les villes, le public apprécie plus les pièces qui traitent de corruption ou de questions politiques alors que dans les villages, ce sont les questions comme la lèpre ou l’environnement qui attirent plus les gens.

Atteindre tout le monde 

Les représentations se font généralement devant d’importantes foules (jusqu’à 2 500 ou 3 000 personnes dans les villes, moins dans les villages).

Les Népalais sont difficilement accessibles, surtout au delà de la Vallée de Katmandou. Le Népal est un pays montagneux et le transport est très limité dans les régions isolées. Les acteurs doivent parfois marcher pendant plusieurs jours. Peu de gens ont accès à une télévision et la circulation des journaux est très faible. Seule, la radio a connu un essor constant au cours des années, depuis la mise en opération de quelques stations de radio communautaires locales.

Théâtre interactif 

Récemment, Aarohan a commencé à utiliser le kachahari. Il s’agit d’un genre de théâtre interactif où le public dirige la pièce et décide de la fin. Par exemple, Aarohan a présenté une histoire d’amour entre un homme de basse caste et une femme de haute caste. Quand les acteurs ont joué dans les villages, les gens n’ont pas voulu les laisser partir avant d’avoir trouvé une solution pour que la pièce se termine bien. Ils voulaient que le couple se marie en dépit des différences de castes. Une pièce comme celle-ci peut avoir un impact puissant sur les gens qui participent à son élaboration. Ce type de théâtre a aussi été utilisé avec des groupes d’ethnies différentes pour aborder le thème de la résolution des conflits.

Zones de travail 

Il y a trois importants domaines de travail pour le théâtre d’Aarohan :

Former de nouveaux groupes La formation est une manière d’amplifier l’utilisation du théâtre afin de toucher des centaines de villages qui ne pourraient pas l’être normalement. En formant régulièrement de nouveaux groupes, Aarohan multiplie l’impact du théâtre afin de créer une sensibilisation et une participation des communautés. De petits groupes de gens sont formés au cours d’ateliers d’une journée. On cible généralement les jeunes (ils ont plus de temps disponible). On a organisé des ateliers dans 40 districts, pour former des habitants locaux, des groupes de jeunes, des enfants et des membres de la communauté. Ce sont eux qui choisissent les sujets, préparent les pièces et participent comme acteurs durant les représentations. Nombre de groupes de théâtre formés par Aarohan au cours des années sont toujours actifs. Ils forment un réseau informel doté d’un immense potentiel pour tout changement social.

Recherche de nouvelles pièces de théâtre Dans tous les endroits qu’il visite, le personnel d’Aarohan est attentif aux préoccupations locales et à la musique de la région. Il vérifie si la communauté utilise déjà une forme d’art dramatique. Fort de toutes ces informations, il met alors au point une pièce comportant des traditions locales d’art dramatique et des éléments de leur contexte social présent.

Interaction du public Certaines pièces encouragent l’interaction avec le public pendant la performance. Des discussions ont lieu après chaque représentation. Elles sont fondamentales pour déterminer si le processus de communication est un succès. C’est une façon de s’assurer que les messages ont été correctement reçus, compris et transmis.

Contraintes 

Au début, quand l’équipe d’Aarohan donnait des représentations dans des régions isolées du Népal, les différentes langues, cultures et façons de vivre posaient un véritable problème. Maintenant, grâce à sa stratégie de former des habitants locaux, cette difficulté est résolue. Il reste cependant à trouver un sujet et un style adéquats pour chaque communauté.

Le financement pose un problème constant aux acteurs. Les fonds limités pour les payer peuvent les pousser à rechercher d’autres emplois.

Il y a aussi toujours le risque qu’une pièce soit trop superficielle ou trop pleine de propagande. Souvent, les agences de développement qui parrainent les pièces aimeraient les remplir de différents messages. Il y a aussi le problème d’acteurs désirant inclure trop de divertissements durant la performance, réduisant de ce fait l’amplitude des messages. Sunil Pokharel, le Directeur, pense qu’il faut trouver pour chaque pièce, un équilibre entre le divertissement et l’éducation.

Sunil Pokharel est le Directeur du Théâtre Ambulant d’Aarohan. Ses travaux sont soutenus par différentes agences dont le PNUD, l’UNICEF, Save the Children, United Mission to Nepal, Nepal Leprosy Trust et l’Association danoise pour la coopération internationale. L’adresse de Sunil est : GPO Box 12819, Katmandu, Népal

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