Le stigmate provoque la honte et la solitude. Richard Hanson/Tearfund

De : Stigmatisation – Pas à Pas 86

Lutter contre la stigmatisation par le dialogue et en nouant des relations

Rencontre d’hommes dans la rue au Kirghizistan. Joanna Watson/Tearfund

Rencontre d’hommes dans la rue au Kirghizistan. Joanna Watson/Tearfund

En certains endroits, la stigmatisation et la discrimination sont rendues encore pires du fait des pratiques officielles qui refusent d’admettre les droits des personnes ou excluent ces dernières de la société. Ici, une organisation du Kirghizistan qui exploite un centre de réhabilitation accueillant d’anciens prisonniers, montre comment elle les aide à réintégrer la société.

Au Kirghizistan, il est très difficile pour d’anciens prisonniers de trouver un emploi. Beaucoup d’entre eux n’ont aucun domicile fixe. Ils se sentent rejetés par leur famille et par la société. Ils craignent les autorités policières et beaucoup d’entre eux abusent de l’alcool et de la drogue.

Quand ils entrent en prison, leur passeport et autres papiers d’identité leur sont retirés. Cette pratique date de l’époque de l’Union soviétique. Bien que le Kirghizistan ait changé à de nombreux égards depuis l’indépendance, cette loi est restée la même. Lors de sa libération, un prisonnier a besoin d’une référence qui lui permettra de reprendre son passeport. Jusqu’à ce qu’il le récupère, il a très peu de chances de refaire sa vie. Il n’a aucun revenu, aucune adresse enregistrée et aucun moyen d’obtenir un travail. Il ne peut pas ouvrir de compte bancaire ni consulter un médecin. C’est parce qu’il n’existe pas aux yeux de la loi et qu’il n’a aucun moyen de prouver son identité. Il est difficile pour les anciens prisonniers de récupérer leurs papiers.

Récupérer les documents d’identité

Nous avons développé des relations avec les autorités locales, la police et le ministère de la justice pour aider les hommes à récupérer leurs papiers et aborder un nouveau commencement dans leur vie.

Avant qu’un prisonnier ne vienne à notre centre de réhabilitation, il est inscrit au commissariat de police local. Notre personnel, qui participe à la remise des papiers, donne à la police une référence pour le compte de l’ancien prisonnier à condition que ce dernier s’engage à suivre un programme de réhabilitation au centre pendant toute une année.

Nous cherchons à gagner la confiance et le respect des autorités locales parce qu’elles sont chargées d’authentifier les papiers des anciens prisonniers et, si nécessaire, de leur fournir de nouveaux documents. Nous travaillons aussi en étroite collaboration avec les résidents locaux car leur première réaction à l’égard des anciens prisonniers est la défiance et la crainte qu’ils puissent enfreindre la loi à tout moment. Cela mène au rejet et à la stigmatisation. 

Développer la confiance

Notre expérience a montré que cela peut être surmonté en développant la confiance avec les autorités et les résidents locaux par la démonstration du fait que les anciens prisonniers sont capables de réintégrer la société et de lui apporter une contribution positive, par exemple :


Cela a aidé à changer l’attitude de stigmatisation que la société avait à l’égard de ces hommes. Les gens réalisent qu’ils ont une valeur et un mérite égaux.

À la fin du programme de réhabilitation dans notre centre, les anciens prisonniers sont en mesure de reprendre leurs papiers. En conséquence, ils retrouvent leur identité et ont la possibilité de refaire leur vie. En rendant cela possible, nous espérons remettre en question les anciennes pratiques officielles de façon positive pour produire un changement à long terme dans le traitement des anciens prisonniers.

Le Kirghizistan est un pays de l’Asie centrale. Il partage une frontière avec la Chine sur son côté est. L’organisation qui travaille au Kirghizistan a été fondée par un ancien prisonnier inspiré par la volonté d’aider d’autres personnes comme lui.

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