Des bilans de santé réguliers, comme ici en Sierra Leone, peuvent permettre de détecter précocement la présence d’une maladie. Jim Loring/Tearfund

De : Les maladies non transmissibles – Pas à Pas 87

Comment diffuser des messages de santé et réduire le risque de maladies non transmissibles

En termes de menaces mondiales, le tabac est aujourd’hui l’un des plus grands dangers qui soit. En 2010, plus de cinq millions de personnes sont décédées des conséquences du tabagisme et de la mastication du tabac. Cela ne touche pas que les populations riches. D’après l’Organisation mondiale de la Santé (OMS), 80 pour cent de ces décès se sont produits dans les pays à revenus faibles et intermédiaires. Le tabac reste le seul produit légalement disponible qui tue au moins un tiers de ses consommateurs.

En tant que médecin, j’ai eu à annoncer à de nombreux patients qu’ils sont atteints d’un cancer du poumon et à conseiller les familles qui ont perdu un être cher suite à des maladies liées au tabac. Une des raisons principales pour lesquelles je suis passé de la médecine pratiquée en clinique à la santé publique, est que j’étais affligé de voir qu’un très grand nombre de ces décès aurait pu être évité.

Faible coût pour un fort impact

La rentabilité de la lutte contre le tabagisme est évidente. Puisque le tabac tue au moins un tiers de ses consommateurs, si l’on convainc trois personnes d’arrêter de fumer par le biais d’une éducation à la santé et d’un soutien, on sauve au moins une vie ! Établissons une comparaison : dans un programme de vaccinations, 150 vaccinations pourront peut-être empêcher un décès. Il est clair que le fait de consacrer des moyens financiers à la lutte antitabac est un bon investissement.

Parmi les interventions qui se sont révélées les plus efficaces, il y a l’augmentation du prix du tabac par des taxes, la réglementation de la publicité pour les cigarettes, le marketing social de masse visant à modifier les comportements et l’interdiction de fumer dans les lieux publics.

Certains lecteurs de Pas à Pas pourront peut-être faire pression sur leur gouvernement pour modifier la taxation et faire passer des lois interdisant de fumer, mais nous pouvons tous participer à la réduction de la consommation de tabac au niveau communautaire.

Inde du Nord : Réduire la consommation de tabac

S’unir pour faire pression et exercer une influence

Bien qu’il soit difficile pour les individus ou les petites organisations de faire pression sur les gouvernements, le groupe d’Uttarakhand, dans le nord de l’Inde, qui est membre du Réseau mondial de santé communautaire (Community Health Global Network – CHGN), a réuni 37 programmes de santé communautaires pour entreprendre un plaidoyer sur le tabac. Nous avons commencé par mener une campagne de sensibilisation et aujourd’hui, nous développons une initiative globale de lutte antitabac et de sevrage. En unissant ses efforts, le groupe a pu produire un DVD de sensibilisation, obtenir la participation du Ministre de la santé et bénéficier d’un lancement médiatisé. Ensemble, nous avons réussi à mieux faire entendre notre voix contre le tabac.

Le groupe a également mobilisé un appui international pour réduire la consommation de tabac. L’initiative du groupe antitabac (Cluster Tobacco Control Initiative – CTCI) a été développée en consultation avec des experts de la lutte antitabac en Australie. Elle se divise en trois parties : une campagne antitabac en milieu scolaire, une campagne de sensibilisation communautaire  marketing social et un programme de sevrage antitabac.

Recourir à des des agents de santé communautaires ou des bénévoles

Les taux de tabagisme ont tendance à être plus élevés parmi la population la plus pauvre et la moins éduquée dans les régions rurales. Bon nombre de nos programmes de santé communautaires disposent de personnel des services de santé et de proximité pour cibler ces groupes. Ces agents sont souvent plus efficaces pour faire passer les messages aux communautés rurales et marginalisées, que la communication de masse par le biais de la télévision ou de l’affichage. Là où les connaissances sont restreintes et les taux de tabagisme élevés (comme à Uttarakhand en Inde), les études ont montré que beaucoup de personnes arrêtent de fumer dès qu’elles comprennent les dangers du tabac.

Au sein du CTCI, chaque organisation membre choisit un ou deux maîtres formateurs. Ces 40 formateurs sont alors chargés de former à leur tour plus de 3000 agents de santé et bénévoles en tant que défenseurs de la lutte antitabac. Cela permet d’avoir un défenseur par village dans notre région de l’Inde du Nord et une bonne couverture jusqu’à la base.         

Idées de campagnes antitabac locales


Faire passer le message et sauver des vies

Le tabac est la cause de toutes sortes de graves problèmes de santé et cette habitude tue un fumeur sur trois. Il est important de ne pas taire les dangers liés au tabagisme. Certains cas en Inde du Nord prouvent que l’éducation de base et le plaidoyer à ce sujet peuvent sauver des vies.

Dr Nathan Grills, de l’Université de Melbourne, est un médecin de santé publique qui travaille dans le domaine de la lutte antitabac et de la santé préventive en Inde, sous l’égide de l’Emmanuel Health Association, du CHGN Uttarakhand Cluster (www.chgnukc.org) et de la Public Health Foundation of India. Email : ngrills@unimelb.edu.au



Faits sur le tabagisme

La fumée secondaire correspond à l’exposition d’un individu aux effets néfastes du tabac lorsqu’il se trouve à proximité d’un fumeur ou d’une autre source de fumée, comme celle d’un foyer de cuisson à l’intérieur. Ces fumeurs passifs présentent plus de risques que les autres non-fumeurs de développer un cancer et des MPOC. 

Fumer pendant la grossesse est nocif pour le bébé et pour la mère. Le tabagisme serait à l’origine de fausses couches et d’autres complications. Bien souvent, la consommation de tabac est la cause d’un faible poids à la naissance, ce qui, par la suite, peut entraîner un risque accru de diabète et de maladies cardiaques chez l’enfant.

Événements communautaires « J’arrête, j’y gagne »

Lors d’un festival communautaire, le CHGN Uttarakhand Cluster offrait 25 dollars US à trois volontaires s’ils arrêtaient de fumer pendant six mois. S’ils ne reprenaient pas, cela représenterait une vie sauvée. Ce genre de programmes « J’arrête, j’y gagne » peut être efficace. De plus, ceux qui arrêtent de fumer peuvent à leur tour devenir des « défenseurs de l’arrêt du tabac » dans leur communauté et amener d’autres personnes à arrêter. Suite à cet événement, au moins quatre autres personnes ont suivi leur exemple et ont arrêté de fumer. 

 

 
De nombreuses personnes fument des cigarettes roulées, comme cette femme à Tikapur, dans l’ouest du Népal. Ralph Hodgson/Tearfund

De nombreuses personnes fument des cigarettes roulées, comme cette femme à Tikapur, dans l’ouest du Népal. Ralph Hodgson/Tearfund

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