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De : Vivre avec un handicap – Pas à Pas 108

Conseils pratiques pour aider nos Églises et nos communautés à mieux intégrer les personnes en situation de handicap

Trouver des toilettes décentes à utiliser ou de l’eau propre à la consommation est un combat quotidien pour des millions de personnes. Mais pour les personnes en situation de handicap, le défi est souvent encore plus grand.

Les raisons à cela sont nombreuses.

Impact 

Si ces problèmes ne sont pas résolus, les enfants et les adultes risquent :

Il peut être très humiliant pour ces personnes de devoir dépendre des autres pour leurs besoins les plus fondamentaux et les plus intimes. Cela représente également une charge de travail importante pour la famille. Les enfants, surtout les filles, sont souvent retirés de l’école pour s’occuper d’un membre de leur famille atteint de handicap.

Analyse des obstacles

Il est important de chercher à comprendre pourquoi certaines personnes n’ont pas accès à des toilettes adéquates et à de l’eau potable. À quels obstacles sont-elles confrontées ? Les membres de la communauté pourront alors travailler ensemble pour lever certains de ces obstacles. 

Les personnes en situation de handicap doivent être incluses dès le départ. C’est le moyen de s’assurer que leur voix est entendue et que leurs besoins sont pris en compte. Cela contribuera également à établir des relations positives si tout le monde travaille ensemble pour améliorer la santé et le bien-être de la communauté. 

Il est important que les personnes en situation de handicap :

Il peut être bénéfique d’aider les personnes en situation de handicap à se réunir pour qu’elles puissent discuter de ce qu’elles vivent dans le cadre d’un groupe d’entraide. Les femmes et les hommes préféreront peut-être se réunir séparément.

Vous trouverez ci-dessous trois étapes pour rendre les toilettes et les points d’eau accessibles aux personnes en situation de handicap.

Étape 1 – Voir les choses sous un autre angle

Une promenade à travers la communauté peut aider les gens à prendre conscience des difficultés auxquelles les personnes atteintes de différents types et niveaux de handicap sont confrontées. Encouragez tout le monde à regarder au-delà des obstacles physiques les plus évidents (comme les marches ou la distance jusqu’aux points d’eau), pour réfléchir à l’impact des attitudes au sein de la communauté. 

Demandez aux participants de noter, de dessiner ou d’évoquer les obstacles dont ils ont pris conscience et consignez leurs observations d’une manière qui peut être comprise par tous. Une méthode consiste à écrire ou à dessiner chaque observation sur des feuilles de papier distinctes. Les feuilles de papier peuvent ensuite être triées et regroupées par type d’obstacle : par exemple « obstacles physiques », « attitude des gens » et « obstacles institutionnels et à la communication ».

Étape 2 – Élaborer des plans

Évoquez des solutions envisageables aux obstacles identifiés. Le tableau ci-dessous présente quelques exemples du Cambodge.

Adapté de How to conduct a WASH barrier analysis, WaterAid Cambodge

Adapté de How to conduct a WASH barrier analysis, WaterAid Cambodge

Étape 3 – Agir

En vous appuyant sur cette analyse, prenez des décisions sur ce qu’il faut faire, et quand, où et comment le faire. Il est important que quelqu’un se charge de veiller à ce que chaque activité soit mise en œuvre. Formez un comité local, qui inclut des personnes en situation de handicap, qui se chargera de la propreté des toilettes et des points d’eau, et des éventuelles réparations.

Vous trouverez aux pages suivantes quelques exemples concrets d’améliorations peu coûteuses à apporter aux toilettes et aux points d’eau pour les rendre accessibles aux personnes en situation de handicap.


Étude de cas : Une solution faite maison

Tearfund aide les communautés en République démocratique du Congo à réduire le taux de maladies véhiculées par de l’eau insalubre, un manque d’hygiène et un mauvais assainissement. Des agents de santé communautaires bénévoles invitent les familles et les écoles à proposer leurs idées et à apporter les améliorations nécessaires. Des précautions particulières sont prises pour ne négliger personne, notamment les personnes en situation de handicap.

Burumeka a 84 ans. Il était menuisier. En raison de son âge, sa mobilité est réduite.
Il dit : « Je ne pouvais pas utiliser les latrines familiales parce que je devais me pencher et m’accroupir. Comme je ne pouvais pas me pencher, j’utilisais un seau dans la maison sur lequel je pouvais facilement m’asseoir. Ma famille n’était pas contente et se plaignait de la mauvaise odeur et des mouches. 

En juin 2017, une équipe d’agents de santé communautaires bénévoles est venue me rendre visite et m’a demandé si je voulais discuter avec eux. Ils m’ont expliqué, ainsi qu’au reste de ma famille, comment les maladies se transmettent d’une personne à l’autre. 

Mes petits-enfants ont apporté des améliorations aux latrines, mais je restais toujours un problème pour eux puisque je ne pouvais pas les utiliser. Alors j’ai décidé de faire appel à mes talents de menuisier pour fabriquer une caisse en bois qui se pose au-dessus du trou des latrines et sur laquelle je peux m’asseoir pour utiliser les toilettes. » 

En trouvant cette solution simple, Burumeka a amélioré sa santé et retrouvé sa dignité. Cela a également réduit les tensions au sein de la famille.
Il dit : « Je me sens en sécurité et nous avons retrouvé une bonne atmosphère dans le foyer. »

Ce programme est mené par SWIFT, un consortium réunissant Tearfund, Oxfam et Overseas Development Institute. Il est financé par UK Aid, l’aide du gouvernement britannique. 


Compendium de technologies aepha accessibles

WEDC/WaterAid/SHARE

Cette trousse à outils en anglais aborde tous les aspects de l’intégration des personnes handicapées, dont la santé, l’éducation, l’autonomisation et le travail. À télécharger gratuitement sur www.washmatters.wateraid.org/publications ou écrivez à WaterAid, 47-49 Durham Street, London, SE11 5JD, Royaume-Uni. 

Il peut être difficile pour certaines personnes d’accéder aux points d’eau installés sur des pentes raides, comme celui-ci au Népal. Photo : Eleanor Bentall/Tearfund

Il peut être difficile pour certaines personnes d’accéder aux points d’eau installés sur des pentes raides, comme celui-ci au Népal. Photo : Eleanor Bentall/Tearfund

Frank Greaves

Frank Greaves est responsable de l’unité WASH pour Tearfund. E-mail: frank.greaves@tearfund.org

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