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De : Evaluation – Pas à Pas 17

De bons conseils pour planifier, suivre et évaluer des projets

par Peter Cormack.

Une Equipe de visiteurs passa du temps avec les villageois de Sa-atusa en Ethiopie, apprenant ainsi à mieux connaître la situation dans la région, et notèrent quelques améliorations au travail d’irrigation. Après avoir parcouru la région à pied pendant quelque temps, ils demandèrent à un groupe de gens de dessiner une carte de leur région. Bientôt quelques hommes s’affairèrent et une foule d’une soixantaine de personnes se rassembla autour d’eux. Certains d’entre eux faisaient des suggestions aux ‘artistes’ qui suivant le cas répondaient en discutant ou en argumentant. Petit à petit, le groupe se mettait d’accord.

Plusieurs enfants s’intéressèrent vivement au sujet aussi. Mais certains des hommes les chassaient en criant que ceci était l’affaire des hommes! Cela se reproduisit deux ou trois fois, jusqu’à ce que nous décidions d’appeler les garçons et de les encourager à dessiner eux aussi leur carte. Quoiqu’un peu hésitants, trois ou quatre d’entre eux acceptèrent de commencer. Ce petit groupe s’affairait aussi, tandis qu’un groupe plus vaste de garçons regardait et faisait des suggestions.

Les hommes...

La carte des hommes s’agrandissait sans cesse! Ils ajoutaient des rivières, des montagnes, deux églises et un crâne pour indiquer les pertes de bétail. Finalement, la carte mesurait environ 15 mètres sur 10. Quand ils eurent fini, on leur demanda de nous l’expliquer. La carte devint pour eux un moyen puissant pour nous donner une image grandiose de leur région, démontrant ainsi la force d’un effort communautaire. Les gens comprirent que le fait de se mettre d’accord et de travailler ensemble avait produit quelque chose de mémorable, d’utile et de bénéfique à eux tous. Et cette leçon était semble-t-il apprise pour longtemps. Une fois l’explication de la carte terminée, la foule applaudit avec enthousiasme.

Les garçons...

Une fois leur carte terminée, on remarqua qu’elle contenait plusieurs renseignements qui n’étaient pas sur celle des hommes. Le lac possédait un poisson, un crocodile et un hippopotame, ainsi qu’une île rocheuse. Sur leur croquis d’une prairie, ils ajoutèrent un taureau. Dans la zone de culture ils dessinèrent un homme qui labourait avec ses boeufs. Ils dessinèrent également des femmes qui ramassaient et transportaient du bois. Près de la route ils dessinèrent trois sacs de charbon de bois.

Selon nos observations, nous pensons que la carte des garçons représentait probablement plus exactement la région que celle des hommes. Par exemple, une seule créature vivante apparaissait sur la carte des hommes (un poisson), mais pas un seul être humain. Cependant, sur la carte des enfants figuraient six personnes, ainsi que plusieurs autres créatures. On aurait dit que les hommes ne voyaient que le côté économique ou matériel des choses. Lorsque les garçons eurent fini leur explication, la foule applaudit de nouveau avec enthousiasme. Ces garçons, qu’on avait chassés un peu plus tôt, savouraient maintenant leur moment de gloire!

...et les femmes

Tandis que les hommes et les garçons s’affairaient à leurs cartes, les femmes s’adonnaient à un exercice fascinant: elles réfléchissaient au temps qu’elles mettaient à accomplir leur différentes tâches quotidiennes. Certaines coururent jusque chez elles pour chercher des instruments qui symboliseraient une activité ou une autre. Toutes les femmes, sans distinction d’âge, partageaient leurs pensées avec enthousiasme. Elle corrigeaient ce qui se disait, ou offraient leur soutien quand un point particulier avait besoin d’être souligné. Quelque temps plus tard, quelques hommes vinrent les observer - fascinant! Quand ils essayèrent de commenter ou de corriger les femmes, celles-ci leur dirent de ne pas se mêler de leurs affaires, et de laisser leur groupe tranquille. Assez surprenant dans une culture où les femmes sont le plus souvent très effacées. Les femmes utilisèrent des cailloux pour indiquer les différents laps de temps passés.

Ces exercices avaient encouragé les gens à travailler ensemble en observant leur communauté et leurs rôles. On espère que ces exercices pourraient être adaptés à l’avenir lors de l’organisation du développement communautaire. En conclusion, tout ce que nous pouvons dire, c’est ‘passez le relais!’ Laissez les gens trouver leurs propres solutions...

Peter Cormack travaille avec World Vision Australia. Cet article est une adaptation d’un autre paru dans Together Juin 1993, et est utilisé ici avec la permission de World Vision.

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