De: Gestion des conflits – Pas à Pas 36

Des idées pour aider à résoudre les conflits dans et entre les communautés

par Scott Jones.

Souvent, des conflits peuvent surgir à propos de l’accès et du contrôle des ressources naturelles telles que la terre, l’eau d’un ruisseau ou d’un puits ou encore les produits d’une forêt ou d’un lac. Ces ressources peuvent alors, à l’issue de ces conflits, être très mal utilisées ou gérées d’une manière qui n’est pas viable. Normalement, nous pensons qu’un conflit est négatif; on peut toutefois l’utiliser de façon positive: il peut permettre aux problèmes de faire surface et, une fois mis en lumière, ces problèmes peuvent être traités. On peut alors se fixer des objectifs et mettre en place des stratégies acceptables par tous.

Les causes de conflit

Les conflits ne se produisent pas seulement entre différentes communautés, compagnies et gouvernements; ils se produisent aussi à l’intérieur de ceux-ci. Les membres d’une communauté ne sont pas tous identiques. Les groupes et les individus sont différents en genre, classe, caste, clan ou tribu, éducation, âge et religion. Il se peut que les gens dépendent ou utilisent une même ressource de façon différente. Chaque groupe, chaque individu, exerce un pouvoir différent, ou une influence particulière sur l’accès ou le contrôle des ressources. Certains n’ont que très peu d’influence.

Les compagnies doivent faire face à la concurrence et à la pression exercée par leurs actionnaires. Elles doivent sans cesse maintenir leurs bénéfices à court terme, sans toutefois perdre de vue l’importance de la viabilité à long terme.

Les gouvernements doivent aussi faire face à des conflits d’intérêt. Lorsqu’elles parlent de l’utilisation des ressources, les sections agriculture, eaux ou forêts ne semblent pas toujours faire partie de la même équipe. La plupart des ministères ou administrations sont à court d’argent et les pénuries de personnel et de ressources accroissent les tensions.

Cela peut être le cas lorsqu’un projet de développement ou une compagnie fait son apparition. Souvent leur arrivée a été organisée en dehors de leur zone d’impact, entraînant ainsi de nouveaux conflits ou réveillant ceux qui dormaient. Certains groupes peuvent réagir d’une façon opportuniste («Prenons ce qui se présente, on verra bien!») et compter sur la force ou la persuasion. Les relations peuvent empirer et le conflit aussi. Certains groupes peuvent, égoïstement ou pour le bien commun, essayer d’exercer leur puissance et leur autorité dans une situation particulière: par exemple une puissance physique, économique ou provenant de connaissances particulières.

 

Approches à la gestion des conflits

Il y a bien des façons de gérer les conflits. Souvent on en utilisera plusieurs.

Approches courantes et traditionnelles Chaque société a ses propres manières ou coutumes de traiter les conflits. On ne devrait pas les ignorer: elles peuvent souvent conduire à des solutions à long terme et viables car elles sont enracinées dans les valeurs et croyances locales; elles sont souvent accessibles et les gens ont généralement confiance en leurs résultats. Cependant, ces approches traditionnelles peuvent avoir d’importantes faiblesses: il se peut qu’elles ne tiennent pas compte de certaines catégories de personnes telles que les femmes, les minorités et certaines castes; elles peuvent aussi contribuer à maintenir certains déséquilibres dans la répartition des pouvoirs; les décisions peuvent être prises en faveur de quelques personnes ayant un pouvoir au niveau local, une documentation écrite est souvent manquante.

Approches légales Les approches légales peuvent exister dans les systèmes traditionnels locaux ou dans des structures gouvernementales au niveau national. On rassemble des preuves, le cas est débattu et le jugement prononcé puis appuyé par la loi. Dans certaines sociétés l’approche légale est presque toujours utilisée pour résoudre les conflits. Parfois cette approche est adoptée trop rapidement, avant de chercher d’autres possibilités. Dans d’autres situations, il arrive que les gens ne fassent pas confiance au système légal, ou n’en possède ni l’accès, ni l’expérience ni les moyens de s’en servir.

Approches de force La force physique est une approche évidente dans la gestion des conflits. Mais d’autres types de force peuvent venir du charme, du caractère ou du rôle de celui qui les utilisent pour persuader les autres. La force physique apporte rarement le succès à plus long terme et risque d’être une source de mécontentement. Le souvenir de l’utilisation préalable de la force peut empêcher les gens d’avancer actuellement.

Approches en partenariat Ceci est un terme général qui englobe toutes les approches où les gens travaillent ensemble, faisant participer tout le monde au processus. Dès le début ou à certains moments-clés, une personne étrangère au conflit (un médiateur) est souvent nécessaire pour guider le processus. Le but est d’atteindre une solution juste et de long terme qui avantage tout le monde. Cette gestion des conflits en partenariat s’organise généralement suivant une série d’étapes. A chaque étape, avant de passer à l’étape suivante, on vérifie que tout le monde est bien d’accord. Le schéma des pages centrales explique et décrit ces étapes.

Dr Scott Jones est professeur et coordinateur de recherches au CRDT. Il a beaucoup d’expérience dans les domaines de la forêt, la santé et la gestion des conflits en Afrique, Inde, Asie du Sud-Est et dans la région pacifique. Adresse: CRDT, University of Wolverhampton, Gorway Road, Walsall, WS1 3BD, Royaume-Uni.

Contenus avec balises similaires

Partager cette ressource

Si cette ressource vous a été utile, n'hésitez pas à la partager avec d'autres personnes pour qu'elles puissent l'utiliser elles aussi