De : Les medecines traditionnelles – Pas à Pas 48

Une discussion sur l’utilisation sûre et efficace de la médecine traditionnelle

Barbara Soung et Hang Sorya.

Les guérisseurs traditionnels sont appelés Khru Khmer au Cambodge. Ils apprennent leur métier auprès de vieux moines ou de parents plus âgés qu’eux. Ce sont presque toujours des hommes, bien qu’il y ait parfois des femmes Khru Khmer. Les sages-femmes traditionnelles leur ressemblent; elles apprennent souvent leur savoir-faire en observant les Khru Khmer au travail.

Au Cambodge, quand quelqu’un est malade, on appelle le Khru Khmer pour traiter le corps et l’esprit. Pour la plupart des cambodgiens, toute maladie est liée à l’esprit, que ce soit un problème mental ou une jambe cassée. Une des caractéristiques des Khru Khmer est qu’ils soufflent sur les gens; la croyance veut qu’un esprit les possède et en soufflant sur le malade la puissance de l’esprit se manifeste.

Dans les sociétés animistes, de nombreux maux sont causés par la peur et les gens cherchent donc tout d’abord dans leur culture une guérison spirituelle. Les chrétiens doivent déterminer quelles sont les pratiques utiles et lesquelles sont nocives. Il est important de commencer par ce que les gens croient déjà (même si médicalement cela n’a parfois pas de sens). C’est seulement à partir de cette croyance que les agents de santé peuvent commencer à influencer et améliorer la situation. Ceci est vrai non seulement au Cambodge mais aussi dans d’autres pays.

Pour CORD (Christian Outreach Relief and Development), des études bibliques hebdomadaires avec le personnel fournissent un forum de discussions sur de tels sujets. Pendant la formation des sages-femmes traditionnelles, des discussions ont permis d’encourager les gens à considérer des alternatives. Alors que le personnel de CORD développe des relations avec la population locale, il peut commencer à parler du Seigneur Jésus-Christ qui peut libérer de la peur.

Infusions thérapeutiques

Pendant la grossesse et l’accouchement, les Khru Khmer s’occupent de la protection de la santé de la mère et de l’enfant. Ils attachent des bandes de coton avec de longs anneaux plats métalliques autour de la taille de la femme enceinte. Ces bandes peuvent s’allonger au cours de la grossesse. Les Khru Khmer préparent un mélange d’herbes pour la femme enceinte afin de faciliter la naissance (ce mélange est censé rendre le chemin d’arrivée du bébé plus glissant). De nombreux problèmes de grossesse sont soignés par des infusions de plantes et certains guérisseurs enseignent aux familles comment les préparer elles-mêmes.

Après la naissance, nombreux sont ceux qui croient que le bébé appartient au monde des esprits pendant les trois premiers jours et ce n’est qu’au quatrième jour (si le bébé survit) qu’il appartient au monde des humains. Les trois premiers jours sont donc cruciaux pour protéger le bébé. Le quatrième jour, la sage-femme traditionnelle prépare une offrande aux esprits: de l’encens et des fruits.

Tabous

Après la naissance, les femmes Khmers ont très peur pour leur santé car traditionnellement de nombreux tabous sont liés à certains aliments, au travail trop dur, aux rapports sexuels trop tôt après la naissance, au transport de lourdes charges ou à l’exposition au vent ou à la pluie. La croyance veut que si la femme enfreint certains de ces tabous, il n’y a pas de guérison possible: elle souffrira tout le reste de sa vie et elle risquera même de mourir. Cela veut souvent dire que si une mère a un problème après la naissance, la famille en cherchera la cause parmi cette liste de tabous au lieu de la conduire au centre médical le plus proche.

Le besoin d’éducation

Les Khru Khmer croient qu’ils possèdent les réponses à toutes les maladies et ils continuent de soigner les gens jusqu’à leur mort. Il faut qu’ils apprennent quelles sont les maladies qu’ils peuvent réellement soigner et celles qui nécessitent un médecin. Ils doivent aussi l’apprendre aux gens. Certaines personnes éduquées croient toujours aux pouvoirs du Khru Khmer mais pas à leur médecine traditionnelle. D’autres achètent les médicaments traditionnels directement en herboristerie, sans consulter le Khru Khmer.

Barbara Soung et, Hang Sorya, travaillent dans la, Province de Pre Veng au Cambodge pour CORD, une agence chrétienne internationale basée au Royaume-Uni.

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