Passer au consentement sur les cookies

De : Planifier pour un développement durable – Pas à Pas 64

Comment autonomiser les gens et planifier à long terme

John Mwaniki.

Photo: Jim Loring/Tearfund

Photo: Jim Loring/Tearfund

Durant les années 1980 et 1990, d’importants fonds extérieurs ont été mis à la disposition du développement des églises au Kenya. Quatorze nouveaux diocèses ont été créés pour bénéficier de ces fonds supplémentaires. Cependant, l’accroissement en nombre n’implique pas une croissance en maturité. Selon un adage bien connu, l’Église africaine fait 2km de long mais seulement 2cm de profondeur. 80% des Kényans sont chrétiens mais leur engagement à servir est plutôt superficiel. L’Église a besoin d’être sûre de son but, de sa vocation et de son mandat. 

L’ACK Kamatakimo coordonne les travaux de développement de cinq diocèses dans le Kenya central et oriental (son nom vient de l’amalgame des deux premières lettres de chaque diocèse : Kajiado, Machakos, Taita, Kitui et Mombasa). On attend toujours des églises locales qu’elles soutiennent leur pasteur, dans les bons moments, lorsque tout le monde a l’estomac plein, comme dans les mauvais. 

Les responsables de l’église considèrent souvent que la principale fonction de tous les services de développement des églises est d’obtenir des fonds extérieurs pour leurs travaux. Le développement communautaire est généralement perçu comme quelque chose ne faisant pas partie de l’église locale. On ne l’ajoute que lorsque l’on obtient des fonds extérieurs pour cela. J’aimerais voir chaque église locale prendre en charge la responsabilité  des travaux de développement dans sa communauté.

Formation et enseignement

Lorsque je me suis rendu au Canada, la générosité des chrétiens m’a vraiment surpris. Je me suis aperçu que ce n’était pas seulement les personnes aisées qui donnaient mais aussi celles démunies et c’était un sacrifice pour elles. Pour la première fois, j’ai réalisé que les fonds extérieurs dont ont profité tant de Kényans représentaient des dons réunis avec peine et parfois un sacrifice de la part des chrétiens du Nord. Cela a été un véritable défi et m’a encouragé à partager ma vision des églises locales qui prennent en charge la responsabilité de leur propre développement.

Nous avons mis au point un manuel de formation basé sur les approches participatives. On offre une formation sur deux week-ends chaque année, pour toutes les églises impliquées. Nous désirons former cinq pasteurs dans chaque diocèse et leur offrir un soutien, y compris prêcher sur la générosité dans leur église. La formation comprend les sujets suivants :

Les ressources disponibles

L’argent ne représente qu’un seul type de ressources disponibles. Ce n’est pas parce que les gens manquent d’argent qu’ils manquent d’autres ressources. Elles comprennent : 

Nous enseignons aux gens le principe biblique de la dîme : donner 10% de ce que nous avons à Dieu. Une personne pourra déclarer qu’elle n’a pas d’argent à donner à l’église mais si elle possède dix vaches, l’une d’entre elles appartient à Dieu selon le principe de la dîme. Si quelqu’un a 100 cocotiers, alors les fruits de dix d’entre eux appartiennent à Dieu. Si l’on a 10kg de sorgho, alors 1kg appartient à Dieu.

Nos diocèses couvrent de très pauvres régions du Kenya. 60% de la population vit avec moins de 1 $ par jour. Mais la pauvreté est toujours quelque chose de relatif. Vous pouvez vous considérer pauvre jusqu’à ce que vous rencontriez quelqu’un de plus pauvre que vous. Qu’est-ce qui arriverait si tous les membres de l’église donnaient 10% de ce qu’ils gagnent ou possèdent ? Nous encourageons toujours les gens à donner la dîme à leur église locale, là où ils vont adorer Dieu. Chaque église devrait mettre au point une vision pour répondre aux besoins de la communauté et travailler pour pouvoir l’atteindre. Le temps qu’il faudra n’a pas d’importance, l’important est de bouger dans la bonne direction. Parfois, des amis ou donateurs extérieurs peuvent aider, parfois ils ne peuvent pas. L’ultime responsabilité en incombe à l’église, pas aux personnes de l’extérieur.

En plus de la dîme, il y a les offrandes. Si le travail marche bien, nous encourageons les gens à envisager la possibilité de donner comme offrande 1% supplémentaire de leurs revenus. Nous demandons aux gens de ne pas penser aux offrandes seulement au moment où le plateau passe. Nous les encourageons à prier avant et à venir préparés. Donner fait partie intégrante du culte que nous vouons à Dieu. Nous pouvons le remercier d’avoir voyagé en toute sécurité, pour la naissance sans problème d’un enfant ou une promotion. Nous pouvons exprimer cela par une offrande. Les gens peuvent offrir des produits comme du maïs ou des œufs, au lieu d’argent.

La réponse à cet enseignement a été fantastique. Nous avons découvert qu’en général 20% des membres de l’église sont prêts à donner ainsi et à soutenir activement l’église. Les leaders de l’église ont maintenant demandé à Kamatakimo de mettre au point un programme national de formation et de faire de ce programme, une partie intégrante du cursus des collèges bibliques.

Il est très important que tous les dons financiers soient utilisés avec sagesse. Notre formation comprend un enseignement sur une planification stratégique. On apprend à classer les besoins par priorité et à réfléchir à des solutions aux problèmes. Nous demandons aux leaders d’église de préparer un budget, chaque année, montrant leurs revenus avec la part émanant de la dîme et des offrandes. Le budget doit comprendre une ébauche de leurs plans pour utiliser cet argent. Les églises doivent développer une vision pour leurs actions sociales. Par exemple :

Lorsque la générosité est visible dans une communauté, cela peut encourager d’autres églises à s’impliquer aussi dans des actions sociales.

Jusqu’à présent, Kamatakimo a formé des leaders et travaillé avec 70 églises. Nous espérons éventuellement travailler avec les 200 églises de notre région. Parfois, nous trouvons que les pasteurs ne sont pas très enclins à donner de l’argent s’ils ont un petit salaire. Dans les régions où les pasteurs ne font pas du bon travail, il est difficile d’encourager les dons. Les pasteurs doivent être un modèle, dans leur ministère, dans leur dîme et dans leurs offrandes. Nous encourageons les églises qui ont bénéficié de notre formation à former d’autres églises.

Les défis

Kamatakimo a découvert un certain nombre de défis :

John Mwaniki travaille comme coordinateur à ACK Kamatakimo, au Kenya. Voici son adresse : PO Box 163, Voi 80300, Kenya. Email : kamatakimo@yahoo.com

Contenus avec balises similaires

Partager cette ressource

Si cette ressource vous a été utile, n'hésitez pas à la partager avec d'autres personnes pour qu'elles puissent l'utiliser elles aussi

Abonnez-vous maintenant pour recevoir Pas à Pas

Un magazine gratuit, en version papier et numérique, pour les personnes travaillant dans le développement communautaire

Abonnez-vous maintenant

Préférences en matière de cookies

Vos données personnelles et votre tranquillité d’esprit sont importantes pour nous et nous nous engageons à garantir la sécurité de vos données. Nous ne recueillons vos données que dans des buts spécifiques et lorsque ces buts n’ont plus lieu, nous ne conservons pas les données.

Pour en savoir plus, et pour voir la liste complète des cookies que nous utilisons, veuillez consulter notre politique de confidentialité.

  • Ces cookies sont nécessaires pour le bon fonctionnement du site et ne peuvent pas être désactivés sur nos systèmes.

  • Ces cookies nous permettent de mesurer et d’améliorer la performance de notre site. Toutes les informations recueillies par ces cookies sont anonymes.

  • Ces cookies permettent de personnaliser l’expérience utilisateur. Ils peuvent par exemple mémoriser la région où vous êtes, ou encore vos paramètres d’accessibilité.

  • Ces cookies nous aident à adapter nos publicités à votre profil et nous permettent de mesurer l’efficacité de nos campagnes.