Rosa Mariano, membre actif de l’Équipe de vie de la Province de Zambézia, salue ses voisins. Photo: Rebecca J Vander Meulen

De: Pas à Pas 90

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Jacques et sa mère, Evelyn, devant la maison qu’ils ont construite en République Démocratique du Congo.

Jacques et sa mère, Evelyn, devant la maison qu’ils ont construite en République Démocratique du Congo.

Jacques avait décidé qu’il voulait entreprendre des études en développement à l’Université Shalom (ce qui signifie « paix » en hébreu) à Bunia en République Démocratique du Congo (RDC).

Sa mère, Evelyn, était très sceptique au sujet de cette formation, affirmant que cela ne leur serait « d’aucune utilité ». Les choses étaient difficiles pour elle, plus particulièrement avec son mari. Celui-ci était mécanicien et ne pensait qu’aux voitures. Elle lui avait souvent suggéré l’idée de construire une maison pour la famille mais il avait refusé, préférant dépenser leur argent pour des voitures.

Sortir de la salle de cours

Jacques s’est inscrit à l’université. L’Université Shalom a recours à une approche de Mobilisation de l’église et de la communauté ainsi qu’à une réflexion théologique et pratique. Dans ce cadre, il a fait un « stage » de 35 jours, où il a vécu au sein d’une communauté habitant dans la forêt. Il s’agit de faire vivre des petits groupes d’étudiants au sein d’une communauté. Ils n’apportent ni eau ni nourriture et doivent parcourir neuf kilomètres à pied pour y parvenir. Ils dorment sur des feuilles de bananier séchées, consomment des aliments sauvages récoltés en forêt et se font dévorer par les innombrables insectes ! Ils travaillent aux côtés de leurs hôtes, dansent avec eux et ont des temps de discussion qu’ils appellent « l’université au coin du feu », dans le but de réfléchir avec la communauté à sa situation.

La communauté forestière d’Atalahulu ayant été victime d’une grande discrimination, il était très important que les étudiants lui manifestent de l’amour en vivant à ses côtés. Suite aux discussions, la communauté a classé ses besoins par ordre de priorité. Premièrement, il lui fallait un accès à de l’eau potable (la source d’eau potable la plus proche se trouvait à neuf kilomètres). Deuxièmement, elle avait besoin d’un nouveau canoë pour remplacer ceux qui étaient usés. Troisièmement, elle voulait une école pour ses enfants.

Les rêves deviennent réalité

La communauté a été mobilisée sur une certaine période pour protéger une source d’eau, à l’aide d’une petite subvention de 85 $US de l’université pour transporter du ciment et dépêcher un technicien sur le site. Tous les matériaux et la main-d’œuvre ont été fournis par la communauté. C’est ainsi qu’ils ont eu de l’eau potable à proximité de leur village.

Puis ils ont construit un canoë qu’ils ont tiré sur cinq kilomètres jusqu’à la rivière. C’était le plus grand canoë qu’ils aient jamais construit, d’une capacité de 25 personnes. Ce projet a également permis de réunir deux communautés séparées par la rivière.

Les enfants de la communauté forestière pouvaient difficilement se rendre à l’école car celle-ci ne se trouvait pas dans leur village. Lorsqu’ils pouvaient s’y rendre, ils y restaient pendant un mois. Mais, animée de ce nouveau sentiment d’appropriation, la communauté a entrepris de construire une école avec des matériaux locaux, dont une porte servant de tableau noir. Pendant la journée, elle sert de tableau noir et le soir, son propriétaire la récupère et elle reprend sa place de porte !

Changement de mentalité

Jacques réfléchit à cette expérience : « Nous avons appris des principes de développement tirés de la Bible et obtenu des résultats. Les gens comprennent mieux lorsque cela vient de la Bible. J’étais vraiment heureux de voir les gens de la forêt avoir accès à de l’eau propre. »

Jacques a décidé de mettre en pratique ces idées avec sa famille. Il a amené son père à réfléchir aux inconvénients liés au fait de ne pas avoir sa propre maison, en lui montrant combien il dépensait en loyer (80 $US par mois). Son père a fini par être convaincu et a vendu une voiture, ce qui leur a permis d’acheter une parcelle et d’y construire une maison. Son père voulait creuser le terrain pour l’aplanir. Jacques a proposé d’utiliser cette terre pour faire des briques.

Le fait d’expliquer à son père ce qu’il avait appris lors de sa formation a amélioré leurs relations. Sa mère, Evelyn, explique : « J’ai été émerveillée par tous ces changements. Je voudrais maintenant que la sœur de Jacques étudie elle aussi le développement ! »

Remerciements à l’Université Shalom, Bunia.
Site Internet : http://unishabunia.org/
Courriel : admission@unishabunia.org
Téléphone : (+243) 99 85 07 371

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