De: Formation – Pas à Pas 22

Diverses méthodes de formation et de facilitation

L’approche de l’AAILD.

L’AAILD (l’Association pour l’Appui aux Initiatives Locales de Développement) est une association sans but lucratif au Burkina Faso en Afrique Occidentale et elle compte plus de 200 membres. AAILD travaille à encourager et soutenir les initiatives locales de développement.

Ses principaux objectifs sont:

Cette association n’appartient à aucun groupe politique ou religieux. Elle travaille en étroite collaboration avec des groupes villageois, des organisations pour le développement, des comités de villages et diverses organisations non gouvernementales au Burkina Faso . Elle est aussi en relation avec divers éditeurs, par l’intermédiaire desquels elle publie et distribue des bulletins d’information.

Le pouvoir aux agriculteurs

Le point essentiel de la démarche de l’AAILD pour le développement, c’est sa détermination à rendre les agriculteurs maîtres de leur propre développement. Pour y arriver, elle organise des réunions de sensibilisation et offre une formation. Elle aide les agriculteurs à obtenir des résultats qui accroissent les rendements des récoltes et améliorent leur qualité de vie.

Cette approche sous-entend que les solutions viennent des agriculteurs euxmêmes. On les aide à mieux comprendre leur situation et leurs problèmes. L’AAILD les aide à prendre conscience du fait qu’il n’y a pas de solution toute faite qui viendrait d’ailleurs; mais plutôt que les solutions viendront d’eux-mêmes et de leur travail. Les agriculteurs peuvent et doivent faire changer leur situation làmême où ils se trouvent. C’est à partir de là que commencent l’engagement sérieux et la responsabilité. Cela explique le succès de l’AAILD.

Un soutien stratégique

Avec la réussite obtenue dans la formation et les appuis aux projets, le nombre des membres de l’association a augmenté. Il en va de même des besoins et des désirs des adhérents. L’AAILD décide où elle doit apporter son soutien, en tenant compte des facteurs suivants:

De bons résultats sont obtenus au niveau des bureaux des villages par les appuis de formation et par la supervision des agriculteurs par leurs responsables. Il suffit d’être présent à une réunion de planification et de préparation d’activités particulières pour se convaincre de l’efficacité de ces méthodes.

Partenariat

L’AAILD recherche le partenariat à tous les niveaux. L’idée de partenariat comprend toutes les relations politiques, économiques et privées. L’AAILD s’engage à développer des relations de collaboration pour les actions suivantes:

Ils seraient heureux de connaître d’autres groupes du Burkina Faso ou de pays voisins.

La conscientisation et la formation jouent un grand rôle dans les projets auxquels participe l’AAILD. Son engagement total auprès des agriculteurs avec lesquels ils travaillent est un point essentiel de leur succès.

AAILD, 01 BP 3368, Ouagadougou, Burkina Faso

Le Projet Diobass

par Nohoune Lèye

Je travaille dans une région rurale depuis plus de 20 ans. Diobass est le nom d’une région qui comprend 20 villages juste au sud de Thies au Sénégal. Nous avons commencé d’abord à utiliser des méthodes pour essayer de restaurer les relations entre les techniciens et les agriculteurs de cette région. Au lieu que les techniciens apportent un enseignement technique aux agriculteurs, ceux-ci s’engagent eux-mêmes dans la recherche. De cette façon, ils arrivent à comprendre le potentiel de leurs terres. Nous avons commencé à utiliser le terme «Education Diobass» pour décrire nos méthodes de travail. Notre espoir était de faire le meilleur usage possible des ressources de la région et des capacités des agriculteurs. Nous apprécions leurs connaissances.

Le terme «Education Diobass» décrit maintenant notre approche de la formation dans toutes les régions rurales. Il est nécessaire de bien comprendre les faits ou situations avant d’avancer des solutions. Le proverbe local: «Apprendre à connaître le vent avant de le combattre» résume notre priorité numéro un. On demande aux participants de faire une analyse de leur communauté et de leur région.

L’apprentissage par les maquettes

Nous utilisons des techniques de formation qui rassemblent des groupes issus d’origines et de contextes sociaux différents et aux capacités variées. Les stagiaires sont invités à faire une maquette et tout le monde y participe. Ils rassemblent toutes leurs observations, leurs idées et les conclusions auxquelles ils sont arrivés. Un responsable les accompagne dans ce cheminement. Une maquette aide à montrer à petite échelle ce qui existe vraiment dans la réalité. Une haie ou un coupe-vent est, par exemple, représenté par de petites branches piquées les unes à côté des autres, un ravin profond par un petit canal.

Les maquettes aident aussi les agriculteurs à comprendre ce qui pourrait arriver. Pour montrer, par exemple, comment la pluie peut entrainer la terre et avec elle ses éléments nutritifs, le responsable du groupe prépare une maquette spécifique pour montrer ce qui se passe quand il pleut. On fait une maquette d’un champ en pente avec une tranchée à l’une de ses extrémités. Le responsable prend alors un arrosoir et verse l’eau en haut du champ. L’eau dévale et se retrouve dans la tranchée. Les agriculteurs examinent alors l’eau de la tranchée pour se rendre compte de la terre qu’elle contient.

L’oeil qui comprend

Nous croyons que tout sujet en discussion doit être visualisé. Nous allons d’un endroit à un autre. Ces maquettes et les démonstrations pratiques stimulent la discussion entre les participants. Elles aident les gens à utiliser leur imagination pour trouver des solutions aux problèmes. Leur utilisation introduit des éléments nouveaux dans la méthode pédagogique: elle aide les agriculteurs à réfléchir aux moyens de mettre leurs connaissances en pratique, lorsqu’ils retournent dans leur village.

Les agriculteurs disent eux-mêmes: «Nous, les agriculteurs, nous ne comprenons pas très bien avec nos oreilles. Nous comprenons beaucoup mieux avec nos yeux!» Notre formation essaie d’ajouter des mots aux actions réalisées par les agriculteurs eux-mêmes, lors de la formation.

Nohoune Lèye est le directeur du Projet Diobass, BP10, Khombole, Région Thies, Sénégal, Afrique Occidentale. Son travail a été cité dans d’autres publications comme IIED Notes No.45 – Septembre 1993.

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