De: Sécurité alimentaire – Pas à Pas 32

L’importance de produire, préparer, stocker et commercialiser des aliments à l’échelle locale

par Pasteur Samuel Yameogo.

Le Burkina Faso est un pays d’Afrique Occidentale enclavé, avec une seule courte saison des pluies. Les régions plus sèches du nord manquent souvent sévèrement de nourriture. Depuis les années 80 pendant lesquelles la disette a sévi plusieurs fois, les banques de céréales communautaires sont devenues populaires à travers tout le pays, fournissant sur place une solution à ces graves manques de nourriture. Les banques de céréales fournissent, à des prix soigneusement contrôlés, de la nourriture pendant les périodes de l’année les plus critiques. L’ODE a soutenu l’implantation de plus de 100 banques de céréales.

Le nord-est du Burkina Faso longe le désert du Sahara où la végétation est pauvre. La saison des pluies se situe entre juin et août. Pendant cette période, le fait qu’il n’y ait pas de pont rend les routes impraticables et la région est isolée pendant plusieurs mois chaque année. La nourriture ne peut plus être apportée de l’extérieur et les marchands exploitent souvent cette situation, inventant même parfois des histoires de disette générale simplement pour faire monter les prix. Ils contrôlent alors les marchés et vendent le grain à prix élevé. Ateli et Matiacoali sont des exemples de villages dans cette région.

Encourager les comités de femmes

Les banques de céréales gérées par des groupes de femmes sont moins développées que celles gérées par des hommes. La récolte de céréales entraîne souvent des déplacements dans d’autres régions qui en produisent trop. Ces déplacements ne sont pas faciles pour les femmes. Pourtant les comités féminins ont de nombreux avantages:

Conclusion

Nous sommes très satisfaits à l’ODE car nous pensons que notre objectif premier, consistant à améliorer la sécurité alimentaire, a été rempli. Les expériences d’Ateli et de Matiacoali renforcent notre avis: de petites organisations peuvent être très efficaces une fois qu’elles sont conscientes du problème de la sécurité alimentaire et si elles s’unissent pour rechercher des solutions. Leur fournir une aide financière, des conseils techniques et une formation, leur suffit pour gérer ellesmêmes leur sécurité alimentaire. Cependant, il faut encore consolider et développer ces expériences.

1: La Banque de Céréales de Matiacoali

Matiacoali est un grand village de 3.200 habitants situé au bord d’une route goudronnée. Il possède un marché fréquenté par plus de douze villages de la région. Pendant la saison des pluies, le prix de la nourriture s’élève bien au-dessus des moyens financiers des familles. Cette situation a conduit, au début des années 90, à la formation d’une association de femmes pour combattre les méfaits de l’insécurité alimentaire.

En 1992–93, une famine sévit dans la région et amena l’ODE à y gérer une opération d’aide urgente. Pendant la famine, l’ODE vendit du grain à un prix abordable (environ un cinquième du prix du marché). Après la famine, l’argent de cette vente fut employé à un projet visant à améliorer la sécurité alimentaire. La demande des femmes de Matiacoali voulant créer une banque de céréales fut acceptée.

Une banque de céréales fut construite avec la participation de l’association des femmes et une équipe de gestion fut choisie pour suivre un cours de formation. Un prêt de l’ODE lui permit d’acheter et de stocker 25 tonnes de céréales.

Opération

Depuis 1994, le groupe de femmes de Matiacoali a stocké des céréales pour les périodes critiques de l’année. Juste après la moisson, de décembre à février, le groupe fait le tour des marchés de la région dans le but de découvrir les meilleurs prix et en profiter pour stocker les céréales. Elles sont ensuite vendues en juillet et août, à des prix abordables pour tout le monde, parmi les membres du groupe et les foyers les plus nécessiteux du village. Deux remboursements du prêt ont déjà été effectués. Depuis sa formation par l’ODE, le comité de gestion a gagné de bonnes connaissances pratiques et prend de plus en plus le projet en main.

Quelques problèmes

Quelques solutions

2: La Banque de Céréales d’Ateli

Ateli est un village de 1.000 habitants. Pendant une période de famine en 1982, les hommes du village ont formé un comité. Un de leurs objectifs était de s’unir pour essayer de procurer de la nourriture à tous. La banque de céréales communautaire fut fondée en 1986 pour améliorer la sécurité alimentaire. Le comité demanda de l’aide à l’ODE qui accepta de lui fournir l’aide nécessaire pour que le travail puisse commencer. Avec la totale collaboration des villageois, une banque de céréales fut bien construite.

Opération

Un comité chargé de gérer la banque de céréales fut sélectionné. Ateli fit un bon choix et forma un comité dynamique. L’ODE forma les membres en stockage et marketing et leur fournit l’aide financière leur permettant d’acheter les céréales à la fin de la moisson quand des prix sont bas. Ce crédit fut versé en deux tranches, sur deux années successives, pour éviter un trop gros risque la première année. Ateli acheta cinq tonnes de céréales la première année et cinq tonnes la deuxième année.

Depuis 1988, Ateli stock plusieurs sortes de céréales dans sa banque. Les prix des céréales sont fixés par le comité villageois, pour établir un équilibre entre les prix bas pratiqués à la fin de la moisson et les prix élevés demandés par les marchands plus tard dans l’année. Lorsque la nourriture devient plus rare, les céréales sont régulièrement vendues aux villageois. Ateli a pu rembourser son prêt en quatre ans exactement.

Impact du projet

Les habitants d’Ateli sont ravis d’avoir une banque de céréales et comprennent l’intérêt de sauvegarder leurs récoltes. Pendant les trois mois pluvieux de l’année les foyers ont facilement survécu au manque de nourriture grâce à leur banque de céréales.

Quelques problèmes

Quelques solutions

Le Pasteur Samuel Yameogo est directeur de l’ODE, une fédération d’églises évangéliques au Burkina Faso qui se consacre au développement social, économique, culturel et spirituel. ODE, 01 BP 108, Ouagadougou 01, Burkina Faso.

Des banques de céréales

Points-clés

C’est la communauté elle-même qui doit décider d’établir une banque de céréales: nulle agence extérieure ne devrait jamais prendre la décision pour elle. La communauté doit être propriétaire de la banque et la contrôler. Le comité qui gère la banque de céréales doit être démocratiquement élu. Il se peut qu’on ait besoin d’experts venant de l’extérieur pour donner leur avis sur l’achat des céréales, leur conservation, leur marketing, ou la façon de gérer leur stockage.

Les banques de céréales communautaires ne doivent pas être considérées comme une institution pour soulager la famine car ceci créerait un sentiment de dépendance; on devrait plutôt les considérer comme une solution pratique mise en place par la communauté pour améliorer la sécurité alimentaire.

Une mesure appropriée

La banque de céréales communautaire fournit une solution pratique aux problèmes de sécurité alimentaire…

La nourriture sera disponible aux moments cruciaux, quand les agriculteurs et leurs familles en auront le plus grand besoin. Cela signifiera que les agriculteurs ne seront pas forcés de travailler pour gagner de l’argent au moment où ils ont besoin de s’occuper de leurs champs.

Tiré de renseignements fournis par Moise Napon, Directeur de CREDO, une agence chrétienne de développement dont l’adresse est: 01 BP 3801, Ouagadougou 01, Burkina Faso.

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