De: Phare sur les soins de sante – Pas à Pas 42

Aider les gens à prendre les bonnes décisions concernant leurs propres besoins de santé

Dans de nombreux pays, les trois quarts des gens se soignent en utilisant des médicaments, sans avoir consulté un médecin. C’est ce qu’on appelle «l’automédication». Les médicaments sont obtenus du stock familial, d’amis ou de parents, d’un banc au marché, d’un magasin local, d’un guérisseur de village ou d’une pharmacie. Bien que certaines de ces sources fournissent des médicaments appropriés et de bonne qualité, on risque aussi que cela ne soit pas le cas et que certains de ces médicaments soient dangereux.

L’automédication

Si les médicaments proviennent de sources non contrôlées, ils risquent d’être:

Dangereux Les médicaments risquent de faire du mal si on ne les utilise pas correctement.

Inopportuns Les médicaments risquent de ne pas convenir à la condition du malade; ils ne sont pas adaptés à l’âge ou à la constitution du malade.

Quantités incorrectes Les malades risquent d’en acheter trop ou pas assez.

Mauvaise qualité Les médicaments peuvent avoir été fabriqués incorrectement, stockés dans de mauvaises conditions ou même être des contrefaçons ne contenant aucun des composants appropriés.

Superflus Il se peut que vous dépensiez votre argent inutilement en achetant du sirop ou des potions qui ne vous serviront à rien du tout.

Interdits Certains médicaments ayant de très graves effets secondaires peuvent avoir été interdits et se trouver encore sur les étagères de quelques boutiques ou les étals de marchés locaux.

Vendus sans information Les remèdes sont peut-être vendus sans information, conseil ou avertissement.

Les croyances de la communauté

Avant d’essayer d’améliorer l’emploi des médicaments, il est très important de comprendre l’attitude des gens de la communauté envers les médicaments: par exemple, les raisons pour lesquelles les gens achètent des médicaments au marché ou à la boutique locale au lieu du dispensaire. Il donneront peut-être les raisons suivantes:

Plus facile La boutique locale est plus près que le dispensaire et on n’a pas besoin de faire la queue. Le dispensaire n’ouvre que le matin quand la plupart des gens travaillent.

Moins cher Les gens ne peuvent pas se permettre de payer la consultation chez le docteur et c’est donc eux qui décident de ce qui ne va pas et de ce qu’ils vont prendre pour se soigner. Les médicaments sont souvent moins chers dans les magasins locaux où l’on vous fait crédit si nécessaire.

Mieux reçu Les gens trouvent que le personnel médical n’écoute pas ce qu’ils disent ou ne les traite pas bien. Ils préfèrent donc avoir à faire au commerçant attentionné de leur quartier.

Préférence Le dispensaire ne fournit que des médicaments génériques, présentés dans un emballage brut que les gens n’aiment pas toujours. Ils demandent aussi quelquefois des antibiotiques (en capsule ou en piqûres) car ils sont convaincus de leur plus grande efficacité. Cependant, bien que les antibiotiques n’aient aucun effet sur les rhumes ou les virus, les piqûres seront causes d’infections si l’aiguille n’est pas parfaitement stérile. Parfois, les commerçants ne vendent les antibiotiques que pour deux ou trois jours (au lieu d’un traitement complet). Si le malade n’achète pas le traitement complet, il ne guérira pas complètement et risquera également de créer une résistance future au médicament en question.

Amélioration de l’emploi des médicaments dans la communauté

Lorsque vous connaissez mieux les vues de la communauté sur les médicaments, vous pouvez commencer à apporter des améliorations. Voici quelques idées:

Travailler en collaboration avec les vendeurs locaux de médicaments Ceux-ci ont besoin de vendre pour faire rentrer de l’argent. Comme il sera difficile de les persuader de ne pas vendre de médicaments, essayez de les conseiller pour qu’ils puissent recommander les médicaments les plus appropriés. Cela risque de prendre du temps.

Améliorer les services dans les centres médicaux Essayer d’envisager des heures d’ouverture plus pratiques pour les membres de la communauté: le soir par exemple. Encouragez le personnel à être compréhensif et à mieux communiquer avec les patients. Revoyez les emballages des médicaments.

Sensibiliser davantage le public sur l’emploi des médicaments Choisissez plusieurs messages clés (par exemple «Ne laissez pas les médicaments à la portée des enfants», «Pourquoi les piqûres sont-elles dangereuses?» ou «Quand employer les antibiotiques?») et utilisez plusieurs façons de divulguer les informations: les posters, les programmes radiophoniques, les fiches d’informations, les jeux de rôle, les projets scolaires ou les concours pour dessiner un T-shirt, par exemple, ou un timbre-poste.

Politique gouvernementale

Les gouvernements peuvent décider des réglementations concernant la publicité et la qualité des médicaments, ainsi que des personnes ayant droit de les vendre. Pourtant, si personne ne fait respecter ces réglementations, elles ne serviront pas à grand chose.

Cet article a été adapté du numéro 12 de Practical Pharmacy qui est un bulletin d’informations gratuit pour le personnel de santé et les pharmaciens.

Editrice: Georgina Stock, 66 Chiltern Road, Baldock, Herts, SG7 6LS, Royaume-Uni. E-mail: gstock@compuserve.com

 

Prenez toujours la totalité d’un traitement antibiotique. Ne contribuez pas à rendre, plus tard, le médicament inefficace.

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