Depuis trois ans, la principale église PAG d’Akoboi avait entrepris un processus de Mobilisation de l’église et de la communauté. Cette formation les préparait à répondre de manière créative aux besoins de la communauté. Grâce à cela, ils ont pu réagir rapidement et efficacement lorsque les migrants sont arrivés dans leur village. Cinq congrégations PAG locales étaient également désireuses de contribuer à cette réponse, dirigées par le pasteur de l’église principale.
Réponse
Lorsque les migrants sont arrivés, les responsables d’église se sont réunis pour délibérer de ce qu’ils allaient faire. Ils ont convenu que l’église principale s’occuperait de la majorité des migrants, mais que chaque congrégation locale prendrait en charge au moins une famille. Ils ont également décidé de fournir l’aide pratique suivante :
ABRIS
Avec les migrants, les membres de l’église ont construit 15 huttes sur la propriété de l’église principale. Cela a permis de loger 15 familles. Les dix autres familles ont été logées chez des membres de l’église.
NOURRITURE ET BOIS DE CHAUFFAGE
De la nourriture et du bois de chauffage ont été fournis aux familles migrantes jusqu’à ce qu’elles puissent gagner de l’argent et collecter elles-mêmes du bois de chauffage.
EAU
Une ONG locale a entendu dire que les migrants s’étaient réfugiés à Akoboi ; elle a alors entrepris de creuser un puits sur le terrain de l’église pour fournir de l’eau potable.
PRIÈRE ET COMMUNION FRATERNELLE
Au fil de l’année, les membres de l’église se sont liés d’amitié avec les migrants et ont prié avec eux. Les migrants ont également été invités à assister aux cultes.
Les églises locales n’ont pas reçu de fonds externes pour leur travail en faveur des migrants. Les membres de l’église et de la communauté ont donné de leur temps, de leur nourriture et de leur matériel pour subvenir aux besoins des migrants.
Défis
Voici trois des principaux défis auxquels l’église et la communauté ont été confrontés au cours de l’année :
- Les membres de la communauté étaient pauvres et avaient donc des ressources limitées. En s’occupant des migrants, bon nombre des membres de la communauté se sont eux-mêmes trouvés à court de nourriture les semaines précédant les récoltes.
- Les migrants n’avaient pas toujours les mêmes valeurs que les membres de l’église, ce qui a parfois provoqué des tensions.
- Une ONG s’est rendue au village pour interroger les migrants sur leur situation, ce qui a suscité chez eux des attentes. Malheureusement, l’ONG n’est jamais revenue et les migrants ont souvent demandé au pasteur de se renseigner à ce sujet lorsqu’il se rendait à Soroti.
Leçons apprises
Le pasteur et les membres de l’église ont affirmé que si la situation se reproduisait, ils feraient les choses suivantes différemment :
- Ils encourageraient davantage la réponse des membres de la communauté, et ne laisseraient pas l’église assumer la quasi-totalité du travail.
- Un comité serait mis en place pour superviser le travail effectué avec les migrants, afin que la réponse ne soit pas gérée de façon informelle par le pasteur qui a d’autres responsabilités à assumer.
- Les leaders de la communauté seraient intégrés à ce comité dès le début d’une quelconque réponse.
L’avenir
L’église réunira des ressources utiles dans l’éventualité d’un événement similaire dans l’avenir. Les membres de l’église plantent des citronniers et d’autres arbres pour en vendre les fruits afin de collecter des fonds.
Résultats
Les migrants sont restés à Akoboi pendant environ une année avant que la situation soit suffisamment sûre pour qu’ils rentrent chez eux dans le Nord de l’Ouganda. Grâce à la réponse de l’église PAG d’Akoboi, 66 migrants ont pu être aidés. Ces derniers étaient très reconnaissants pour l’aide reçue. Ils l’ont exprimé en préparant un repas de fête pour la communauté avant de rentrer chez eux et en donnant à leurs nouveau-nés les noms du pasteur et de certains membres de l’église. Ils ont également invité le pasteur et d’autres à venir les visiter dans leur village une fois qu’ils se seraient réinstallés.
Auparavant, les membres de la communauté percevaient l’église comme un endroit où les gens « frappent des mains et crient ». Depuis la réponse de l’église, la communauté la perçoit comme un groupe de personnes de valeur, qui aide ceux dans le besoin. Le pasteur assiste aux réunions de conseil de la communauté et son opinion est respectée. Les membres de l’église ont de l’assurance et une nouvelle conscience de leur raison d’être.
L’église réalise également aujourd’hui qu’il vaut mieux donner que recevoir, et que Dieu a honoré leur fidélité. Ils considèrent le puits sur la propriété de l’église (qui sera une source d’eau potable pour les années à venir), comme un cadeau de Dieu suite à tout ce qu’ils ont fait pour aider ceux dans le besoin.
Cet article est basé sur une étude de cas plus approfondie menée par Andrew Bulmer. Il est consultant indépendant, spécialisé en mobilisation de l’église et de la communauté.
Pour plus d’informations, veuillez contacter :
Jane Achaloi, PEP Coordinator for PAG, Plot 9 Bandali Rise, Bugolobi, PO Box 10113, Kampala, Ouganda.
Email : [email protected]
Le processus de mobilisation de l’église et de la communauté
Il s’agit d’une série d’ateliers, de discussions et d’études bibliques dont le but est d’aider les membres d’église à comprendre qu’ils ont la responsabilité de s’attaquer à la pauvreté et à l’injustice. L’église travaille avec la communauté pour évaluer les besoins et déterminer les priorités, ainsi que les ressources octroyées par Dieu pour remédier à ces problèmes. Ils entreprennent alors des démarches concrètes pour apporter un changement positif à leur situation.
Pour plus d’informations, visitez la page Églises sur www.tearfund.org/tilz