De : Santé mentale et bien-être – Pas à Pas 113

Idées pratiques pour renforcer sa résilience et améliorer son bien-être

À bien des égards, la santé mentale est comparable à la santé physique. Elle nous concerne tous, et nous devons en prendre soin. La santé physique et la santé mentale sont étroitement liées et contribuent toutes deux à notre bien-être général.

Avoir une bonne santé mentale, c’est se sentir bien dans sa peau, être en mesure de faire face au stress de la vie, et de manière générale être capable de penser, de ressentir les choses et de réagir de manière à pouvoir mener une vie quotidienne normale. Lorsque nous sommes en bonne santé mentale, nous sommes en capacité d’entretenir de bonnes relations avec ceux qui nous entourent, et de contribuer efficacement à la société.

Bien qu’il puisse nous arriver à tous de ressentir une forme de détresse mentale de temps à autre (p. ex., lorsque nous perdons un être cher ou nous nous retrouvons sans emploi), tant que nous sommes capables de gérer le quotidien à la maison, au travail ou socialement, cela n’est pas considéré comme un trouble mental.

Troubles mentaux

Environ un quart d’entre nous souffrirons de troubles mentaux à un moment de notre vie. Il pourra s’agir de troubles courants, comme la dépression ou l’anxiété, mais aussi moins courants, comme la schizophrénie ou le trouble bipolaire.

Les personnes qui connaissent des troubles psychiques ont parfois des difficultés à supporter leurs pensées ou leurs émotions et peuvent se sentir fragilisées. Pour beaucoup cependant, le plus difficile à supporter est d’être parfois exclues des activités familiales et communautaires ou d’être la cible de remarques blessantes, parce que les autres ne les comprennent pas.

Cela signifie qu’en plus de réfléchir à la façon dont nous pouvons soutenir les individus et les familles, nous devons également réfléchir à la façon dont la société traite les personnes atteintes de troubles mentaux. Nous pouvons contribuer à rendre la société plus inclusive en sensibilisant les communautés, et plus particulièrement en aidant les personnes souffrant de troubles de la santé mentale à s’exprimer par elles-mêmes.

Santé mentale et pauvreté

Bien que n’importe qui puisse souffrir d’une mauvaise santé mentale, les personnes qui vivent dans la pauvreté sont parfois davantage exposées à des circonstances susceptibles de provoquer une maladie mentale. Le stress lié à une mauvaise alimentation et à des conditions de logement inadéquates, à la vulnérabilité aux catastrophes et à un accès limité aux services de santé, à l’éducation et à d’autres services peut accroître le risque de survenue de problèmes de santé mentale.

De même, une mauvaise santé mentale peut être source de pauvreté lorsque la personne n’est plus en mesure de travailler, ou qu’elle doit dépenser des sommes importantes pour obtenir l’aide dont elle a besoin. En outre, d’autres membres de la famille (surtout les femmes et les filles) peuvent être obligés de rester chez eux pour s’occuper de la personne qui ne va pas bien, ce qui les empêche de se rendre au travail ou à l’école.

Le plus souvent, les troubles de la santé mentale réagissent bien à une prise en charge, laquelle peut associer un soutien psychologique, une thérapie par la parole et des médicaments. Mais dans de nombreux pays, la plupart des gens n’ont pas accès à des services de santé mentale.

Autres conséquences 

Il arrive que les personnes souffrant de graves troubles de la santé mentale soient soumises à des mesures de contention physique, parfois même emprisonnées, s’il est estimé qu’elles présentent un danger pour elles-mêmes ou pour les autres. Cela se fait dans toutes les sociétés, parfois officiellement par le biais des services de santé, mais aussi au niveau communautaire.

Ces pratiques privent les gens de tout contrôle sur leur existence et augmentent leur vulnérabilité à la violence, à la manipulation financière et à d’autres formes de maltraitance. La législation nationale et internationale devrait assurer leur protection, mais dans certains pays, ce n’est pas le cas.

Les personnes en situation de handicap physique connaissent parfois aussi des troubles mentaux lorsqu’elles subissent de la discrimination ou éprouvent des difficultés à supporter leur handicap (p. ex., si elles souffrent de douleurs chroniques). Dans certains cas, une mauvaise santé mentale peut avoir une incidence négative sur la santé physique, parce que la personne a une mauvaise alimentation, des problèmes de sommeil, un accident, ou à cause des effets secondaires des médicaments.

Le rôle de la foi

Dans le monde, la grande majorité des gens adhèrent à une religion. Lorsqu’ils souffrent de troubles mentaux, ils se tournent donc naturellement vers leurs responsables religieux. C’est notamment le cas dans les pays où les troubles mentaux sont considérés comme ayant une cause spirituelle (p. ex. possession démoniaque), plutôt que sociale ou médicale.

Les congrégations religieuses et les organisations confessionnelles sont ainsi bien placées pour apporter de l’espoir, de l’amour et une aide concrète. Elles peuvent également lutter contre la stigmatisation et promouvoir le changement. Vous trouverez ci-dessous quelques conseils à cette fin.

Réagir avec amour

Dans le passé, les responsables religieux ont trop souvent stigmatisé les troubles mentaux. Les gens ont ainsi été mal compris et rejetés par les communautés religieuses et le reste de la société. Accueillez plutôt les personnes qui souffrent de détresse psychologique sans porter de jugement. Offrez-leur du réconfort à travers un environnement sûr et propice à leur bien-être, où vous pourrez prier avec elles et les écouter.

Apportez un soutien spirituel et pratique aux familles des personnes qui souffrent de troubles psychiques. Vous pouvez par exemple leur rendre visite chez elles, et les aider pour les soins, la cuisine, le ménage, les courses ou d’autres tâches.

Renforcer la résilience

Proposez aux gens des activités qui les aideront à affronter les difficultés normales de la vie, à se remettre d’un trouble psychique, ou à apprendre à vivre avec des problèmes de santé mentale à long terme.

Pour cela, vous pouvez créer des groupes où enfants et adultes pourront s’amuser, jouer à des jeux, acquérir de nouvelles compétences, économiser et emprunter de l’argent, se faire des amis, discuter et parler de leurs préoccupations. Veillez à ce que ces groupes soient accessibles à tous, y compris aux personnes en situation de handicap et aux personnes souffrant de problèmes de santé chroniques, tels que le VIH.

Adoptez certaines habitudes pour prendre soin de vous et encouragez les gens à prendre soin d’eux, pour améliorer leur bien-être. Voici quelques idées dans ce sens : veiller à dormir suffisamment ; développer des relations positives ; pratiquer une activité physique régulière ; prendre le temps de contempler la création de Dieu ; consommer de la nourriture saine ; avoir une bonne hygiène ; éviter l’abus d’alcool ou de drogues ; trouver le bon équilibre entre travail et vie personnelle.

Les personnes qui se remettent d’une maladie mentale apprécient souvent l’aide qui leur est apportée pour reconstruire leur vie. Si elles sont marginalisées, proposez-leur de les accompagner au marché, sur leur lieu de culte ou à des événements communautaires, jusqu’à ce qu’elles reprennent suffisamment confiance pour affronter la société.

Savoir quand demander de l’aide

Il arrive que les gens développent des maladies mentales graves telles que la schizophrénie. Proposez-leur la prière, du réconfort et une aide pratique comme vous le feriez pour n’importe quelle autre maladie, mais incitez-les également à solliciter l’aide d’un professionnel, dans la mesure du possible.

Renseignez-vous sur les services de santé mentale proposés dans votre région, et sur la façon d’orienter les gens vers ces derniers. Si une personne exprime l’intention de se faire du mal ou d’en faire à quelqu’un, sollicitez immédiatement une aide médicale.

Militer pour le changement

Lorsque les services de santé mentale sont insuffisants, menez un plaidoyer pour qu’ils soient intégrés dans le système national de soins de santé. Cela augmentera l’accès aux soins et permettra aux personnes souffrant de problèmes de santé physique et mentale d’être examinées au même endroit, ce qui contribuera à réduire la stigmatisation de la maladie mentale.

Cette intégration sera également efficace au niveau communautaire. Par exemple, les agents de santé communautaires peuvent sensibiliser la population à la santé mentale, repérer les éventuels cas, fournir des soins et orienter les gens en cas de besoin.

Renseignez-vous sur la loi de votre pays en matière de protection des droits des personnes souffrant de troubles mentaux. Lorsque la législation est inadéquate ou mal appliquée, demandez qu’elle soit renforcée. Le Guide du plaidoyer de Tearfund fournit des conseils étape par étape pour amener les gouvernements à rendre des comptes et pour appeler au changement.

Sortir de l’ombre

La question de la santé mentale sort enfin de l’ombre. Les gens en parlent de plus en plus, et dans le cadre des activités de secours d’urgence et de développement communautaire, une plus grande attention est accordée au bien-être.

La pandémie de Covid-19 nous a révélé l’importance de la santé mentale dans le contexte d’une crise mondiale. Elle nous a également rappelé que nous avons tous un rôle à jouer pour soutenir celles et ceux qui traversent une période difficile autour de nous.


Problème épineux

Question : Je m’occupe d’un membre de ma famille qui souffre d’un trouble de la santé mentale, et j’ai du mal à le gérer. Que puis-je faire ?

Réponse : Il peut être très difficile de prendre soin d’une personne atteinte d’une maladie mentale. Vous pouvez éprouver de nombreuses émotions négatives :

Tous les aidants sont confrontés à ces émotions. Prenez soin de parler de ce que vous ressentez à vos amis et à votre famille, et de trouver le temps de faire des choses que vous aimez. Si besoin, sollicitez également de l’aide pratique auprès d’autres personnes.

Les groupes d’entraide comme celui ci-dessous en Ouganda offrent aux gens la possibilité d’améliorer leur bien-être en passant du temps avec d’autres personnes, en économisant de l’argent et en investissant dans de petites entreprises. Photo : Maggie Murphy/Tearfund

Les groupes d’entraide comme celui ci-dessous en Ouganda offrent aux gens la possibilité d’améliorer leur bien-être en passant du temps avec d’autres personnes, en économisant de l’argent et en investissant dans de petites entreprises. Photo : Maggie Murphy/Tearfund

Groupe de soutien

Dans la mesure du possible, joignez-vous à un groupe de soutien pour les personnes dans votre situation. Si un tel groupe n’existe pas, envisagez d’en créer un, ou de demander à quelqu’un de le faire.

Il peut être réellement bénéfique de se réunir régulièrement avec d’autres aidants pour discuter de ce que vous vivez. Vous pouvez également inviter un agent de santé communautaire à venir conseiller le groupe sur la façon de gérer les comportements difficiles, par exemple.

Votre groupe de soutien sera bien placé pour aider les autres membres de la communauté à mieux comprendre les problèmes de santé mentale, ce qui contribuera à réduire la stigmatisation et la discrimination.

Patience

En associant au mieux thérapie, médicaments et soutien social, bon nombre de personnes souffrant d’un problème de santé mentale se rétablissent, même si cela peut prendre beaucoup de temps.

Le trouble de la personne peut être comparé à une maladie physique. Par exemple, lorsque l’on se casse une jambe, la guérison prend du temps. De même, un trouble de la santé mentale met du temps à guérir. Même lorsque la jambe va mieux, la personne doit la fortifier avant de pouvoir l’utiliser pleinement. De même, lorsque les symptômes visibles d’un problème de santé mentale ont disparu, la personne a encore besoin de temps pour se rétablir.

Avec une jambe cassée, il y aura parfois une invalidité permanente, ce qui peut aussi être le cas avec une maladie mentale. Lorsque cela se produit, tous les membres de la famille auront besoin de temps et de soutien pour s’adapter à la nouvelle situation.

Réponse adaptée de Where there is no psychiatrist, par Vikram Patel

Rédigé par

Rédigé par Julian Eaton

Le Dr Julian Eaton est directeur de la santé mentale pour CBM Global et professeur assistant au Centre for Global Mental Health, London School of Hygiene and Tropical Medicine.

Courriel : julian.eaton@cbm-global.org

www.cbm-global.org

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