Conseils de groupes ayant réussi
Priorité aux besoins des stagiaires
En Ouganda, l’UCBHCA (Association pour les soins de santé basés dans la communauté) a trouvé que la façon dont la formation est organisée et dispensée est très importante. D’abord, ils s’assurent que la formation correspond vraiment aux besoins de leurs stagiaires, que ceux-ci y participent et qu’elle répond aux attentes des stagiaires adultes. Ils sont convaincus que la façon dont ils enseignent sera un modèle pour la façon dont leurs stagiaires enseigneront plus tard, autrement dit les facilitateurs sont des modèles et les stagiaires les copient. Ils encouragent les stagiaires à utiliser leurs expériences personnelles comme ressource principale tout au long de la formation.
Ils se rendent compte qu’ils ont des problèmes avec les stagiaires qui arrivent pensant qu’ils vont recevoir un enseignement traditionnel. Les donateurs s’attendent à des résultats rapides en dépensant peu et ce genre de formation ne leur convient pas. De plus, les formateurs trouvent parfois que les stagiaires posent des questions auxquelles ils ne savent pas répondre, ce qui les fait douter de la valeur de la formation qu’ils dispensent.
L’UCBHCA trouve qu’il est bon:
- de bien cerner les besoins de formation avant de commencer à l’organiser
- de développer la formation avec certains des bénéficiaires pour être sûr qu’elle est pertinente
- d’introduire l’évaluation de chaque séance au même titre que l’évaluation générale du stage
- d’introduire des activités très pratiques ou l’on partage ses savoir-faire
- de faciliter l’apprentissage plutôt que l’enseignement
- de rester en contact avec les stagiaires pour soutenir et évaluer leurs progrès.
La formation doit:
- Viser ceux qui la reçoivent et considérer leurs intérêts, leurs besoins, leurs attentes, leurs expériences, leurs défis et milieux sociaux.
- Faire réfléchir et traiter des problèmes que les stagiaires rencontrent afin qu’ils puissent en parler, y réfléchir et en faire l’analyse.
- Aider à découvrir soi-même. Rappelez-vous ce que disent les Chinois: «Quand j’entends dire j’oublie; quand je vois de mes propres yeux je me rappelle; quand je fais moi-même l’expérience je comprends.» Aider les stagiaires à découvrir eux-mêmes.
- Conduire à l’action et motiver les participants à mettre en pratique ce qu’ils ont appris.
UCBHCA, PO Box 325, Entebbe, Ouganda
Solutions: en premier ou en dernier?
Le processus populaire de développement commence avec une solution à un problème. On aide les gens à comprendre comment la solution est exactement ce dont ils ont besoin pour les aider et ils sont encouragés à mettre la solution en action.
Pourtant, une fois qu’un groupe s’est rendu compte du besoin de changements, la façon d’encourager les membres à être autosuffisants ne consiste pas à leur fournir des solutions. Partez plutôt du problème, puis cherchez ensemble une solution et motivez ensuite les gens à mettre la solution en action. Ce processus d’animation d’un groupe est un processus à long terme et on ne devrait jamais le précipiter.
Gilbert Konango, CEA, BP 17023, Douala, Cameroun
Nous sommes des pierres précieuses
Les Aroles de Jamkhed en Inde travaillent à la promotion de la santé primaire. Ils travaillent avec les communautés rurales pour établir des relations et aider les gens à trouver leurs propres solutions. La formation du personnel de santé met l’accent sur les changements d’attitudes et de valeurs. Les Aroles croient que tout le monde a été créé à l’image de Dieu et possède un potentiel. Ils disent, «Il faut surtout désapprendre cette croyance que les gens des villages sont ignorants, car il est essentiel de les respecter comme des gens d’intelligence égale et ayant des connaissances.»
De nombreux membres du personnel de santé viennent des classes rejetées par la société. Dans leur communauté, les femmes ont moins de valeur que les animaux de leurs maris. Lorsqu’elles viennent pour la première fois en formation, on leur donne un miroir et elles apprennent à se regarder, à prononcer leur nom et à se dire «Je suis précieuse». Nombreuses sont celles qui n’ont jamais entendu prononcer leur nom car normalement on les appelle par le nom de leur mari. L’une de ces femmes, Sarubai, nous a dit, «Nous avons compris que nous ne sommes pas les esclaves de nos maris mais des êtres humains à part entière. Nous ne sommes pas des pierres qu’on rejette parce qu’elles ne servent à rien, mais bien au contraire nous sommes des pierres précieuses. Nous avons de la valeur et nous voulons dire aux autres qu’elles ont aussi de la valeur.» Arriver à bâtir cette confiance en soi prend du temps et il faut y travailler et recevoir des encouragements tout au long de plusieurs années. Une autre stagiaire nous a dit: «J’ai appris parce que les gens d’ici ont pris la peine de s’asseoir près de moi, de passer du temps avec moi, de me démontrer certaines choses puis de me laisser moimême faire l’expérience. J’ai appris parce qu’on m’a montré que j’étais aimée.»
Tine Jaeger, Tearfund
Multiplier et renforcer
Le Centre de Coordination PRAAL travaille de deux manières au soutien des communautés: il a établi un Centre Pilote qui peut fournir des démonstrations, des ressources et une formation. Des animateurs bénévoles (ou facilitateurs) et des dirigeantes de femmes sont choisis par les comités de développement villageois pour participer à un stage de formation de trois mois au Centre Pilote. Chaque mois, ils passent deux semaines au Centre et deux semaines à la maison, supervisés par leurs formateurs. Ils apprennent de nouvelles techniques agricoles comme par exemple l’élevage des lapins, de la volaille ou la pisciculture. Ensuite ils mettent ces techniques en pratique chez eux. Alors que les animateurs terminent leur formation, ils continuent d’être supervisés par leurs formateurs et à leur tour ils supervisent les nouveaux stagiaires; chaque personne est donc responsable de seulement trois ou quatre autres, ce qui permet de bons rapports et un soutien continu.
Les comités de développement villageois s’inquiétaient de l’exode continu des jeunes vers les villes, des morts fréquentes et de la politique locale changeante. Nous avons donc encouragé entre trois et cinq villages à commencer à travailler ensemble en «communes». Ce qui les a aidés à surmonter d’anciennes rivalités. Les routes, les ponts et l’eau de chaque commune s’en trouvent mieux gérés et deviennent la responsabilité de tous. Les réunions au sein des communes offrent la possibilité de nouvelles amitiés et les villages retrouvent leur enthousiasme.
Révérend Nimi Luzolo, PRAAL, BP 50, Tshela, République Démocratique du Congo
Planification
Lorsque nous organisons des programmes, notre devise est toujours «Les gens avant les programmes». Nous devons toujours nous efforcer d’avoir des programmes… traitant des communautés, conçus par les communautés et pour les communautés.
Méfiez-vous des programmes, des réunions ou des exposés sans objectifs clairs. Ayez toujours pour chaque réunion un but précis; un ordre du jour devrait être basé sur la dernière réunion.
Variez les méthodes de présentation. Employez les sketches, les exposés, les discussions en groupes, les études, les enquêtes, les débats, les activités, les jeux, les chants et la musique.
Révérend Ted Correa, Palawan Rural Life Centre, Makiling Heights, Lalakay, Los Baños, 4030 Laguna, Philippines.