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De : Santé mentale et bien-être – Pas à Pas 113

Idées pratiques pour renforcer sa résilience et améliorer son bien-être

Nous avons rencontré pour la première fois Sukanta, 44 ans, lors d’une enquête visant à évaluer les besoins psychosociaux à Laxmi Nagar, un quartier à faible revenu dans l’ouest de l’Inde. Sukanta vivait dans une petite pièce en béton avec son mari et son plus jeune fils. Elle parlait de mettre fin à sa vie. 

Le personnel local s’est entretenu avec Sukanta. Ils lui ont parlé du programme Seher et ont obtenu sa permission pour travailler avec elle. Obtenir le consentement du client à chaque étape est crucial, et cela montrait à Sukanta que nous respections ses choix et que c’était elle qui décidait de ses besoins.

Les membres de l’équipe ont passé du temps avec Sukanta, à l’écouter et à discuter de ses préoccupations dans tous les domaines de la vie. Ils ont appris qu’elle souffrait de malnutrition, faisait des insomnies, avait des vertiges, était anxieuse, à fleur de peau, et qu’elle avait le « dhad dhad », des palpitations. Sukanta leur a dit qu’elle avait été diagnostiquée séropositive dix ans auparavant, et que son mari et son fils vivaient également avec le VIH.

Bien qu’entourée de gens, Sukanta avait été très peu soutenue par sa famille et son cercle social. Son mari était violent, ils n’avaient plus de contact avec un de leurs fils, et elle pleurait la perte de deux filles. Elle se sentait isolée et rejetée, et avait peu d’estime d’elle-même. 

Nutrition

Nous avons constaté que la mauvaise alimentation de Sukanta était un obstacle majeur à son rétablissement, à la fois sur le plan physique et psychologique. Nous l’avons encouragée à manger sainement, en lui expliquant les avantages d’une alimentation équilibrée. Nous l’avons mise en relation avec l’anganwadi local (service de garderie du gouvernement) et avons pris des dispositions pour qu’une organisation partenaire lui amène de la nourriture. Malgré tout cela, Sukanta est restée faible, et les tensions familiales lui enlevaient tout désir de cuisiner. 

Nous avons alors demandé à une bénévole communautaire en santé mentale de l’aider à cuisiner pour la famille. Les bénévoles communautaires en santé mentale sont des pairs qui aident les membres vulnérables de leur communauté à développer leur vie sociale et à se sentir plus inclus. La bénévole communautaire rendait régulièrement visite à Sukanta pour lui tenir compagnie, lui apporter un soutien émotionnel, et l’inciter à prendre soin d’elle.

Relations

Il était important de régler le problème de la violence que subissaient Sukanta et son fils. Son mari, qui vivait très mal sa séropositivité, s’était mis à boire. Le ressentiment qu’éprouvaient les membres de cette famille les uns envers les autres les empêchait de prendre soin d’eux-mêmes et les uns des autres. Sukanta semblait insensible à la violence, et refusait d’intenter une action en justice. 

Fidèles à notre engagement éthique à respecter son choix, nous avons décidé d’associer plusieurs approches : entretiens à domicile, art-thérapie et activités visant à prendre soin d’elle pour renforcer son estime personnelle et sa capacité à s’opposer à la violence. Nous avons chanté avec elle des chants religieux et traditionnels pour instaurer un plus grand sentiment de paix et d’harmonie avec son environnement.

Soins médicaux

Nous avons accompagné Sukanta à des cliniques de traitement de la tuberculose et du VIH. À plusieurs reprises, Sukanta a eu besoin de soins médicaux spécialisés, et chaque fois, nous avons vivement encouragé les membres de sa famille à l’entourer. Ils ont fini par l’accompagner à l’hôpital.

Grâce à ces contacts réguliers, les membres de la famille ont pu acquérir des compétences en matière de soins, ce qui leur a rappelé qu’ils avaient la responsabilité de s’occuper de Sukanta. La pression exercée par les voisins sur les membres de sa famille pour qu’ils lui fournissent des soins appropriés a également été utile, et a renforcé les liens.

Les dernières années

L’état de Sukanta s’améliorant, elle s’est mise à prendre soin d’elle et de son fils. Suite au décès de son mari, nous l’avons aidée à obtenir une pension de l’État et à acquérir une autonomie financière. À ce moment-là, ses beaux-parents la soutenaient et le fils avec qui elle n’avait plus de contact était revenu. Et la bénévole communautaire qui s’était occupée d’elle a continué à la soutenir en tant qu’amie.

Ainsi, le cercle de soins de Sukanta a changé et s’est élargi, favorisant son épanouissement. À mesure que son système de soutien se développait, nous nous sommes peu à peu retirés. Après plusieurs années sereines, Sukanta est décédée au mois de juin 2020.

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